/lifestyle/food
Navigation

Ces restos qui nous manquent

Coup d'oeil sur cet article

Les Québécois s’ennuient de leurs restaurants favoris, de leur personnel et des propriétaires avec qui ils ont développé une relation cordiale et sont même devenus amis avec les années. Nous avons demandé à nos journalistes de nous parler de leurs restaurateurs préférés, de ceux qui essaient de survivre en offrant des mets pour emporter ou à livrer. Nous commençons aujourd’hui cette série qui pourrait devenir un premier guide sur les meilleurs mets à commander. 

On s’ennuie d’un bon repas en famille chez l’ami Nourdine      

Kara Brahim-Nourdine offre une cuisine maghrébine et méditerranéenne.
Photo Chantal Poirier
Kara Brahim-Nourdine offre une cuisine maghrébine et méditerranéenne.

Je m’ennuie de Nourdine, le patron du restaurant Au Tarot, situé sur la rue Marie-Anne au cœur du Plateau-Mont-Royal. Et de sa cuisine unique, bien entendu.

C’est là où j’ai fêté les plus importants anniversaires de ma vie.

C’est aussi là où j’ai invité mes amis et mes collègues quand je voulais leur faire plaisir. 

Photo Chantal Poirier

Au Tarot offre une cuisine maghrébine et méditerranéenne de haute qualité. Algérien d’origine, Nourdine a encore sa famille et des fournisseurs privilégiés là-bas, des sous-traitants exceptionnels. Il m’appelle parfois lorsqu’il reçoit des arrivages de dattes fraîches, par exemple, qu’il utilise entre autres pour parfumer ses tajines et autres repas que je qualifie encore d’exotiques. Il choisit aussi avec souci tous ses sous-traitants de Montréal, du boulanger au boucher, du marchand de légumes au fournisseur de fruits. 

Nourdine fabrique lui-même ses saucisses merguez, les meilleures à Montréal, d’après moi. Ses menus sont souvent préparés selon les arrivages du marché.

J’ai commencé à fréquenter ce restaurant à mes débuts au Journal de Montréal, il y a 30 ans. C’est Nourdine qui nous accueillait à cette époque... et c’était encore le cas récemment. Ce resto chaleureux compte une douzaine de tables.  

Dans la salle de rédaction

Quand nous étions trop occupés par l’actualité pour nous y rendre le vendredi soir, je me faisais livrer un couscous royal à la salle de rédaction. C’était copieux, mais c’était de la qualité et bon pour la santé, contrairement à d’autres menus de livraison qui traînaient sur les pupitres ou dans le tiroir de Sophie, la réceptionniste.

Au Tarot survit en ce moment grâce aux repas à emporter ou livrés à domicile. Il offre aussi des repas ensachés sous vide qui sont idéals pour tous ceux qui, comme moi, font beaucoup de plein air. On peut les congeler et les emporter avec soi et les réchauffer dans un chaudron d’eau bouillante, ce qui est excessivement pratique.

Pour un couscous royal (poulet, agneau et merguez), il faut compter 41 $ pour deux personnes. Il y en a pour deux personnes. Même chose pour un tajine d’agneau aux pruneaux ou de canard au poivre vert.


Restaurant Au tarot

500, rue Marie-Anne Est, Montréal

514 849-6860 | restaurantautarot.ca 

Un voyage d’arômes et de saveurs chez le Vietnamien     

Les soupes vietnamiennes d’Anthony Anuvar sont un secret bien gardé du quartier chinois.
Photo Martin Alarie
Les soupes vietnamiennes d’Anthony Anuvar sont un secret bien gardé du quartier chinois.

Depuis la fermeture des salles à manger, l’ambiance n’est plus la même au Pho Bac du quartier chinois, spécialisé dans les soupes tonkinoises, avec un côté rapide et convivial si typique de nombreux restaurants vietnamiens à Montréal.

Pendant des années, chaque semaine, je m’y attablais avec un ami de longue date pour engloutir cette fameuse soupe parfumée aux arômes complexes et harmonieux. Avec bien sûr le bouillon dans lequel a mijoté un medley d’épices, mais aussi ses nouilles de riz et une généreuse portion de viande servies avec basilic thaï, citron et germes de haricots. 

En résulte chaque fois une savoureuse soupe remplie de contraste de couleurs et de textures.

Abordable

Le tout dans une ambiance sympathique et à un prix plus qu’abordable, avec un service aux tables aussi rapide qu’efficace. On y entre, on commande et on mange, avant de partir rassasié et réchauffé.

Quand on pouvait s’asseoir, les serveurs sortaient des cuisines à un rythme effréné avec des bols pleins, mais aussi avec toutes les autres spécialités vietnamiennes que le restaurant a à offrir. Des rouleaux [frits ou non] à la viande grillée sur riz ou vermicelles, avec un peu de salade en accompagnement... Pho Bac offre une cuisine rafraîchissante qui fait voyager le temps d’un repas.

Et c’est sans compter les desserts, limités certes, mais introuvables ailleurs que dans les restos vietnamiens, dont le « trois couleurs », composé de fèves, de haricots et de lait de coco. Et sur l’heure du midi, on prend le temps de déguster un café froid typique du pays, lentement infusé avec lait condensé sucré. De quoi rester réveillé pour bien terminer la journée.

Mais depuis la pandémie, les tables sont vides, le local ne grouille plus. À la place, Pho Bac prend les commandes à emporter et offre le service de livraison avec plusieurs applications. Il faut compter entre 10 et 13 $ pour une copieuse soupe-repas, tandis que les entrées ne dépassent pas 5 $.

L’ambiance n’est peut-être plus là pour le moment, mais ses plats continuent assurément de nous faire voyager même avec les frontières presque fermées.


Pho Bac

1016, boulevard Saint-Laurent, Montréal

514 393-8116 

Se sentir comme chez des copains     

Trois des six copropriétaires du Monopole : Vincent Benoit-Bonin accompagne Ngoc-An Trinh, son conjoint, Gabriel Gallant, et leur fils Liam Thuc, 6 mois.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Trois des six copropriétaires du Monopole : Vincent Benoit-Bonin accompagne Ngoc-An Trinh, son conjoint, Gabriel Gallant, et leur fils Liam Thuc, 6 mois.

 

Depuis son ouverture, il y a bientôt quatre ans, le Monopole a été au cœur de ma vie sociale.

D’abord, j’allais souvent y manger avec des collègues sur l’heure du midi. Rapide, abordable, mais surtout délicieux et frais. (Si les cavatellis à la Bolognaise ou la salade de choux de Bruxelles César était sur le menu, je ne pouvais résister.)

J’aimais aussi m’arrêter en journée pour y chercher un café (américano sans lait S.V.P.) et jaser avec Ngoc-An Trinh, une des sympathiques copropriétaires.

En fin de journée, c’est son mari, Gabriel Gallant, qui nous accueillait pour un 5 à 7 organisé, ou mieux, improvisé. Une ou deux bouteilles à la main, il était prêt à me faire découvrir son plus récent coup de cœur, fort probablement un vin nature un peu funky qu’il avait réussi à dénicher grâce à son flair de sommelier audacieux. 

À force d’y passer de longues soirées, les propriétaires sont même devenus des amis avec le temps.

Festoyer

Comme d’autres, la pandémie les a grandement touchés. D’abord, en les privant de nombreux clients, qui ont troqué leur bureau du Vieux-Port de Montréal pour le télétravail. Parce que leur emplacement de choix, qui leur amenait de nombreux professionnels, est devenu un quartier fantôme depuis un an.

J’ai hâte d’aller festoyer à nouveau au Monopole. J’ai hâte d’avoir le droit d’y festoyer, d’avoir le droit de faire garder mes enfants par leurs grands-parents (!) pour y festoyer. De m’entasser avec d’autres dans ce petit local en découvrant de nouveaux vins issus de l’agriculture biodynamique ou d’un cépage que je ne connais pas, en partageant avec mes amis un plateau de charcuterie, un de leur tartare ou leur fameux burger au pain de viande et cornichon (mon préféré). 

Connaître les goûts des clients

Mais au-delà de la bonne bouffe ou du bon vin, ce qui me manque réellement, c’est de m’installer au bar comme je le ferais à la maison. Cette ambiance chaleureuse qui nous donne l’impression qu’on est reçus chez des amis qui savent nous faire plaisir puisqu’ils se souviennent de nos goûts, nos préférences. Ces petits détails qui font qu’on s’y sent bien.

En attendant de nous accueillir à nouveau, l’établissement mise sur les plats pour emporter ainsi que sur la livraison. 

Et depuis cet été, le café-buvette a maintenant le droit de vendre de l’alcool à l’achat d’un repas pour emporter et a ainsi développé un côté caviste. De quoi satisfaire les clients œnophiles qui chérissent l’établissement pour son impressionnante carte des vins (la majorité nature).

Les entrées varient de 5 à 12 $, les plats de 8 à 45 $ (certains sont à partager, selon l’appétit).


Le Monopole

782, rue Wellington, Montréal

514 504-9996 | monopole.cafe 

Proche de ses clients  

Le Markina, c’est une épicerie, un traiteur et un restaurant.
Photo Chantal Poirier
Le Markina, c’est une épicerie, un traiteur et un restaurant.

 

C’était pour mon anniversaire de 40 ans en novembre 2019, quelques mois à peine avant la pandémie. Ma femme m’a fait une surprise que je n’ai jamais vue venir.

J’étais censé aller manger avec elle un samedi soir précédant mon anniversaire au Markina, un resto-boutique de Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal, en compagnie d’un ami. Les enfants devaient se faire garder par mes beaux-parents et aller manger dans une chaîne de restauration rapide. Quelle n’a pas été plutôt ma surprise de constater à mon arrivée dans ce magnifique resto, situé dans un vaste espace qui abritait auparavant un club vidéo, que mes meilleurs amis, ma famille et mes enfants m’attendaient plutôt tous sur place.

J’étais stupéfait ! Le Markina avait été réservé entièrement pour mon anniversaire ! Au menu ce soir-là : huîtres, saumon, filet de bœuf, fromages et gâteaux au citron, le tout accompagné de bulles et de vins bien assortis. 

La soirée fut inoubliable, la nourriture, succulente, et le service, sans faute. 

Authentique

J’ai depuis ce temps, on le comprendra, un rapport très intime et étroit avec ce resto que j’ai eu le plaisir d’encourager par l’achat de cartes cadeaux et de produits à emporter pendant la pandémie. 

Il faut dire que ce n’est pas très difficile d’aimer le Markina. La propriétaire, Marie-Anick Le Bon, se fait un point d’honneur d’utiliser des ingrédients authentiques et de qualité, de préférence du Québec, dans des recettes où il n’y a pas de raccourcis. 

« On cuisine comme si c’était à la maison. Il n’y a pas de succédané. Le chef Bruno, un Français, se lève tôt pour préparer les bouillons », explique-t-elle. 

Des classiques

Le Markina, c’est aujourd’hui des classiques tels une moussaka faite avec de l’agneau comme en Grèce, un bœuf bourguignon, un poké de saumon et un poulet au beurre. C’est un concept de cuisine gourmande qui se décline en épicerie boutique, en traiteur, en service de livraison et en repas aux tables (quand ce sera possible). 

Le resto a su rapidement s’adapter pendant la pandémie, en mettant sur pied un site transactionnel pour ses plats à emporter. Des soupers cuisine du monde 4 services, qui étaient auparavant offerts en salle à manger, ont aussi été offerts à domicile, avec choix de musique et d’accompagnement de vin. La clé pour survivre a été la relation avec la clientèle, selon Marie-Anick Le Bon. 

« On connaît nos clients par leurs noms. Certains viennent trois fois par semaine », dit-elle. 


Markina

1360, rue Montarville, Saint-Bruno-de-Montarville

450 690-1919 | markina.ca 

Rien de moins que le voisin idéal  

Sébastien Brun, chef de soir, Pamela Sepe, gérante et sommelière, et Mathieu Leclerc, serveur et livreur, se sont adaptés pendant la pandémie.
Photo Martin Chevalier
Sébastien Brun, chef de soir, Pamela Sepe, gérante et sommelière, et Mathieu Leclerc, serveur et livreur, se sont adaptés pendant la pandémie.

 

La vie de quartier dans les couronnes de Montréal est plutôt paisible. N’empêche, l’envie de s’asseoir tranquillement au bar avec d’autres résidents du secteur pour siroter un verre en grignotant des calmars croustillants, un chou-fleur braisé, un tataki de thon ou un fromage grillé flambé en bonne et due forme, ce n’est pas unique à la vie urbaine.

Les bars de quartier existent aussi en banlieue. Et c’est tant mieux. Au détour d’une petite rue résidentielle, se dresse le Pub Le Charlotte, qui a réinvesti en 2016 un bâtiment qui se fond aisément parmi les cottages et bungalows du coin. 

On dirait la maison du voisin. Celle où l’on se sent accueilli en tout temps et en toutes circonstances dans l’ambiance amicale et familière de sa terrasse des beaux jours, ou dans ses grandes aires aux allures de loft pour les soirées plus froides, toujours en compagnie des siens. 

Un chien

D’ailleurs, la Charlotte en question, c’est la chienne mascotte du lieu, une magnifique basset hound aujourd’hui disparue, mais dont l’esprit pataud et convivial imprègne encore les murs. 

Pour les soirées prolongées, Le Charlotte honore fièrement la tradition des pubs gastronomiques avec sa version du classique fish and chips en panure de Corn Flakes ou son burger (le meilleur de la Rive-Sud, dit-on ici). 

Vins et bières

Le chef, Louis-Clément Manseau-Gagnon, à l’écoute de ses clients, élabore régulièrement de nouveaux plats pour égayer les papilles montarvilloises. Des classiques instantanés apparaissent régulièrement sur la carte à l’instar de la morue miso-érable-orange d’inspiration japonaise. La chaleureuse équipe suit la cadence avec des accords pertinents grâce à la belle carte des vins. Le choix des bières est tout aussi large, avec une préférence pour l’hyperlocal et les produits de la brasserie MonsRegius, située à quelques rues des lieux. 

Heureusement pour sa fidèle clientèle, Le Charlotte a su s’adapter rapidement en proposant son menu pour emporter, vins et bières compris, afin de recréer un peu chez soi les belles soirées de cette inévitable adresse, en attendant de pouvoir s’y retrouver tous ensemble.


Pub Le Charlotte

109, rue Lansdowne, Saint-Bruno-de-Montarville

450 690-1550 | publecharlotte.com 

Petit havre de paix gourmand  

La cheffe-propriétaire Helena Loureiro offre les fameuses pâtisseries portugaises du Dr Horacio Arruda.
Photo Chantal Poirier
La cheffe-propriétaire Helena Loureiro offre les fameuses pâtisseries portugaises du Dr Horacio Arruda.

 

Depuis le mois d’octobre 2020, je ne suis pas retourné dans un restaurant manger en bonne compagnie.

Depuis six mois, je me languis de pouvoir m’attabler, de prendre un menu dans mes mains, de choisir mes plats chouchous, de commander du vin pour l’accompagner, de sentir l’atmosphère, la joie de vivre, le brouhaha, bref, je m’ennuie en titi.

Mais il y a un restaurant dont je m’ennuie particulièrement, celui d’Helena Loureiro. Son petit havre de paix gourmand me manque considérablement. Habituellement, lorsque j’y vais seul, je m’installe au bout du comptoir, on jase de la vie qui passe et du métier. Je m’y sens bien et je sais que je vais y passer un bon moment réconfortant. Oui, Helena me manque vraiment.

Plus qu’une cheffe

Le restaurant Helena, situé rue McGill à Montréal, est tout ce que j’aime. Un cadre chaleureux, une cuisine très savoureuse et raffinée en même temps, une ambiance agréable, et puis, il y a Helena elle-même. Cette femme n’est pas qu’une cheffe de grand talent, c’est aussi une restauratrice, une vraie. Elle s’occupe avec bienveillance de ses clients, elle passe à leur table dire un petit mot, surveille au passe-plat toutes les assiettes qui sortent de là afin de s’assurer que tout soit parfait.

On sent le respect des clients. En fait, on ne se sent jamais comme un client, mais plutôt comme un convive, c’est beau à voir. Heureusement, en attendant qu’il soit possible d’y retourner, Helena propose des menus et plats à emporter, comme le carpaccio de pieuvre aux agrumes à 15 $, les arancinis aux épinards et fromage São Jorge (4) à 8 $, le spectaculaire riz aux fruits de mer copieux et incroyablement savoureux à 40 $, le jarret d’agneau du Québec braisé au vin rouge à 35 $ et, évidemment, les fameuses pasteis de nata du Dr Horacio Arruda (2 pour 5 $). 

BON À SAVOIR :   

  • Commande du jeudi au samedi de 11 à 16 h.     
  • Récupération des commandes sur place.     
  • Livraison gratuite dans un rayon de 5 kilomètres.           

Helena

438, rue McGill, Montréal

514 878-1555 | restauranthelena.com 

Vivement le prochain brunch  

Les copropriétaires du Edmond café-cantine, Vicky Perreault, Christian Quezada et Julien Caya.
Photo Martin Alarie
Les copropriétaires du Edmond café-cantine, Vicky Perreault, Christian Quezada et Julien Caya.

 

La prochaine fois où je serai attablée avec des amis devant un mémorable brunch chez Edmond, j’aurai enfin l’impression que le pire de la pandémie est derrière nous.

À l’ère pré-COVID, toutes les excuses étaient bonnes pour s’arrêter dans cet ultra sympathique café-cantine à quelques pas du mont Royal, rue Rachel. 

Une envie soudaine d’un scone moelleux à la fleur d’oranger après une promenade. Une soif de limonade maison en dévalant à toute allure la piste cyclable de Saint-Urbain. 

Mais je m’ennuie par-dessus tout de la « grande assiette » du brunch du dimanche matin, concoctée avec soin par Vicky, Julien et Christian. 

Rien à voir avec un deux œufs-bacon classique, détrompez-vous. 

Pensez plutôt à une assiette généreuse tout sauf prétentieuse qui comble autant les papilles du connaisseur que l’estomac de l’affamé. 

De vraies de vraies bines, une saucisse polonaise, du pain maison accompagné de la confiture du moment, artisanale aussi, et des petits à-côtés. Je salive rien qu’à y repenser. 

À l’image de ce plat, tout est à la fois soigné et décontracté chez Edmond, du choix musical au menu du midi. 

Quelqu’un a dit focaccia aux légumes grillés et ricotta à la menthe, garni d’un pickle de patate douce ? 

Il faut compter entre 7 et 10 $ pour les sandwichs – quelques dollars de plus pour un duo avec patate, soupe ou salade. On offre aussi un éventail de cafés pour les plus pressés. 

Troisième anniversaire

Le petit établissement ensoleillé – une demi-douzaine de tables seulement – fêtera cet été son troisième anniversaire. 

L’un des trois proprios est pratiquement toujours sur place pour accueillir les convives avec bonne humeur, de 7 h 30 le matin à 18 h le soir. 

Pandémie oblige, les complices offrent leur menu habituel pour emporter, ainsi qu’une sélection de produits maison (je recommande le chili !) et de cidres et bières québécois, mais pas la livraison. Et, merveilleuse nouvelle, on me souffle à l’oreille que le brunch dont je rêve devrait être de retour à la réouverture tant souhaitée des restaurants.


Edmond café-cantine

105, rue Rachel Ouest, Montréal

514 357-8448 | facebook.com/edmondcafecantine 

Aller en Italie dans Hochelaga  

La pizzeria Heirloom nous fait voyager en Italie, en direct du quartier Hochelaga, à Montréal.
Photo courtoisie
La pizzeria Heirloom nous fait voyager en Italie, en direct du quartier Hochelaga, à Montréal.

 

Quand je me demande ce que je vais cuisiner pour souper, il m’arrive parfois d’avoir une rage de manger une pizza de Heirloom.

Heirloom, c’est un petit bout d’Italie en pleine rue Ontario, à un jet de pierre de Pie-IX, à Montréal.

Avant que tout ne s’arrête, nous avions l’habitude d’y aller quelques fois par année. Pas si souvent que ça, mais assez pour que Maxime, qui est souvent derrière le bar, nous reconnaisse et nous salue chaleureusement. Tout comme Dominic Laflamme, l’un des proprios, que l’on connaissait de ses autres projets, le Quartier Général et l’État Major.

Maxime nous accueille toujours en nous offrant rapidement un verre de vin en ayant toujours un bon souvenir de nos goûts. Et il sait qu’il doit préparer un Shirley Temple pour notre fils.

Et on s’assoit toujours au bar histoire de pouvoir converser avec Max s’il n’est pas trop occupé ou avec Dominic quand il est là.

Moutarde baseball

Heirloom propose d’abord de délicieux arancinis dans une sauce tomate légère et goûteuse. Et passer outre les polpettes serait un crime.

Mais on y va surtout pour les pizzas. La pâte y est souple, fine et la croûte est juste assez rebondie, comme on la fait en Italie. Et elle est drôlement bonne. Le beurre est ici facultatif, elle n’en a pas besoin pour être intéressante.

Tout ça cuit dans un four à haute intensité en moins de deux minutes de sorte que le plat qu’on vous apporte est frais et fumant. C’est comme ça que la pizza napolitaine doit se manger.

Et parlons-en de ces pizzas. Certes, il y a les classiques, mais ce qu’on aime, ce sont les propositions qui sortent de l’ordinaire, comme cette pizza à la porchetta et à la moutarde baseball.

Il y a aussi celle à la mortadelle et à la pistache. C’est suave, crémeux et délicieux.

Les entrées sont offertes entre 5 et 18 $ et les pizzas varient entre 14 et 23 $. La livraison est offerte, de même que le ramassage. Mais on a hâte de pouvoir y aller sur place, parce que c’est là que les pizzas s’expriment le mieux.


Heirloom

3991, rue Ontario Est, Montréal

514 905-8211 | pizzeriaheirloom.ca 

L’incontournable de Saint-Lambert  

Le décor du Primi Piatti est chic et distingué.
Photo courtoisie
Le décor du Primi Piatti est chic et distingué.

 

S’il y a un resto où j’ai hâte de retourner flâner, c’est bien au Primi Piatti, l’une des meilleures tables de la Rive-Sud de Montréal. J’utilise ici le mot flâner, car pour moi, un restaurant, c’est un lieu où le temps s’arrête. J’ai toujours considéré les endroits où j’ai (j’avais devrais-je dire) mes habitudes, comme des extensions de ma cuisine.

Tellement qu’il n’est pas rare que le propriétaire du « Primi » m’appelle pour jaser de tout et de rien et SURTOUT me rappeler que ça fait longtemps que je ne m’y suis pas arrêté. Il est bien là le mensonge, car normalement, j’y suis chaque semaine... jamais bien loin du four à bois où je regarde le pizzaman comme d’autres regarderaient un concert de Kent Nagano. 

Savoir-faire

Logiquement, si ce charmant resto de Saint-Lambert est l’extension de ma cuisine, son personnel devrait être le prolongement de mon groupe d’amis non ? 

Bien, c’est exactement ce que c’est. Marco Marques et ses employés sont comme une deuxième famille. D’ailleurs, c’est la marque de commerce de Marco qui traite ses clients comme des rois. Il les accueille à l’entrée, il les conseille, il les fait rire, il les connaît. Il faut le voir butiner de table en table chaque soir jusqu’aux petites heures du matin pour prendre des nouvelles de ses habitués. 

Dieu qu’il s’en est raconté des histoires dans ce restaurant de la rue Green où vous croiserez des « messieurs complet-cravate », attablés aux côtés de sportifs professionnels, de politiciens ou de grands comédiens québécois.  

Savez-vous ce qu’il y a de plus drôle avec le restaurant italien Primi Piatti ? C’est que son propriétaire est portugais... ce qui en fait le meilleur restaurant italien-portugais que je connaisse.  

Coups de cœur

Marco choisit ses poissons avec une impressionnante minutie. Il faut goûter le thon en croûte servi sur une salsa d’avocat, relevé avec une mayonnaise aux épices togarashi (un « sept épices » japonais).  

Les amateurs de pieuvre savent qu’il est facile de trop cuire la bête à tentacules. Chez Marco, elle est parfaitement grillée et servie sur un léger accompagnement de tomates cerises séchées. On garde ainsi le goût délicat du poulpe. 

Les plats de pâtes sont généreux. Mon coup de cœur : les linguines alle Vongole aux palourdes bien choisies sont divins, surtout avec leur accompagnement de rapinis.


Primi Piatti

47, rue Green, Saint-Lambert

450 671-0080 | primipiatti.ca 

Souriante derrière son masque  

Kim Charlebois a gardé le sourire malgré la pandémie.
Le Journal
Kim Charlebois a gardé le sourire malgré la pandémie.

 

Après une semaine intense de travail, le vendredi soir, quand les enfants s’assoupissent devant leurs émissions dans leur bulle, j’ouvre un bon rouge que je laisse respirer le temps d’aller au Küto du centre-ville de Saint-Bruno-de-Montarville.

Quand j’arrive, Kim Charlebois et son équipe sont là. Avant la pandémie, on m’offrait souvent de prendre un verre pendant que l’on préparait ma commande. 

Du McDo aux tartares

Mme Charlebois a commencé à travailler en restauration à 13 ans au McDonald’s. Quelques dizaines d’années plus tard, elle est proprio du comptoir à tartares Küto de Saint-Bruno, de celui de Belœil et d’un nouveau aux Promenades Saint-Bruno, sur la Rive-Sud de Montréal. 

En restauration, on peut travailler 14 heures de suite, debout. Dans le feu de l’action, on noue des liens avec ses clients. On connaît leur histoire. Un peu comme les coiffeuses. On entend les récits les plus tristes, mais aussi les plus beaux. 

Or, depuis la pandémie, la salle à manger est vide. Kim Charlebois est souriante derrière son masque, mais les clients pressés nerveux, gauches, passent et ressortent en coup de vent, comme si le virus préparait l’embuscade.

L’énergie est lourde. Malgré cela, chaque semaine, pandémie ou pas, Mme Charlebois et ses cuisiniers ont réussi à honorer nos vendredis soir avec leurs délicieux tartares à emporter. 

Après le confinement national, son restaurant retrouvera son brouhaha. Les bouteilles de désinfectants à l’entrée cesseront de masquer l’odeur des plats, qui se faufilent des cuisines à la salle animée.

Musique près de la fontaine

J’imagine aussi que la musique reprendra du service sur la terrasse, près de la fontaine. 

Je pourrai reprendre de nouveau un verre au bar pour casser la semaine, pour jaser avec l’équipe, qui a vu neiger. 

Je pourrai revenir chez moi, détendu, retrouver mon amoureuse et mes deux enfants, qui s’endorment, rassurés d’entendre papa et maman poursuivre la soirée qui s’étire comme un élastique en prélude de la fin de semaine.

Pour un tartare de bœuf style pub, avec émulsion à la bière noire, oignons, cornichons sucrés, cheddar fort, bacon et oignons frits, on doit payer 22 $. À ce prix-là, la portion pour une personne vient avec des croûtons et une salade verte ou des chips.


Küto Saint-Bruno

1481, rue Montarville, Saint-Bruno-de-Montarville

450 905-9051 | kuto.ca/emplacement/saint-bruno/ 

Une expérience unique  

Le foie gras entouré d’une barbe à papa à l’érable est un classique du Mousso.
Photo courtoisie
Le foie gras entouré d’une barbe à papa à l’érable est un classique du Mousso.

 

De tous les restaurants dont je m’ennuie, celui du chef Antonin Mousseau-Rivard arrive en tête. Parce que Le Mousso, c’est une expérience unique. Et qu’aucune formule pour emporter ne pourra la recréer.

« Faire du Mousso en take-out, ça ne peut pas être ce que t’as au Mousso », reconnaît le chef. 

Après avoir testé différentes formules, il se concentre sur les repas pour les menus spéciaux comme Noël, la Saint-Valentin, Montréal en lumière, Pâques, etc.

Mais ça ne permet pas la même liberté de création. Et même s’ils pouvaient me livrer leurs sublimes dumplings de navet aux crevettes nordiques avec son jus de tomates fermenté ou leur foie gras entouré d’une barbe à papa à l’érable... je m’ennuierais encore du Mousso.

Juste pour vous donner une idée : l’expérience ultime consiste en un repas 14 services accompagnés de 7 vins. Essayez ça à la maison et vous allez vous découvrir une grande admiration pour les plongeurs.

Aller au Mousso, c’est être surpris par tout... même par une tisane parce que la maison fait directement affaire avec des cueilleurs québécois qui lui fournissent du myrique baumier, du thé du Labrador, des feuilles de framboise et de la réglisse sauvage.

Aller au Mousso, c’est apprendre à connaître son terroir.

C’est aussi se faire expliquer par un serveur affable que les tagètes ont des arômes d’agrumes... et apprendre que les tagètes sont des fleurs comestibles. Vous ne serez pas surpris si je vous dis qu’Antonin travaille avec une productrice qui fait pousser pour lui des variétés de fleurs juste pour ses créations.

Une soirée au Mousso va même jusqu’à nous intéresser à la poterie. Car si les plats sont des œuvres d’art, c’est notamment parce que le chef les conçoit en travaillant avec Catherine Auriol, de Gaïa Céramique, qui lui fabrique des assiettes et des bols en fonction de ce qui y sera servi.

Quel avenir ?

J’espère vraiment retrouver Le Mousso d’avant la pandémie. Mais il faudra être patient.

De 34 employés, le resto n’en compte plus que 5. Plusieurs ont quitté l’endroit pour travailler sur leur propre projet et d’autres ont changé de domaine.

« On va perdre énormément de travailleurs de restauration, et ceux qui resteront vont être payés plus cher. Mais est-ce que je vais devoir augmenter mes prix ? » se questionne le chef. 

« Revenir au niveau où j’étais, ce sera extrêmement dur et ça me fait peur. »

Alors d’ici là, je vous encourage à acheter des menus maison du Mousso, parce que même si c’est pas pareil, ça reste un des meilleurs «take-out» des grands jours en temps de pandémie. J’en profite aussi pour dire au chef et aux employés que lorsque le resto rouvrira, la seule chose qu’ils n’ont pas à craindre... c’est d’avoir été oubliés par les Montréalais.


Le Mousso

1023, rue Ontario Est, Montréal

438 384-7410 | lemousso.com 

Tête-à-tête sur la Rive-Nord  

Lina Vannelli, la cheffe et propriétaire du Campagna, fait le bonheur des résidents de la Rive-Nord de Montréal.
Photo Chantal Poirier
Lina Vannelli, la cheffe et propriétaire du Campagna, fait le bonheur des résidents de la Rive-Nord de Montréal.

 

Un accueil chaleureux ainsi qu’une cuisine italienne et délicate dans un coquet bistrot de quartier. Comment ne pas avoir hâte de s’attabler à nouveau au restaurant Campagna pour un souper sur la Rive-Nord de Montréal ?  

Ma femme et moi nous ennuyons aussi de ce que représente ce resto. Un moment en toute intimité [sans les enfants] dans une ambiance conviviale et feutrée qui nous permet de nous remémorer nos premiers tête-à-tête.  

L’endroit nous accueille lors de nos trop rares soirées en amoureux et est généralement le prélude à une marche dans la quiétude du vieux Sainte-Thérèse avant d’assister à un spectacle. 

Fraîcheur

Avant que la COVID-19 ne force la fermeture de sa salle à manger, la cheffe et propriétaire, Lina Vannelli, accueillait les clients en soirée du mercredi au samedi pour leur offrir une cuisine de marché évoluant au gré des produits frais. 

En attendant d’avoir à nouveau des gens en salle à manger, le bistrot tente de survivre en offrant deux choix de plats pour emporter. 

D’abord, une table d’hôte différente chaque semaine, à réchauffer chez soi le vendredi et le samedi, qu’il faut réserver avant le jeudi. Sinon, du jeudi au samedi, il est possible de commander des plats individuels préparés rapidement en cuisine et servis chauds à rapporter dans son foyer pour souper.  

J’ai d’ailleurs tenté l’expérience des mets à emporter pour mon anniversaire. Toujours aussi bons. Mais sans l’équipe du Campagna qui s’assure qu’on ne manque de rien par sa délicate attention, l’expérience n’est pas aussi savoureuse.  

Gâteau au fromage 

Il faut compter 20 $ pour une pizza à l’effiloché de canard à la pâte croustillante, et 17 $ pour des pennes fraîches aux légumes. Étant un amateur de viande, je recommande toutefois le magret de canard et son chutney aux fruits séchés à 32 $. La purée de patates douces qui l’accompagne fait rapidement oublier celle qu’on sert habituellement aux bébés. 

Gardez-vous toutefois un peu d’espace dans l’estomac pour le gourmand gâteau au fromage qui vaut ses 12 $.


Campagna

26, rue Turgeon, Sainte-Thérèse

450 818-1008 | campagna.ca 

Une bonne gibelotte sur la terrasse  

Au Distingo resto/pub, de Rémy Salvail, il est possible de déguster de la gibelotte.
Photo Martin Chevalier
Au Distingo resto/pub, de Rémy Salvail, il est possible de déguster de la gibelotte.

 

Lorsque j’effectue un retour aux sources dans mon patelin, c’est inévitablement au resto-pub Le Distingo que je me rends seul ou avec mes invités, rue Augusta, en plein cœur du centre-ville de Sorel-Tracy.

Son sympathique propriétaire, Rémy Salvail, y sert sans contredit – du moins selon moi – la meilleure gibelotte à déguster dans la région.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, la gibelotte est une soupe au poisson popularisée par le fameux festival éponyme de mon coin de pays.

Épicé à souhait et abordable, ce gros bol, spécialité du chef François Leduc, est composé de perchaude rôtie, de légumes, de fromage en grains, de bacon, d’échalotes et d’oignons frits.

Pas convaincus ? Il faut y goûter pour y croire. Les plus sceptiques que j’ai initiés depuis quelques années ont été confondus. La gibelotte y est tellement bonne vendeuse qu’on l’a fait passer de saisonnière à régulière au menu.

Ce que ça me manque de dévorer avec mes proches ce plat typique, accompagné d’un bon « boque aux tomates » bien poivré, sur la terrasse extérieure et sous un soleil d’été !

En solo, je m’assois plutôt au bar pour discuter avec quiconque y sert les gens – on se connaît tous dans cette petite ville de la Montégérie – tout en sirotant mon verre.

Ancienne piste de danse

Encore une fringale avant le digestif ? Surprenant. Mais pour les plus gourmands comme moi, le pouding au pain de la maison avec sauce au sucre à la crème assure de bien rassasier son homme.

On trouve au Distingo des entrées entre 4 et 16 $, ainsi que des plats principaux entre 17 et 75 $. Ça, c’est si on commande le « Gros set-up » pour deux personnes, comptant deux bavettes, six crevettes, six perchaudes, des frites, du riz et des salades César.

J’ai bien hâte de m’y rendre pour un repas entre amis.

Pour l’instant, je me contente des livraisons et des commandes à emporter, qui ne semblent pas avoir dérougi durant les week-ends, depuis le début de la pandémie, gage du succès du restaurant et de la fidélité de sa clientèle malgré les temps difficiles.

Le proprio a su transformer cette ancienne piste de danse des fins de soirée peu glorieuses de ma jeune vingtaine en un restaurant de qualité très respectable, sans aucune prétention.


Le Distingo resto/pub

20, rue Augusta, Sorel-Tracy

450 908-0773 | facebook.com/DistingoRestoBar 

Quétaine à souhait  

John et Denis Kotrokois, du restaurant La Corvette.
Photo Chantal Poirier
John et Denis Kotrokois, du restaurant La Corvette.

 

C’était dans cette vie d’avant, pourtant pas si lointaine...

Je me réveille la bouche pâteuse, la tête lourde, mais surtout, l’estomac vide.

« La Corvette, ça vous tente-tu ? »

Tout le monde répond par un grognement affirmatif. Poser la question, c’est y répondre. Déjà, je vois défiler dans mon esprit le bacon parfaitement cuit, les saucisses bien grasses et les œufs coulants. Soudainement, j’ai encore plus faim.

Je pousse la porte et entre chez La Corvette. La douce odeur de friture et le son de l’huile qui crépite m’envahissent. La serveuse crie gentiment les commandes aux cuisiniers, les cabarets s’entrechoquent ; mon mal de tête semble maintenant tellement plus tolérable.

Voyage dans le temps

Je remarque pour la première fois à quel point le décor de ce restaurant de la promenade Masson nous propose un voyage dans le temps. Banquettes vert forêt, chaises rouge pétant, fleurs en plastique. Sans oublier le carrelage étrangement réussi d’une voiture de marque Corvette au plafond. C’est quétaine à souhait, mais je n’y changerais rien.

La serveuse arrive avec nos repas, le sourire aux lèvres. Elle, elle aime vraiment sa job. Je prends une gorgée de café chaud, qui n’a d’ailleurs rien à envier à celui de toutes ces grandes chaînes. J’essaie de trouver un Journal de Montréal à lire, mais en vain ; il semble qu’ici aussi, notre publication est populaire. De toute façon, je suis là pour jaser de tout et de rien avec mes amis. 

Encore une fois, La Corvette remplit son mandat à la perfection : je me délecte d’un copieux repas et je passe un bon moment avec mes meilleurs amis. Trois œufs et trois choix de viande pour 9,90 $, café inclus, c’est difficile à battre !


La Corvette

2801, rue Masson, Montréal

514 721-2425 | promenademasson.com/fr/repertoire/restaurant-la-corvette 

L’inspiration d’une fonderie  

Le maître d’hôtel Denis Lessard et le sommelier Philippe Boisvert participent à la renommée du Serpent.
Photo Pierre-Paul Poulin
Le maître d’hôtel Denis Lessard et le sommelier Philippe Boisvert participent à la renommée du Serpent.

 

Pour les amateurs de gastronomie qui souhaitaient sortir du cadre parfois trop formel des grands restaurants, Le Serpent était l’endroit parfait.

Avec son ambiance de brasserie située dans les locaux de l’ancienne fonderie Darling, l’endroit demeure un clin d’œil magique à l’ancien Griffintown. 

Que ce soit son grand bar en marbre blanc au-dessus duquel trône une magnifique sculpture métallique de Patrick Coutu ou sa salle de service faisant face à l’impressionnant tableau de Pierre Dorion nommé Crepuscolo – une représentation de la réflexion du soleil dans les fenêtres des lieux avant la construction du resto – on se sent inspiré sans même avoir vu le menu.

On s’ennuie de l’accueil chaleureux et complice du maître d’hôtel Denis Lessard, tout autant que des dernières trouvailles du sommelier Philippe Boisvert, dont la carte des vins est l’une des plus excitantes à Montréal. 

On s’ennuie évidemment encore plus de la cuisine de Michele Mercuri, grand chef au parcours impressionnant (XO de l’Hôtel Le St-James, Le Calandre, 3 étoiles Michelin en Italie). 

Sous la direction du chef exécutif Claude Pelletier et du restaurateur Hubert Marsolais, Le Serpent propose une cuisine italienne contemporaine, où tant les pâtes que les poissons, les fruits de mer et les viandes sont savoureux et d’une fraîcheur remarquable.

UN site pour trois restos

Pour se consoler en attendant de pouvoir y retourner, on peut se rabattre sur Trifecta. Clin d’œil aux courses de chevaux qui se sont tenues à Blue Bonnets pendant plus de 100 ans, mais aussi une façon de souligner le partenariat tridimensionnel entre les restaurants Le Club Chasse et Pêche, Le Filet et Le Serpent, Trifecta a pour objectif d’offrir à la maison la même expérience culinaire qu’en salle.

Trifecta prépare les commandes pour une cueillette ou une livraison deux journées par semaine, soit chaque vendredi et samedi. Les cueillettes se font au restaurant Le Filet le vendredi et le samedi, entre 15 et 18 h. Entrées : 15 à 36 $ / Plats : 15 à 48 $ / Desserts : 7 à 11 $. 

On propose aussi un excellent choix de vins pour emporter.


Le Serpent

257, rue Prince, Montréal

514 316-4666 

Le Filet

219, avenue du Mont-Royal Ouest, Montréal

514 360-6060 | trifectamtl.com 

Les meilleurs fish and chips en ville  

La terrasse du Brit & Chips, dans le Vieux-Montréal.
Photo courtoisie
La terrasse du Brit & Chips, dans le Vieux-Montréal.

 

J’ai redécouvert le Vieux-Montréal il y a quelques années.

À la faveur d’un emploi dans le quartier, je me suis mis à arpenter avec bonheur ses rues pittoresques et chargées d’histoire aussitôt que j’en avais l’occasion, le temps par exemple d’une pause le midi. 

J’y revenais les soirs ou les week-ends avec ma conjointe pour y flâner au gré d’agréables promenades. Nous sommes donc devenus des habitués du secteur.  

Évidemment, les marches creusent l’appétit. Au hasard de nos déambulations, un jour, nous avons poussé la porte du Brit & Chips. On y faisait apparemment les meilleurs fish and chips en ville. 

Et c’est vrai. 

Servi bien chaud, presque brûlant, le poisson pané, décliné en différentes versions, est simplement délicieux, roboratif, avec son accompagnement de frites maison parfaites. La panure craquante, propre à chaque type de poisson, enveloppe savoureusement la morue, l’aiglefin ou le saumon, choisis selon le goût du client. Une bière brassée sur place complète agréablement le tableau. 

Le menu n’est pas compliqué. Il se limite à peu près au poisson pané, mis à part quelques spécialités anglaises. Mais que demander de plus ? Puisque le plat-vedette du restaurant frôle la perfection. En outre, les prix sont vraiment raisonnables : une assiette généreuse ne coûtera pas plus que 14 $. 

Bienvenue aux chiens

L’été venu, une surprise agréable nous attendait : la terrasse du restaurant installée sur le trottoir de la rue McGill acceptait nos chiens. Dès lors, nos promenades dans le quartier sont devenues encore plus agréables. Et chaque fois, la serveuse attitrée à la terrasse nous accueillait avec un sourire et un bol d’eau pour les pitous. 

Montréal n’est ni une ville américaine ni une ville européenne. Les invités à quatre pattes sont rarement bienvenus dans les endroits publics. Lorsque c’est le cas, il faut en profiter. 

Avec les mesures de confinement qui n’en finissent pas de finir, ces belles soirées me manquent terriblement. Celles où l’on peut se promener sans souci au bras de l’être cher dans un quartier fascinant pour s’attabler ensuite à une table réconfortante où l’on sait qu’on sera les bienvenus.  


Brit & Chips

433, rue McGill, Montréal

514 840-1001 | britandchips.com 

Ça grouillait de vie avant la pandémie  

Simone Chevalot est la femme derrière La Buvette chez Simone, à Montréal.
Photo Chantal Poirier
Simone Chevalot est la femme derrière La Buvette chez Simone, à Montréal.

 

Sur la terrasse en fin d’après-midi, en 5 à 7 le jeudi, pour partager quelques plats au comptoir, assis, debout, le soir, la nuit : il n’y a pas de mauvais moment pour fréquenter la Buvette chez Simone, toujours prête à accueillir des convives, même lorsqu’elle est bondée.

En s’engouffrant dans l’endroit, bien installé sur l’avenue du Parc, dans le Mile-End de Montréal depuis 2008, on remarque l’atmosphère animée.

Partage

Un couple assis à une table près de la fenêtre partage un plateau de charcuterie, quelques fromages et des acras de morue, ces délicieux petits beignets qui font entre autres la réputation de la Buvette.

Un groupe d’amis entoure la grande table en bois au fond, près des cuisines, sur laquelle trônent des bouteilles de vin, des salades grecques au féta crémeux et des plats de frites.

Le trio au comptoir opte plutôt pour le légendaire poulet rôti « de la Buvette » – dont je rêve depuis des mois – et une salade verte en attendant les trois verres de vin soigneusement conseillés par le barman.

Les gens circulent, échangent des gorgées de ce cépage dont ils n’ont jamais entendu parler ou vont saluer un ami assis à quelques tables de la leur. La Buvette grouille de vie et d’effluves qui nous mettent en appétit. 

Mais tout ça, c’était avant le 13 mars 2020, bien sûr.

Parce qu’au-delà de la nourriture et du cellier, « la Buvette est un endroit de partage », me racontait en entrevue la propriétaire, Simone Chevalot, vers la fin du mois d’avril l’an dernier. Les plats s’y mangent à plusieurs mains, les bouteilles s’y boivent à quelques verres et les conversations s’échangent à bien plus qu’une bulle.

Un incendie

On a pu se consoler avec des repas pour emporter jusqu’à ce qu’un incendie dans l’établissement, en décembre, interrompe ses activités.

Puis, le 25 mars, on a enfin retrouvé le seuil de la porte de chez Simone pour récupérer de bons petits plats et sentir l’espoir d’un déconfinement plus ou moins lointain, qui permettra aux adeptes de l’endroit – comme moi – de revivre ces soirées de partage jamais ennuyeuses.

Les commandes pour emporter sont offertes du jeudi au dimanche. Les acras de morue avec l’aïoli épicé (9 $ pour 6 ou 15 $ pour 12) et le poulet rôti de la Buvette servi avec des légumes (50 $ pour le poulet entier) valent le détour.


Buvette chez Simone

4869, avenue du Parc, Montréal

514 750-6577 | buvettechezsimone.com 

Une poutine portugaise qui fait saliver  

Michael Antunes Alves et son père Antonio proposent une poutine à la portugaise.
Photo Pierre-Paul Poulin
Michael Antunes Alves et son père Antonio proposent une poutine à la portugaise.

 

Si plusieurs Québécois ont découvert avec la pandémie la « joie » de devoir faire la file avant de pouvoir accéder à un commerce, ça n’a pas été le cas pour les habitués du resto Ma Poule Mouillée.

Ouvert depuis 2013 sur Le Plateau-Mont-Royal, et situé non loin du parc La Fontaine à Montréal, cet endroit est rapidement devenu un incontournable pour l’amateur de poutine que je suis.  

C’est souvent l’endroit où j’ai fini avec des amis lorsqu’on ne savait pas quoi manger pour souper.  

Peut-être sourcillerez-vous à la vue de notre mets national trônant sur le menu d’un restaurant portugais, mais, détrompez-vous.  

Recette parfaite

La famille Alves, qui a fondé Ma Poule Mouillée, a trouvé la recette parfaite pour harmoniser le Québec et le Portugal dans un seul plat, grâce à une généreuse portion de frites, de poulet grillé, de chorizo, de sauce brune et de sauce piquante, en plus de fromage São Jorge. 

Or, avant de pouvoir savourer leur délicieuse poutine, il faut faire travailler sa patience. Dans les heures de grand achalandage, il n’est pas rare de voir de 20 à 40 personnes faire la file à l’extérieur, ce qui peut faire abandonner le projet pour plusieurs pressés. 

Heureusement, l’équipe de Ma Poule Mouillée est habituée et réussit à servir sa clientèle sans que ça prenne trop de temps.  

Pour ceux qui surveillent davantage leur ligne, n’ayez crainte, car le restaurant offre également des salades au poulet portugais ainsi que des sandwichs.  

Avec la pandémie, l’établissement a dû s’adapter, un peu comme tout le monde, et offre un service de mets pour emporter.  

Autrefois, il était possible de prendre place dans la petite salle à manger ou de commander d’avance, mais la seule option désormais est de faire la file. Mais croyez-moi, l’attente en vaut la peine. 

Des tartelettes

Et tant qu’à être sur place, pourquoi ne pas en profiter pour goûter leur pasteis de nata, ces tartelettes portugaises qui ont notamment été popularisées par le Dr Horacio Arruda au début des mesures de confinement ?  

Grâce au menu aux prix abordables, on sort de là avec une facture bien peu élevée pour la quantité de nourriture reçue.  

Le plat le plus cher sur le menu s’élève à 16 $, soit les calmars frits ; tandis que la poutine réussit à remplir même les plus gourmands, comme moi, pour 10 $. 


Ma Poule Mouillée

969, rue Rachel Est, Montréal

514 522-5175 | mapoulemouillee.ca