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Le Stade olympique de Montréal ou rien du tout

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Ouf ! Au lieu d’investir dans la construction d’un nouveau stade de baseball au centre-ville de Montréal, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon ne ferme pas la porte à la possibilité d’offrir le Stade olympique comme lieu de résidence à la future « demi-équipe » de baseball que Groupe Baseball Montréal tente d’amener au centre-ville.

Remarquez que c’est bien la moindre des choses que le gouvernement Legault étudie cette possibilité, malgré la réticence des promoteurs du retour du baseball à Montréal à voir leur future équipe jouer au Stade olympique.

Il faut savoir qu’au cours des 10 prochaines années, le gouvernement du Québec prévoit investir 491 M$ dans la rénovation du Stade olympique, question d’assurer la pérennité du fabuleux Parc olympique montréalais.

À cette gigantesque somme, s’ajoutera le coût d’une nouvelle toiture, un projet qui nécessitera des dizaines et des dizaines de millions de dollars.

En tant que propriétaire d’un stade dont la valeur en dollars d’aujourd’hui dépasse les 4 G$ et qui est fin prêt à accueillir des parties de baseball professionnel, le gouvernement du Québec serait fort malvenu d’investir des centaines de millions dans la construction d’un autre stade à Montréal.  

Legault inquiétant

La semaine dernière, le ministre Fitzgibbon et le premier ministre François Legault se disaient prêts à collaborer financièrement au projet de construction d’un nouveau stade de baseball au bassin Peel du centre-ville auquel le clan des milliardaires derrière Groupe Baseball Montréal rêve. 

Pour les membres de ce prestigieux clan (Stephen Bronfman de Claridge Investment, Alain Bouchard de Couche-Tard, Stephan Crétier de Garda, Mitch Garber l’ex-président du Cirque du Soleil et du Ceasars Palace), le retour du baseball professionnel ne pourra se matérialiser qu’à la condition de construire un stade de baseball au centre-ville. Et pour eux, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il revient au gouvernement du Québec de le financer à même les fonds publics.

Le PM avait causé la surprise en ouvrant carrément la porte à une forme de participation financière de son gouvernement... si les revenus fiscaux engendrés par la venue d’une équipe de baseball à Montréal, disait-il, sont plus importants que le montant versé.

Comme solution financière potentielle, le premier ministre avait évoqué la formule du prêt pardonnable, lequel prêt se transforme en subvention lorsque les conditions sont respectées après quelques années.

Aide controversée

Depuis que Legault et Fitzgibbon ont ouvert la porte à une possible participation financière de l’État dans la construction du nouveau stade de baseball montréalais, bien des gens s’interrogent sur le bien-fondé d’investir des centaines de millions de dollars de fonds publics dans un nouveau stade alors que notre majestueux Stade olympique est sous-utilisé.

Il est d’ailleurs révélateur de constater qu’à la lumière du sondage Léger, réalisé pour le compte du Journal, 60 % des gens interrogés sont défavorables à l’aide financière du gouvernement pour la construction d’un stade de baseball à Montréal.

Avec à peine 27 % de gens favorables à l’octroi d’une aide financière de l’État à la construction de ce stade de baseball, j’inviterais M. Legault à y penser à deux fois avant que son gouvernement injecte des centaines de millions $ dans ce projet chouchou des Bronfman, Bouchard, Crétier et compagnie. 

En cette période où les besoins financiers sont criants en santé, en éducation, en soins à domicile aux personnes âgées, en aide aux plus démunis, que le premier ministre Legault et son ministre Fitzgibbon se contentent donc de promouvoir le Stade olympique auprès des promoteurs de Groupe Baseball Montréal au lieu d’étudier leur demande d’aide gouvernementale pour la construction d’un stade de baseball.

Si les milliardaires du baseball lèvent le nez sur le Stade olympique, qu’ils assument financièrement leurs caprices et qu’ils payent de leurs poches leur joujou. Point final ! 

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