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Comment parler de sexe avec son enfant en toute sécurité?

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À part mon conjoint et moi, notre petite famille compte deux enfants, une fillette de cinq ans et un garçon de trois ans.

Nous avons été bouleversés tous les deux de lire certains récits d’enfants abusés par leurs parents et leurs proches à l’occasion d’entrevues données par des intervenants(es) de la DPJ.

Ayant été éduqués dans des familles où le rapport à la sexualité était très différent, nous ne sommes pas enclins à voir les choses de la même façon et ça crée parfois des discussions enflammées. Comme il nous semble important de donner à nos petits amours le meilleur de nous-mêmes pour les préparer à faire face à la vie sans craindre pour eux et que notre façon d’aborder ce sujet délicat est différente, nous avons pensé faire appel à vous pour nous aider à trouver un juste milieu.

Mon mari penche pour une grande franchise et beaucoup d’ouverture en cette matière. Pour lui qui a vécu dans une famille où les tabous n’existaient pas et dont les parents n’avaient aucun scrupule à se montrer nus devant leurs enfants, ça semble aller de soi que plus vite on les éduque au respect du corps en rendant normale la nudité, mieux ils seront équipés pour voir venir les prédateurs.

De mon côté, je ne sens pas les choses de la même façon. Sans être pudibonds, mes parents étaient plutôt du genre réservé, et préféraient nous inciter à la prudence sur le plan de la sexualité, ma sœur et moi. N’ayant eu aucune autre figure masculine à la maison que notre père, c’était plutôt notre mère qui veillait à notre éducation sur ce plan, alors que chez mon mari, tout le monde, filles comme garçons, bénéficiait de la même ouverture.

Il a d’ailleurs fallu que je me fasse violence pour accepter que nos deux enfants prennent leur bain ensemble. Mais devant leur plaisir de s’amuser dans l’eau quand mon conjoint en avait la responsabilité, j’ai fini par céder, tout en continuant de me poser de nombreuses questions sur la pertinence d’agir de la sorte.

Parmi les questions que je me pose, c’est jusqu’à quel âge cela sera possible ? Et quels sont les signes indicateurs qu’on prend des risques à continuer de le faire ?

Une pour qui l’ouverture d’esprit a ses limites

Permettre ou pas le bain commun de nos enfants, en particulier s’ils sont de sexe opposé, est avant tout une question de code moral. Et ce sont les parents qui doivent trancher entre eux, dans la mesure où aucun des deux n’impose ses vues à l’autre. Ça doit se faire dans le cadre d’une discussion équilibrée. 

Pour vous répondre, je me baserai sur les consensus existants en psychologie. Car sur le plan sexuel, les sensibilités sont différentes d’une personne à l’autre, et rien de ce qui heurte quelqu’un ne doit être occulté au risque de le blesser.

Pour des enfants ayant plus de deux à trois ans, le bain en commun entre fille et garçon peut avoir lieu, à la condition que certaines règles soient respectées. Par exemple, il ne doit y avoir aucun contact physique entre les enfants ni aucun intérêt marqué de l’un d’eux envers les parties intimes de l’autre.

Parmi les indices dont les parents doivent tenir compte, il y a le besoin d’intimité manifesté par un enfant qui ne veut plus se montrer nu devant l’autre ou les autres. Chez les filles, ce besoin est généralement plus présent que chez les garçons et on doit le respecter. On suggère d’ailleurs aux parents d’être attentifs aux réactions de leurs enfants en ce qui a trait à un éventuel malaise avec ses organes génitaux ou ceux de son frère ou de sa sœur. C’est en général le meilleur indicateur qu’il faut cesser la pratique.