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Les irresponsables que la police a oubliés

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les porteurs conscients de la COVID-19 représentent la menace suprême et ne sont pas punis.

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En écoutant certains récits d’éclosions et en interrogeant des directeurs de santé publique, on découvre qu’il y a de vrais irresponsables. Des gens qui ont des symptômes de la COVID, ou pire, des gens qui ont un test positif et qui continuent à se promener dans le public. 

La loi prévoit des sanctions pour le non-respect de la directive d’isolement émise par la Santé publique dans le cas d’un test positif de la COVID-19. Sauf que, sur le terrain, le suivi n’est pas fait et les contraventions ne sont pas données. 

Pourtant, les policiers sont très actifs à faire appliquer les directives de la Santé publique. Pensons aux rassemblements : des milliers de contraventions ont été distribuées à des gens qui tenaient des rassemblements illégaux. 

Amendes sévères

Dans certains cas, les amendes très élevées de 1500 $ et plus assommaient des jeunes aux moyens financiers bien limités. Même chose pour le non-respect du couvre-feu. Les contraventions sont aussi salées et elles ont été distribuées en grand nombre. 

Ces contraventions se justifient si l’on accepte le principe qu’une loi est faite pour être respectée. Mais avouons qu’elles sont très sévères à l’échelle des autres amendes, par exemple celles prévues au Code de la route. 

On a aussi fait grand cas des gens de retour de voyage. Eux aussi doivent respecter une quarantaine. La gestion trop laxiste de cette quarantaine a été l’objet de nombreux débats. Depuis quelques semaines, le gouvernement Trudeau en a resserré la gestion sous la pression des provinces et de l’opinion publique.

Ce qu’on reproche à tous ces gens qui contreviennent aux directives, c’est de prendre un risque avec la santé collective. Ils pourraient être des porteurs asymptomatiques de la COVID et la propager. Pour éviter ce risque, on punit.

Dangers publics

Or, avouons que ces risques sont incomparables à l’étourderie de sortir dans le public lorsqu’on se sait porteur du virus. Dans ce cas, on parle d’un risque énorme, d’une quasi-certitude de transmettre le virus. Et personne n’intervient. C’est difficilement justifiable.

Le comportement irresponsable d’un propagateur conscient peut avoir des conséquences énormes. Il peut envoyer des gens à l’hôpital. Dans un cas extrême, il pourrait causer un ou des décès. 

Les propagations qui s’enchaînent pourront occasionner des éclosions en entreprises. Imaginez les coûts. Elles pourraient causer des fermetures de classes à l’école. Elles pourraient déclencher des éclosions majeures qui perturberont la vie de toute une ville ou une région. Le coût humain et économique est terrible.

Mais le geste est sans conséquence. Le père qui est allé chercher son enfant à la garderie alors qu’il avait reçu son diagnostic de la COVID n’a eu aucune sanction. Le surlendemain, la police de Saguenay donnait des contraventions à des ados réunis dans un stationnement.

Faute de sanctions de la part des autorités, je suppose que la responsabilité revient aux citoyens. Convainquez quiconque dans votre entourage aurait des symptômes d’aller se faire tester et de s’isoler en cas de test positif. C’est assez dur, il ne faut pas faire exprès...