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Pourquoi il faut remercier Amir Attaran

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En nous traînant dans la boue et en nous associant aux pires racistes des États-Unis, le professeur de l’université d’Ottawa contribue grandement à nous faire une sale réputation. Or, la majorité des Canadiens est restée silencieuse. Peu de citoyens nous ont défendus.

Amir Attaran ne doit pas être expulsé de son université. Nous devons l’instrumentaliser.

Car Amir Attaran, visiblement ravi de l’attention médiatique dont il profite, arrache le voile de protection derrière lequel se cachent les Canadiens anglais, qui n’en pensent pas moins que ce prof à notre sujet.

La preuve en est qu’une minorité de voix anglophones s’est fait entendre pour dénoncer l’énergumène. Et ceux qui l’ont fait, à commencer par le recteur lui-même, Jacques Frémont, sont avant tout des pleutres qui s’efforcent de sauver leur emploi. 

Sa fonction

C’est le recteur qui doit être jugé, voire démis de sa fonction. Certes, s’il dénonce aujourd’hui Attaran, c’est qu’il n’a pas la décence de le nommer. Comment peut-il demeurer à la tête de cette université bilingue où des professeurs francophones se retrouvent marqués au fer rouge par des collègues et des étudiants, qui partagent la vision du professeur insulteur ? 

Le recteur Frémont et tant d’autres comme lui se sont montrés sous leur vrai jour lorsqu’il s’agissait de juger la chargée de cours Lieutenant-Duval accusée par une étudiante racisée de l’avoir micro-agressée en utilisant le « mot en N » pendant son cours.

Continuez, professeur Attaran, à déblatérer contre les Québécois afin qu’ils abandonnent leur candeur et leur réflexe de s’autoflageller et qu’ils retrouvent un nouveau souffle pour s’indigner et, lâchons le mot, se révolter enfin. 

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Combat historique

Des enragés comme Attaran nous aident à dessiller nos yeux et à ne plus faire la sourde oreille aux injures dont nous sommes la cible. Il faut sortir de notre paralysie devant les attaques violentes que nous subissons depuis l’adoption de la loi 21 et l’annonce d’une réforme de la loi 101 à l’évidence déjà trop affaiblie.

Il faut avoir voyagé à travers le Canada pour saisir l’incommensurable indifférence à l’endroit du Québec français. Pour saisir par ailleurs chez les Néo-Canadiens une incompréhension devant le combat historique du Québec. Elle repose en partie sur une ignorance totale de l’histoire du Canada depuis sa découverte en 1534 par Jacques Cartier.

Les voix tonitruantes comme celle d’Attaran ne sont pas légion, mais elles réveillent les préjugés de tant de Canadiens à l’égard des Québécois, qui déparent leur beau Canada. Attaran joue le rôle de critique virulent qui nous décrit comme des « agités » qui brisent l’harmonie de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique. 

Fierté

La pandémie a le dos large. C’est pourquoi à ce jour les Québécois n’ont pas réagi autrement qu’en paroles. 

Mais l’électrochoc reçu d’Amir Attaran et la première réaction, en un sens la définitive, du recteur Jacques Frémont prenant fait et cause pour les woke, qui sont terrés dans son université, devront nous inciter à descendre dans la rue par des dizaines de milliers à la fin de la pandémie pour affirmer notre fierté d’être Québécois. Comme au temps passé où, toutes voix unies, nous clamions notre nationalisme progressiste ouvert sur le monde. 

À quand, un hymne québécois intitulé : Je me Souviens ?