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Ducharme: gagner le respect

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Photo AFP Dominique Ducharme n’a pas mis trop de temps à gagner le respect de ses joueurs.

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Jake Allen a résumé en quelques phrases pourquoi les joueurs du Canadien ne se laissent pas intimider par la diversité, pourquoi, lors des deux derniers matchs, tout a baigné dans l’huile.

« Nous avons confiance en nos moyens. Nous avons de la profondeur, nous formons un groupe uni. J’ai évolué pour des équipes bien nanties, j’ai connu différentes situations, et cette formation possède des ressources importantes. Nous avions un système et l’arrivée de Dom (Dominique Ducharme) nous a permis justement de peaufiner notre façon de jouer. Ce sont maintenant des passes de cinq ou dix pieds et non pas des tentatives de passes de 50 à 60 pieds. »

Une analyse intéressante.

C’est aussi la détermination qui anime chacun des joueurs et qui fait en sorte que l’adversaire a de la difficulté à trouver l’espace requis pour bien manœuvrer. Au cours des deux derniers matchs, on a épié un groupe travaillant avec intensité, chacun des membres de l’équipe connaissant son rôle, sachant très bien comment se comporter sur la patinoire, comment réagir selon les situations.  

En d’autres mots, tout en se gardant une petite gêne, parce que le Canadien n’a disputé que deux matchs de cette épuisante fin de calendrier, il a démontré qu’il était d’attaque pour relever le défi.

Et que l’impact que Dominique Ducharme et son groupe exercent dans la préparation et dans l’enseignement a de quoi réjouir Marc Bergevin et les décideurs de l’organisation qui, à la fin de février, modifiaient la structure opérationnelle de la formation en remplaçant Claude Julien par Ducharme.

Un système modifié

« Il faut du temps pour s’acclimater à un système modifié, ajoutait Allen, après le match, ça fait un mois qu’on s’y attarde et on s’en va dans la bonne direction. »

Ducharme a gagné rapidement le respect des joueurs. Personne ne doutait de son talent de leader, mais encore fallait-il obtenir, dans un premier temps, l’attention des patineurs et confirmer leur appui sur la surface de jeu.

Il y aura des soirs où rien ne fonctionne. Au cours d’une longue saison, il y a toujours des obstacles à contourner. Parfois, ça peut prendre un certain temps, d’autre fois, les actions rapides des entraîneurs à fournir des solutions peuvent avoir des effets bénéfiques.

Le message de Ducharme à la reprise des activités a été clair et précis. « On ne regarde pas derrière nous, on regarde en avant de nous ». Le Canadien est dans une position particulière et surtout dans une position intéressante, et pourquoi pas, dans une position enviable.

On met toujours beaucoup l’accent sur les matchs de plus à disputer. Mais, c’est encore plus important quand on a des matchs « en mains » et qu’on devance la compétition par six points. On est en contrôle de son destin. 

Le dernier sprint

Ça ne fait aucun doute que les joueurs du Canadien ont amorcé ce dernier sprint avec conviction. Le travail effectué pendant la période d’inactivité donne de bons résultats. L’entraîneur dispose maintenant de plusieurs options avec un vétéran comme Eric Staal qui se joindra à l’équipe demain. Avec Tyler Toffoli qui devrait revenir éventuellement.

Également, avec un groupe qui a démontré de la discipline et beaucoup d’entrain. Et cette compétition à l’intérieur même du groupe s’est rapidement manifestée avec les performances étonnantes de Paul Byron et de Artturi Lehkonen.

Jake Evans, qui devrait céder son poste à Staal, a disputé un match sans bavure, y allant même de prouesses en attaque en affichant une confiance désarmante. Il a simplement laissé comme message : « Si vous voulez me sortir de la formation, je suis prêt à me battre ».

Ducharme a créé une nouvelle atmosphère dans le vestiaire et sur la surface de jeu. Il connaît mieux son personnel, il a confié des responsabilités à tout un chacun. Maintenant, son plan doit être exécuté comme il se doit.

Et, lors des deux derniers matchs, et même avant l’arrêt des activités, l’entraîneur constate que les joueurs se plaisent dans le système basé sur l’attaque et sur l’implication dans les trois zones.

Le Canadien sera soumis à un défi de taille au cours de la prochaine semaine. Lundi, à Edmonton, mercredi à Toronto, jeudi et samedi à Winnipeg. Edmonton s’amènera à Montréal après deux jours de repos, Winnipeg aura disputé son dernier match à domicile mardi. Donc trois matchs en quatre soirs, quatre matchs en six soirs.

Il faut de la profondeur, dit-on ? 

Vendeur ou acheteur ? 

De prime abord, on croyait que les Predators de Nashville seraient des vendeurs très sollicités par la compétition. Mais voilà que les Predators, contre toute attente, avec six joueurs sur la liste des blessés, dont Filip Forsberg, peuvent obtenir un laissez-passer pour le tournoi de fin de saison.

Que faire ?

On s’attendait à ce que les Kings de Los Angeles, les Sharks de San Jose, les Coyotes de l’Arizona soient des équipes prêtes à afficher dans la vitrine quelques joueurs, mais ces trois équipes ont toujours l’espoir de terminer au quatrième rang de la division Ouest.

Que faire ?

Avez-vous pensé un instant que les Blues de Saint-Louis se retrouveraient dans une situation précaire, deux ans après la conquête de la coupe Stanley ?

Et, dans l’Est, la marmite bout à Boston. Les Bruins ont encore un coussin de trois points sur les Flyers et les Rangers et deux et trois matchs respectivement de plus à disputer. Mais on ne pensait jamais que la perspective de rater les séries éliminatoires meublerait les discussions chez les décideurs des Bruins.

Dans la division Centrale, c’est acquis ou presque pour Tampa Bay, la Caroline et la Floride, mais, comme je vous le précisais, ce sera une lutte intéressante pour Nashville, Chicago et Columbus. Et il ne faut pas oublier les Stars de Dallas, toujours dans le décor.

La période des transactions invitera donc à la réflexion pour plusieurs équipes. Certains directeurs généraux changeront sûrement le modèle d’affaires dans les prochains jours.

Et Marc Bergevin ?

Il faut toujours le garder à l’œil.