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La lourde solitude de François Legault

Quebec
Photo Stevens LeBlanc François Legault

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On peut le décrier, et certains ne s’en privent guère. Il demeure très populaire après un an de pandémie, mais la crise l’a vacciné contre toute vanité. Et le doute l’habite désormais en permanence.

Comme tous les dirigeants politiques du monde, il est démuni devant la puissance du virus de la COVID-19.

Le fonctionnement de nos démocraties est altéré, car les partis d’opposition ne peuvent jouer véritablement leur rôle sans y perdre au change.

À Québec, on a assisté à quelques dérapages. Manon Massé a dû s’empresser de déclarer qu’elle n’avait pas approuvé un message sur son compte Facebook et Twitter qui mettait directement en cause le premier ministre : « La pandémie, ce n’est pas une excuse pour laisser mourir les femmes, M. Legault ». Cette référence odieuse aux féminicides fut une bavure de taille. 

Manque de jugement

Paul St-Pierre Plamondon du PQ, dont on constate parfois le manque d’expérience et de jugement politique, a affirmé pour sa part : « Il y en a eu des ratés, et ils ont eu des conséquences en termes de vies humaines ». Autrement dit, le premier ministre devrait être personnellement responsable de la mort de patients. 

Quant à la cheffe libérale, Dominique Anglade, elle s’est acharnée, non sans une agressivité mal contrôlée, à dénoncer le gouvernement Legault qui jouerait au yo-yo avec le moral de la population. Comme si toutes les décisions de confinement et déconfinement, qui plongent les citoyens dans l’insécurité psychologique et limitent bien sûr leur liberté, avaient pour but non pas de protéger des gens contre la COVID, mais plutôt de les accabler sans raison. 

Qui peut sérieusement affirmer que le Québec dirigé par le PLQ avec à sa tête Dominique Anglade serait plus cohérent et plus prévoyant dans ses décisions que le gouvernement Legault ? 

Qui souhaiterait que Québec solidaire soit à la tête du Québec, en pandémie ou pas ? C’est un parti qui est déchiré entre son extrême gauche woke et sa gauche actuelle. Et qui imagine que le PQ, même dans sa nouvelle mouture, est en mesure de gouverner le Québec ? 

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Retenue

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale doivent faire profil bas en ces temps si assombris. À leur décharge, il faut reconnaître que la plupart des députés n’ont pas dérapé et, inquiets comme toute la population, ils ont fait preuve de retenue. 

Dans cette troisième vague, qui s’annonce redoutable et même catastrophique, les chefs d’État et les gouvernements ne sont enviables nulle part. 

Le premier ministre Legault doit faire face à une situation qui requiert une force, une autorité, une gravité, un sens aigu du sacrifice personnel et une capacité à reconnaître rapidement ses erreurs.

Si on observe les dirigeants actuels de divers pays d’Europe, on doit admettre que François Legault fait très bonne figure. N’oublions pas qu’il ne contrôle pas l’essentiel, à savoir l’approvisionnement en vaccins, ce qui est la responsabilité de Justin Trudeau. M. Legault, enfermé dans une solitude lourde de conséquences, doit décider en son âme et conscience, jour après jour, ce que sera notre sort. Imagine-t-on la pression à laquelle il est soumis ? Si on le compare à tous les premiers ministres au Canada, il est celui qui mérite respect et admiration.