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Album-surprise: les chansons rejetées des Cowboys Fringants contre-attaquent

Les Cowboys Fringants
Photo courtoisie

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Au cours de leurs vingt-cinq ans de carrière, Les Cowboys Fringants ont rejeté plusieurs chansons lors de l’enregistrement de leurs albums. Regroupées sur Les nuits de Repentigny, l’album-surprise que le groupe a lancé au début du mois de mars, une vingtaine de laissées-pour-compte, prouvent à leurs créateurs qu’elles ne méritaient pas de croupir dans le fond d’un tiroir. 

La réaction unanime du public et des médias le confirme : la contre-attaque des rejets est une réussite.

Il aura simplement fallu la COVID-19 pour qu’elles aient droit à la vie, révèle le principal compositeur et parolier du groupe, Jean-François Pauzé, lors d’un entretien Zoom que le Journal a réalisé avec les Cowboys, il y a quelques jours.

« Je m’ennuyais un peu au printemps (2020) alors j’ai fait quelques petites capsules pour les réseaux sociaux des Cowboys qui s’intitulaient Les retailles de disques, des chansons qui ont été coupées de nos disques au fil des ans. L’impact a été bon. Nous avons donc décidé d’aller les enregistrer pour nous amuser. C’était surtout un prétexte pour se retrouver parce que ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vus. Nous avons loué un studio dans le nord où on a passé une semaine. C’est un album sans prétention. »

Les mauvais choix ?

La recette du succès des Nuits de Repentigny réside dans une légèreté qui se traduit par un humour de tous les instants. Celui-ci sert autant à raconter un sensationnel party de cégep (Épique Éric) qu’à décrire le quotidien de personnages pathétiques (Le p’tit Tommy, Le long d’la 20, Fille de club). Dans le mélange, on retrouve quelques ballades mélancoliques typiquement cowboysiennes, comme la seule véritable nouvelle chanson de l’album, Sous-sol.

Tout cela nous mène à la question qui tue. Le groupe a-t-il fait les mauvais choix quand il a rejeté ces titres à l’époque ?

« Dans une autre entrevue, un journaliste a réalisé que six des chansons avaient été rejetées de l’album Que du vent et il en a conclu que si on les avait prises, l’album aurait été bon », répond le compositeur Jean-François Pauzé, sous les éclats de rire de Marie-Annick Lépine.

« C’est vrai, dit-elle en saisissant la balle au bond, que c’est notre album qui a un peu moins marché. Peut-être que des fois, on faisait des mauvais choix, mais en même temps, quand une chanson est retranchée, on n’a souvent même pas pris la peine de la travailler. Une chanson comme En business, on ne pouvait pas s’attendre qu’elle soit aussi bonne une fois qu’on l’a travaillée ensemble. De plus, même s’il y a des chansons des années 1990 et début 2000, l’album se tient parce que ce sont les Cowboys d’aujourd’hui qui l’ont enregistré avec la même réalisation, les mêmes preneurs de son. Graseille n’aurait pas sonné de même, il y a 23 ans. Ni La Louisiane. »

Partie de plaisir

Le constat suivant, énoncé par le bassiste Jérôme Dupras, est une évidence à l’écoute de cette ode aux nuits de leur coin de pays : l’enregistrement de ces chansons en pleine pandémie, l’été dernier, a été une partie de plaisir pour le quatuor.

« Il a fait du bien à faire parce qu’il était sans pression, il n’avait pas de date attendue. Revisiter des pièces qu’on n’avait pas jouées depuis plus de vingt ans, ça faisait remonter des souvenirs et des anecdotes », dit le musicien en constatant que l’album se pointe à un moment de la pandémie qui demande cette bouffée d’air frais.

« Autant L’Amérique pleure était à propos au début de cette aventure collective, maintenant je pense que Les nuits de Repentigny arrive à point nommé parce qu’on a besoin de se changer les idées et d’espérer un printemps plus léger. »

Concours de popularité

Notre conversation avec Les Cowboys Fringants a tourné plusieurs fois à la rigolade, mais jamais plus que lorsque le groupe a souligné son choix de produire quatre pochettes différentes pour l’album, chacune d’entre elles mettant en valeur un membre de la formation grimé en star de l’époque d’Elvis.

« La grande question qu’on se pose, c’est qui va être le moins populaire. C’est un test », lance Jérôme Dupras.

« J’ai hâte de voir les chiffres », lui répond Jean-François Pauzé pendant que tout le groupe se taquine joyeusement. 


L’album Les nuits de Repentigny est disponible en ligne et sur CD. L’édition vinyle sortira le 23 avril.
L’Amérique pleure – le film prend l’affiche au cinéma le 9 avril.