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Démystifier les fils à pêche

Campeau
Photo courtoisie Contrairement au passé, il existe une foule de fils performants pour les diverses techniques et applications qui vous permettront d’arriver plus facilement à vos fins pour déjouer les poissons visés.

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Il y a tellement de types de cordes dans les présentoirs des marchands qu’il peut être franchement difficile de s’y retrouver et de choisir le bon produit pour la bonne approche.

Lorsqu’on souhaite se procurer du fil, on doit analyser plusieurs facteurs comme le prix, la conception, les forces et les faiblesses, la couleur, les applications spécifiques, etc. Dans bien des cas, on se laisse guider par le conseiller de la boutique, car on ne sait pas vraiment quoi acheter.

Belle visite

Juste avant la pandémie, Alexis Sarrazin, le représentant des ventes de l’Agence David Brien, s’est rendu à Brisbane, en Californie, afin de visiter l’usine et les facilités de la compagnie G. Puccio & Sons Inc. qui fabrique les divers fils de la firme P-Line.

Alexis était fébrile à son retour. Il m’a raconté tout ce qu’il a vu et ce qui l’a impressionné. Voici un résumé de ce qu’il a appris sur ce domaine hautement spécialisé.

À la base

Les premiers fils destinés à capturer des poissons étaient très rudimentaires et peu performants. Le nylon s’est rapidement imposé dans cette industrie et dès la fin des années 1950, on a vu les premiers monofilaments faire leur apparition sur le marché. Au fil du temps, les ingénieurs ont développé différentes formules afin d’obtenir des cordes malléables, résistantes, avec peu de mémoire, etc. Les granules de nylon sont généralement chauffés à
275 degrés Celsius afin de rendre le tout visqueux et de le pousser dans un moule. Après cette opération, le fil sera passé à l’eau et étiré de quatre à sept fois avant d’être enroulé sur une bobine et envoyé dans les différents points de vente. Ce fil, qui découle de ce procédé d’élongation, propose encore une élasticité qui varie de 18 à 30 %, ce qui est critique pour les ferrages et la transmission des touches.  

Amélioration

Avec la demande grandissante des adeptes pour obtenir un produit plus performant, on a vu apparaître chez des manufacturiers comme P-Line des copolymères composés de deux types de nylon en synergie. Ils peuvent ainsi combiner deux brins qui se complémentent sur le plan des caractéristiques recherchées. Le résultat final génère une meilleure constance, une uniformité et une performance accrue.  

Des produits comme le CX Premium, le C-21, le PF Original, le CXX X-Tra Strong et autres du genre proposent 40 % moins d’élasticité que le mono et des charges de rupture très élevées. Une amélioration au plan de l’abrasion et de la force des nouages ainsi qu’une fluidité et une souplesse dans les lancers sont également notables. Ce qui est étonnant, c’est qu’aux dires du producteur, ils maintiennent toutes leurs caractéristiques même lors des combats les plus longs et les plus difficiles. N’ayant pas de mémoire, ils sont tout indiqués pour les lancers légers et lourds.

Le site internet FishUSA.com, qui vend de nombreuses sortes de fils, vante les mérites du copolymère en disant ce qui suit (traduction libre) : « Ces nouveaux fils étirent moins que le monofilament, ils n’absorbent pas l’eau et sont plus résistants à l’abrasion que le fluorocarbone. De plus en plus d’amateurs les apprécient à cause de leur mémoire quasi inexistante, de leur facilité à transmettre les touches, de leur petit diamètre et de leur force accrue. Il s’agit d’une corde performante pour la plupart des techniques et approches ».

Invisible

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les premiers fils fabriqués de polyfluorure de vinylidène, communément appelé fluorocarbone, datent de 1971. Il aura fallu plus de 25 ans pour mettre ce produit vraiment à point.

Je me souviens, dans les années 1990, avoir rempli un moulinet avec un prototype de ce fil. Dès que j’ai ouvert l’anse de panier, le fil, qui était tellement raide et prêt à reprendre sa position originale, s’est complètement vidé de la bobine. Il n’arrêtait pas de se dérouler, jusqu’aux trois quarts de sa capacité.

De nos jours, l’extrusion des meilleurs cristaux de fluorocarbone japonais assure un excellent maintien au niveau des nœuds et la plus haute charge de rupture. Le fluorocarbone possède un indice de réfraction de lumière semblable à celui de l’eau, soit de 1,33, tandis que celui du nylon est de 1,50. Lorsqu’il est immergé, il devient carrément invisible. Plus les cristaux sont purs et les technologies d’extrusion avancées, plus le fluorocarbone disparaît dans la colonne d’eau.

À titre de détenteurs de permis, nous devons connaître et respecter les diverses lois qui régissent notre activité de prélèvement préférée.
Photo courtoisie
À titre de détenteurs de permis, nous devons connaître et respecter les diverses lois qui régissent notre activité de prélèvement préférée.

À l’ère moderne, des fils tels le P-Line Fluorocarbon, le Shinsei, le Tactical Fluorocarbon, etc., proposent une combinaison parfaite entre force, élasticité et durée. Le résultat final est représenté par un produit de petit calibre qui encaisse tous les chocs et qui est doté de tous les attributs nécessaires pour générer une structure moléculaire très compacte n’absorbant pas l’eau, idéale pour les bas de ligne conventionnels et les approches subtiles en eaux translucides.

Étant trois fois plus dense que le mono, le fluo transmet beaucoup plus facilement les touches et les transitions. Ce dernier coule lorsqu’il est dans l’eau. Il n’est donc pas recommandé pour façonner des bas de ligne à la mouche avec des sèches.

Amalgame

Ce qui a le plus émerveillé M. Sarrazin lors de sa visite, c’est le concept hybride qui propose le meilleur des deux mondes. Il semblerait que P-Line a été un pionnier dans ce domaine en jumelant les performances du copolymère et un enduit invisible de fluo. Le produit final occasionne une absorption moindre à l’eau, une coriacité accrue face à l’abrasion, et ce, tout en conservant une élasticité minimale. Les Floroclear, CX Premium, Floroice, etc., sont moins dispendieux que les purs fluos et ils se marient bien aux bobines des lancers légers.

Il y a même un procédé qui se nomme Co-Fluoride, une extrusion des meilleurs matériaux. Le Halo, par exemple, maximise force, sensibilité, facilité de lancers, petit diamètre et invisibilité.

Alexis les recommande vivement pour la confection de bas de ligne.

L’ultime

En 1987, la compagnie Dutch State Mines inventa un fil multibrins en polyéthylène composé d’une matière qu’on appelait Spectra aux États-Unis et Dyneema en Europe.

Comme la majorité des adeptes le savent, les super fils, aussi appelés fils tressés, proposent un facteur d’élongation quasiment nul, ce qui favorise les ferrages et la détection des touches et des transitions. Leur petit diamètre permet aux leurres de plonger plus profondément et de mieux danser au rythme des saccades imposées. Les lancers se font plus facilement et sur une plus longue distance. 

Parmi les récentes innovations, M. Sarrazin me racontait que le TCB 8, acronyme pour Teflon Coated Braid, était enduit de téflon. Le processus de tressage extrêmement serré et compact des huit tresses combiné au revêtement ultra-lisse proposent une friction quasi nulle, ce qui élimine tout bruit durant les lancers et les batailles.

Le pêcheur soucieux utilisera ce produit en conjonction avec un bas de ligne de 90 à 150 cm beaucoup moins visible que le X Braid.

Législation: Saviez-vous que... ? 

Nul n’est censé ignorer la loi. Les amateurs doivent donc prendre quelques minutes à l’occasion pour relire le guide des principales règles de pêche sportive au Québec. Bien que la grande majorité d’entre nous respecte scrupuleusement toutes les règles établies, il serait malheureux d’en enfreindre une par manque de connaissances. Voici 10 points de loi que j’ai trouvés sur le site du ministère qui seraient bons à connaître ou à se rappeler.  

  • À moins d’avis contraire, si vous devez nettoyer et vider vos prises directement sur votre emplacement de pêche, sachez qu’il est permis de jeter les viscères dans le plan d’eau à la condition que ce ne soit pas dans le but d’attirer d’autres poissons. 
  • Il est interdit de laisser ou de déposer des déchets issus de poissons ou d’animaux marins sur la rive, la grève ou le bord d’un plan d’eau. 
  • Dans tous plans d’eau, y compris les marais, les plaines d’inondation et les marécages, vous ne devez en aucun cas circuler à gué avec un véhicule motorisé. Cette règle est également interdite le long d’une rive ou d’un littoral. 
  • Vous devez utiliser une seule ligne à la fois (sauf l’hiver) et la garder sous votre surveillance constante et immédiate. Vous ne devez donc pas utiliser simultanément une canne à pêche et une canne à mouche. 
  • Généralement, dans tous les plans d’eau, lorsque tout genre de pêche à la ligne est permis (y compris la pêche à la mouche) votre ligne ne peut avoir plus de trois hameçons. 
  • Il est interdit de pêcher et de garder un poisson pris à l’aide d’hameçons ou de crochets manipulés intentionnellement de façon à accrocher ou à percer toute partie du poisson sauf dans le cas où le poisson prend l’hameçon dans sa bouche. 
  • Il est défendu de laisser se gâter un poisson propre à la consommation humaine qu’on a pris et gardé. 
  • Il est interdit de vendre, d’acheter, de troquer ou d’offrir d’acheter des achigans, des aloses, des anguilles d’Amérique, des bars rayés, des bars blancs, des barbottes, des barbues de rivière, des carpes, des chevaliers cuivrés, des chevaliers de rivière, des crapets, des esturgeons, des grands brochets, des brochets maillés, des dorés, des éperlans, des lottes, des mariganes noires, des maskinongés, des perchaudes, des ombles, des ouananiches, des saumons atlantiques, des tanches, des touladis, des truites arc-en-ciel, des truites brunes, des poissons-appâts capturés à la pêche sportive et des saumons atlantiques provenant du milieu naturel, qu’ils aient été pêchés au Québec ou ailleurs en vertu d’un permis de pêche sportive. 
  • Vous ne pouvez pas avoir en votre possession un engin de pêche à moins de 100 m d’un plan d’eau où l’utilisation de cet équipement est interdite. Des conditions particulières peuvent s’appliquer si vous pêchez sur un plan d’eau réservé à la mouche. 
  • La pêche de nuit est autorisée, sauf dans une rivière à saumon, où il est interdit de pêcher à partir d’une heure après le coucher du soleil jusqu’à une heure avant le lever du soleil.