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Victime du délestage de chirurgies, il est enfin opéré après un an d’attente

Âgé de 14 ans, Christophe Paré souhaite que son expérience encourage d’autres personnes à ne pas désespérer

GEN - CHRISTOPHE PARÉ 14 ANS
Photo Martin Alarie Atteint de la maladie de Legg-Calvé-Perthes, une affection infantile qui s’attaque aux hanches, Christophe Paré a enfin pu être opéré le 17 mars dernier.

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Après près d’un an d’attente, Christophe Paré peut reprendre une vie presque normale et recommencer à rêver de sport. Victime du délestage de chirurgies, l’adolescent de 14 ans a enfin pu subir l’opération de remplacement de ses hanches malades, qui le faisaient tant souffrir.

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La liste des Québécois qui doivent patienter dans l’espoir de passer sous le bistouri ne cesse de s’allonger, atteignant maintenant 148 218 personnes.

Le jeune de l’Assomption, dont le témoignage a ému le Québec en janvier dernier, était jusqu’à tout récemment au nombre des victimes collatérales de la COVID-19.

GEN - CHRISTOPHE PARÉ 14 ANS
Photo courtoisie, Isabelle Melançon

Mais l’appel tant attendu est finalement arrivé. Atteint de la maladie de Legg-Calvé-Perthes, une affection infantile qui s’attaque aux hanches, Christophe a subi une opération le 17 mars dernier. La douleur qui l’accablait au point où il avait de la difficulté à marcher a enfin disparu.

«Ça va super bien, j’ai repris des forces et j’ai repris de l’énergie! lance-t-il, tout sourire, en entrevue avec Le Journal. Depuis mon opération, je n’ai plus aucune douleur.»

En classe bientôt

L’opération s’est bien déroulée, même s’il a dû rester plus longtemps que prévu à l’hôpital, car il avait perdu beaucoup de sang. 

Depuis, les progrès sont visibles de jour en jour. Il doit encore se déplacer avec une marchette sur de plus longues distances, mais il prévoit retourner suivre ses cours en classe d’ici un mois. Et le grand gaillard de 6 pieds 9 pouces rêve de pouvoir reprendre le sport dès cet été.

«Juste d’espérer de pouvoir recommencer, de redevenir une personne qui peut courir rapidement ou de pouvoir faire du sport, mais au plus haut niveau de mes capacités, c’est ça, mon objectif. De pouvoir faire du baseball à un haut niveau, et du basketball à un haut niveau aussi», dit-il.

«Gardez espoir»

Il souhaite que son expérience puisse encourager d’autres personnes, jeunes et moins jeunes, à ne pas désespérer. «Gardez espoir [...] ça va arriver un jour ! dit-il. C’est sûr que c’est long attendre, ne pas savoir, pas avoir une date, mais quand ça arrive, c’est une des meilleures choses au monde.»

Et Christophe a lui aussi eu des périodes de découragement. Quand il a vu arriver la seconde vague de l’épidémie à l’automne dernier, le moral était au plus bas, se souvient sa mère, la députée libérale Isabelle Melançon. «[Il] m’a dit : je suis foutu.»

La députée de Verdun se remémore avec émotion le moment où l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a téléphoné à la maison, quelques semaines après la publication du cri du cœur de Christophe dans les pages du Journal.

«Ils l’ont passé en pédiatrie, comme Christophe a moins de 18 ans, dit-elle. Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ose croire que c’était rendu son tour. Est-ce qu’il y a des gens qui ont vu ça et qui ont dit : oups, ça n’a pas de bon sens ? [...] Je ne sais pas.»

Nouvelles prothèses dans 40 ans

Mme Melançon a eu de nombreux témoignages d’autres parents d’adolescents qui se sont fait opérer eux aussi dans les dernières semaines et qui tenaient à remercier son fils.

«Des gens du privé» l’ont également contactée pour lui offrir une « contre-expertise » en vue d’une chirurgie pour Christophe. «C’était 52 400 $, je crois.» Mais elle n’a pas eu à faire ce choix puisque l’appel de l’hôpital est finalement arrivé.

Évidemment, comme il a été opéré très jeune et que ses hanches de remplacement ne sont pas éternelles, l’adolescent aura éventuellement besoin d’une autre chirurgie. 

«À un moment donné, les prothèses arriveront à leur âge final. C’est 40 ans. Mais c’est dans longtemps!» Christophe préfère se concentrer sur les prochains mois.  

En chiffres  

  • Québécois en attente d’une chirurgie : 148 218 
  • Patients en attente d’une chirurgie depuis plus d’un an : 18 864 
  • Niveau d’activités en chirurgie pour l’ensemble du Québec du 30 janvier au 27 février 2021 : 78 %  

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux