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Éviter que la situation ne dégénère

Une spécialiste implore de rester vigilant pendant le congé pascal pour ne pas revivre une explosion de cas

Éviter que la situation ne dégénère
AFP

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Ce n’est pas le temps de baisser la garde pendant le congé de Pâques même si le bilan quotidien de la COVID-19 de samedi semblait encourageant au Québec, car le variant peut causer une explosion de cas en quelques jours, rappelle une spécialiste.

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« Avec le long congé, on ne sait pas encore comment les gens vont se comporter, s’inquiète Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Étant donné les statistiques de l’INSPQ [l’Institut national de santé publique du Québec] sur l’adhésion aux recommandations, qui a énormément chuté chez les jeunes, je crains qu’il y ait des rassemblements et qu’on reparte à la hausse. »

Samedi, même si le Québec rapportait une centaine de cas de moins que la veille – pour un total de 1282 nouvelles infections –, ça n’a pas été suffisant pour rassurer l’experte en santé publique. Elle rappelle qu’on ne peut calculer une tendance avec un seul jour. Le sombre bilan s’est aussi alourdi de trois décès dans les dernières 24 heures. Le Canada a d’ailleurs franchi le cap du million de malades depuis le début de la pandémie. 

« On l’a vu à Québec : le nombre de cas peut exploser rapidement avec les variants qui sont très contagieux, donc [...] il faut être très vigilant et prendre des précautions, martèle-t-elle. Personne n’est à l’abri. »

Jeunes aux soins intensifs

L’experte note d’ailleurs une présence plus accrue des jeunes aux soins intensifs depuis que les personnes âgées sont vaccinées. Jusqu’à présent, près de 1,5 million de Québécois ont déjà reçu la première dose d’un vaccin contre le virus, ce qui équivaut à 17,5 % de la population.

« On ne connaît pas encore très bien les facteurs de risque associés aux symptômes graves des variants [...] Mais quand un jeune se retrouve aux soins intensifs, il y reste encore plus longtemps, car il est plus résistant qu’une personne âgée », précise-t-elle. 

« Ces personnes sont de plus en plus jeunes et de plus en plus malades. On doit donc agir avant que nos hôpitaux se remplissent », a indiqué vendredi le premier ministre François Legault sur Facebook, en rappelant à la vigilance. 

Encore des amendes

Déjà en début de week-end, les policiers ont sévi dans plusieurs rassemblements dans Lanaudière, en Mauricie et à Lévis. 

« Honnêtement, ça me dépasse même que quelqu’un [...] organise un party quand il sait qu’il va inviter chez lui directement des gens qui sont à haut risque de contamination », regrette le Dr François Marquis, chef des soins intensifs à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Dans Lanaudière, plusieurs d’entre eux provenaient d’ailleurs de l’Ontario, où on dénombrait samedi plus de 6000 nouveaux cas en deux jours. 

Daniel Blier, de Tourisme Mont-Tremblant, note également que plusieurs Ontariens possèdent une résidence secondaire dans la région des Laurentides.

– Avec l’Agence QMI

5 choses à savoir sur le vaccin d’AstraZeneca  

Des effets secondaires graves liés à l’utilisation du vaccin AstraZeneca ont entraîné la mort d’au moins sept personnes au Royaume-Uni, sur les 18,1 millions de doses administrées. Soulevant un doute sur de potentiels risques, Québec a suspendu, lundi dernier, l’injection du vaccin pour les 55 ans et moins. Voici ce que l’on sait sur le vaccin AstraZeneca.  

1. Aidé par un autre virus

Ce vaccin a été mis au point par les chercheurs de l’université d’Oxford avec le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca. C’est un vaccin « à vecteur viral », c’est-à-dire qu’il prend comme support un autre virus (commun chez le chimpanzé) qui a été affaibli et génétiquement modifié pour empêcher le nouveau coronavirus de se répliquer dans l’organisme humain.  

2. Efficacité nébuleuse

Selon AstraZeneca, le vaccin est efficace à 70 %, contre plus de 90 % pour Pfizer/BioNTech et Moderna. Dans les premiers résultats publiés, des variations de l’efficacité selon le dosage, liées à une erreur, avaient toutefois semé le doute, poussant l’entreprise à mener des études supplémentaires. Son efficacité chez les plus de 65 ans a aussi été mise en doute en Europe, faute de données suffisantes, avant que des études se montrent rassurantes. Aux États-Unis, le groupe pharmaceutique a été critiqué pour avoir fourni des données « obsolètes » sur ses essais cliniques.  

3. Pratique et peu coûteux

Le vaccin a l’avantage d’être peu cher, soit environ 3,70 $ la dose, car le groupe suédo-britannique s’est engagé à ne pas faire de profits sur ce produit. Contrairement aux vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech, il est aussi facile à stocker puisqu’il peut être conservé à la température d’un réfrigérateur, soit entre 2 et 8 °C. Le vaccin a déjà été autorisé dans plus de 70 pays. 

4. Effets méconnus

Les suspicions montent sur de possibles effets secondaires graves chez des personnes vaccinées avec AstraZeneca. Elles sont toutefois rares après l’observation de cas de thromboses atypiques, c’est-à-dire la formation de caillots de sang qui bloquent la circulation dans les veines ou les artères. Des dizaines de cas ont déjà été recensés, dont plusieurs se sont soldés par un décès. Au Royaume-Uni, il y a eu 30 cas et sept décès sur un total de 18,1 millions de doses administrées au 24 mars. « Pour les gens en haut de 55 ans, le phénomène n’a pas été observé », a précisé précédemment le Dr Horacio Arruda.   

5. Des livraisons en retard

Le vaccin a été approuvé en premier, fin décembre, par le Royaume-Uni, qui en a commandé 100 millions de doses. Dans l’Union européenne, d’importants retards de livraison ont suscité de fortes critiques, alors que l’entreprise fournissait au Royaume-Uni le stock promis. La Commission européenne a décidé de placer sous haute surveillance les exportations de vaccins produits sur son sol afin d’empêcher la fuite vers d’autres pays.

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