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Legault n’a pas le monopole de l’incohérence

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre François Legault.

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Difficile à suivre, le gouvernement Legault, dans sa gestion de la pandémie ? Évidemment.

Plusieurs l’ont souligné : en 28 heures, il est passé d’« on résiste à la troisième vague » à il faut faire un traitement-choc à trois régions.

Pourquoi donc avoir déconfiné un peu partout au Québec il y a deux semaines, si c’était pour refermer à plusieurs endroits ? La question est inévitable.

Noël à Pâques

Depuis des mois, le gouvernement disait vouloir éviter le « yoyo » des mesures : confiner, reconfiner. Mais c’est précisément ce qu’il est réduit à faire dans plusieurs régions.

Hier matin, les partis d’opposition étaient déchaînés dans leurs points de presse et au Salon bleu.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, soulignait que l’adhésion de la population aux mesures commence à s’étioler et le gouvernement a une grande part de responsabilité, plus précisément en raison de son « manque de transparence », son « manque de cohérence », et « les messages qui ont été contradictoires ».

On a beau arriver à Pâques, on avait l’impression de revenir à Noël 2020. Et ce n’était pas uniquement à cause de la neige abondante qui tombait hier sur le Québec.

Début décembre, le gouvernement avait annoncé un déconfinement de quatre journées pour les Fêtes. Puis quelques jours plus tard, il avait dû annuler cette pause.

« Incohérence » était le mot fétiche de l’opposition. Comme il l’est redevenu ces derniers temps.

Personne de cohérent

Le problème est que personne ne peut prétendre avoir été parfaitement cohérent depuis un an. Surtout pas les partis d’opposition.

François Legault le soulignait à son ancien parti hier : « Le 2 février dernier, le Parti québécois a demandé qu’on ouvre les gyms partout au Québec. Le 18 mars dernier, le Parti québécois a demandé que le Bas-Saint-Laurent passe en zone jaune. »

Il aurait pu rappeler aussi que chez les libéraux, Enrico Ciccone réclamait le déconfinement des sports dans les milieux scolaires. Pourtant un milieu où les éclosions étaient nombreuses.

Marwah Rizqy revenait fréquemment sur la nécessité que les élèves reviennent à l’école au secondaire.

Hier, cette parlementaire de choc a reproché au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge d’être absent du Salon bleu... Pourtant, ce dernier présidait un forum sur la réussite éducative qu’elle avait appelé de ses vœux. Et auquel elle allait participer en après-midi !

Le leader parlementaire Simon Jolin-Barrette en a poussé un cri d’orfraie totalement excessif et déplacé ; mais sur le fond, il y avait de quoi rager. D’autant plus que le règlement interdit de blâmer un élu pour son absence.

Bien sûr, lorsqu’ils réclamaient des déconfinements, les partis d’opposition multipliaient les idées pour les rendre sécuritaires : tests rapides, meilleure aération (cheval de bataille de Mme Rizqy et de Gabriel Nadeau-Dubois), etc.

Reste que le premier ministre n’a pas le monopole de « l’incohérence », des changements de cap. Il ne s’agit pas de l’excuser. Je fais partie de ceux qui trouvaient son déconfinement hâtif.

Il a sans doute commis des erreurs, mais la COVID-19 ne cesse de nous prendre par surprise. En plus, dans cette crise, les autorités doivent constamment redéfinir l’équilibre entre santé publique et santé mentale. Un dilemme qui tenaille aussi les partis d’opposition et les amène, eux aussi, à louvoyer.