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Une preuve que le virus ne prend pas de répit

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Les experts sont unanimes. Le premier ministre François Legault devait imposer rapidement des mesures sanitaires plus contraignantes. Ce qu’il a fait hier, de manière ciblée, 24 heures après avoir pourtant hésité à le faire.

Avec le congé pascal, les rassemblements privés risquent en effet de propager le virus encore plus. La montée de variants ultra contagieux de la COVID-19 est fulgurante. Au pays, la vaccination piétine toujours. 

Régis Labeaume, maire de Québec, l’a résumé crûment : « On l’a carrément échappé. Le virus se déploie à une vitesse exponentielle. C’est dangereux. La seule magie qu’on espère, c’est la vaccination, mais c’est pas demain la veille. » 

Constat dur, mais vrai

De fait, son constat vaut pour bien au-delà de la ville de Québec. Le gouvernement a donc bougé, mais seulement sous les pressions insistantes de nombreux scientifiques extérieurs à sa cellule de crise. 

Depuis la fin du confinement du printemps 2020, entre autres pour le masque, le dépistage et la contagion par aérosols, le même réflexe attentiste se fait sentir par pointes dans sa gestion de crise. 

Le message des experts est pourtant cristallin depuis des mois : tant que la vaccination d’une forte majorité de la population ne sera pas faite, le virus frappera. Ils critiquent aussi l’effet « yo-yo » des restrictions changeantes au fil de l’impatience des uns et des autres.  

Un autre danger est de prendre le relâchement ambiant pour une fatalité. S’il est vrai que l’adhésion aux mesures barrières s’effrite, en plus de la fatigue, n’est-ce pas aussi en partie parce que les mesures sanitaires, ici comme ailleurs, manquent de cohérence et de prévoyance ?  

Clair, cohérent et lucide

Sans cohérence, l’adhésion fléchit par défaut. On demande aux gens de réduire leurs contacts, mais du même coup, par souci certes louable de donner du répit aux citoyens, on avait ouvert plusieurs lieux permettant de les multiplier. 

Or, face à la pandémie, le seul véritable répit possible sera celui d’une vaccination généralisée. D’ici là, on ne s’en sort pas, des restrictions sanitaires exigeantes sont nécessaires.