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Ma vie en films: Colm Feore, le cinéma dans la peau

Ma vie en films: Colm Feore, le cinéma dans la peau
PHOTO COURTOISIE/micro_scope

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Il est au générique de productions d’importance, qu’il s’agisse des «Chroniques de Riddick», du cultissime «Bon Cop, Bad Cop», de «Thor» ou de «Mon année Salinger», disponible en VSD. Colm Feore est un acteur polymorphe qui a toujours navigué entre le cinéma hollywoodien et celui de chez nous. Avec sa verve et son humour habituels, il nous entraîne dans son univers cinématographique. 

Colm, quel est votre premier souvenir d'une salle de cinéma?

Mon grand-père a été gérant du cinéma Métropole, à Dublin, en Irlande. À sa retraite, il y remplaçait les employés qui partaient en vacances. Mes parents, irlandais, m’envoyaient là-bas pour les vacances d’été. Des fois, j’allais au travail avec lui. Et là, il me plaçait dans la salle du projecteur. J’ai vu des films de Clint Eastwood, des grands westerns en mangeant des chocolats. Ce n’est pas «Cinema Paradiso», mais c’était une relation intime avec la machine qui projetait les images. Je devais avoir 12 ou 13 ans. Quelques étés après, j’étais dans un petit village en Irlande avec mes cousins, on allait au cinéma et là, c’était encore du Clint Eastwood. J’ai vu «De l'or pour les braves». [...] En travaillant pour monsieur Eastwood dans «L'Échange», je lui ai dit qu’il avait fait partie de mes premiers contacts avec le cinéma.

Avez-vous su très jeune que vous vouliez être acteur?

Non, pas du tout! J’étais au primaire à Windsor, en français. Et on m’a demandé de faire partie d’une pièce de théâtre. Je ne voulais pas, mais j’ai accepté. J’ai recommencé au secondaire. À la fin de mon secondaire, l’un de mes profs m’a dit que je pourrais en faire une carrière. Mes parents voulaient que j’aille à l’université pour faire quelque chose d’important. Comédien, c’était ridicule. Surtout que mon père était médecin. Il voulait que je travaille pour le gouvernement, pour le FBI, puisque je suis né à Boston, ou pour la GRC puisque nous habitions devant un détachement. [...] Vous savez, je suis devenu canadien pour «Trudeau», la télésérie de Radio-Canada, parce que je me suis dit qu’un Américain ne pouvait pas l’incarner.

Votre premier film marquant?

Mon père, un Irlandais qui envoyait ses enfants à l’école française... imaginez... mon père nous emmenait à l’Ontario Film Club de Windsor. Un soir, nous avons vu «Le souffle au cœur» de Louis Malle. C’est un film extraordinaire. Il y a un moment où l’adolescent couche avec sa mère, jouée par Lea Massari. Mon père est devenu blanc et m’a dit de ne jamais parler de ça à ma mère.

Y a-t-il des films que vous avez voulu montrer à vos enfants?

Oh oui! Après qu’ils aient refusé de voir «Thirty Two Short Films About Glenn Gould» [qui m’a demandé deux ans de sacrifices], nous avons commencé par «Laurence d’Arabie». Puis «Le parrain», «Chinatown», «Le souffle au coeur», puis les films de Jacques Tati.

Un film qui vous a traumatisé, enfant?

Je ne sais pas quel âge j’avais et j’ai d’ailleurs eu le plaisir de travailler avec lui à plusieurs reprises. Il s’agit de Donald Sutherland dans «Ne vous retournez pas». Et encore aujourd’hui, dès que je vois un imperméable rouge, j’ai des frissons. Ça n’a aucun sens!

Votre premier «kick» au grand écran?

J’ai honte... À l’époque, je finissais le secondaire. J’ai emmené ma copine de l’époque voir «Rocky». J’avais mémorisé les dialogues, les gestes, tout. J’y croyais! Quand je suis arrivé à mon premier cours d’improvisation, je me suis lancé dans une imitation de Sylvester Stallone. Pour un Irlando-Canadien, il n’y a rien de plus stupide que de vouloir incarner un boxer italo-américain. Mais il y avait quelque chose dans ce mythe de l’«outsider» qui se hisse au sommet.