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La vaccination est très attendue en prison

Aucune dose n’aurait été injectée jusqu’à présent

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Des organismes représentant agents de la paix et détenus s’inquiètent de l’absence d’une stratégie de vaccination pour lutter contre la COVID-19 dans les prisons provinciales, qui ont été ébranlées par plusieurs éclosions depuis le début de la pandémie. 

« Il n’y a rien qui a bougé encore », lâche Mathieu Lavoie, président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ).

C’est silence radio depuis que le syndicat a plaidé sa cause auprès des autorités avant les Fêtes. Depuis le début de la pandémie, les prisons provinciales ont été le théâtre de plusieurs éclosions de COVID. Plus de 10 % des employés ont été infectés.

À celle de New Carlisle, en Gaspésie, ce serait la presque totalité des détenus qui ont contracté le virus. L’attente de cliniques de vaccination pourrait éventuellement affecter les services, selon le syndicat. Actuellement, un taux d’absence allant jusqu’à 30 % dans certains établissements est observé. Congés de maladie, postes laissés vacants et démissions sont en cause.

Un nombre record de départs a d’ailleurs été constaté depuis le début de la crise sanitaire : quelque 200, comparativement à une moyenne annuelle de 150.

« On était déjà en manque d’effectifs dans beaucoup de nos établissements, dit Mathieu Lavoie. Ça créait des problématiques au niveau de [leur] sécurité. »

Seuls des agents de soins de santé de la prison de Bordeaux auraient eu des plages de vaccination jusqu’à maintenant.

Vieillissement 

Sur plus de 3700 personnes incarcérées, 530 ont été déclarées positives dans la dernière année. Un seul décès a été recensé.

Avec une sentence moyenne d’un mois dans la province, des détenus asymptomatiques pourraient transmettre la maladie à leurs proches à leur libération, avance Daniel Poulin-Gallant, coordonnateur chez Alter Justice, anciennement connu sous le nom de Groupe de défense des droits des détenus de Québec.

La population carcérale aurait largement vieilli. « La moyenne d’âge, si on retourne à il y a 30 ans, était peut-être entre 25-30 ans [...] là elle est plus rendue en haut de 45. C’est sûr que ça fait plus de personnes qui sont vulnérables ou qui peuvent avoir des complications à cause de la COVID », soutient M. Poulin-Gallant.

Appelé à réagir, le ministère de la Sécurité publique s’est abstenu de commenter, prétextant que les priorités de vaccination relèvent des autorités sanitaires.

« Les modalités, quant à la vaccination des travailleurs essentiels [...] seront annoncées en temps et lieu », a fait savoir le ministère de la Santé et des Services sociaux. Pour l’heure, la campagne permet aux personnes de 60 ou 65 ans et plus de se faire inoculer.

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