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Après trois reports, ce couple se mariera «coûte que coûte» en s'adaptant à la pandémie

Un couple de Montréalais a trouvé une formule adaptée à la pandémie de COVID

L'industrie du mariage en arrache
Photo Pierre-Paul Poulin Mélanie Couture et Robert Montour dans leur maison, à Montréal, la semaine dernière. Le couple prépare son mariage depuis presque trois ans.

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Trois ans de préparation et trois reports plus tard, Mélanie Couture et Robert Montour vont finalement se marier « coûte que coûte » en septembre prochain. 

Comme pour plus de 10 000 autres couples québécois, la pandémie a contrecarré leur plan de se marier en 2020. 

« C’est comme une roue sans fin, ça fait trois fois qu’on reporte la date », lance la femme de 43 ans au bout du fil.

D’abord prévu en mai 2020, le mariage a été reporté à septembre de la même année, puis au printemps 2021 et finalement au 26 septembre prochain. 

« C’est la dernière fois qu’on reporte, on se marie no matter what, on va trouver une manière de le faire », s’exclame la future mariée. 

Cette manière, ce sera une formule un peu différente de celle qu’ils avaient en tête : une série de sous-groupes afin « de voir tout notre monde », soit environ 80 invités, sans devenir un facteur de contamination. 

« On va faire la cérémonie à 10 h avec un petit groupe restreint et on va la diffuser sur internet pour l’ensemble de nos invités. Ensuite, on va accueillir tout le monde par petits groupes avec une pause de 30 minutes entre chacun afin de nettoyer la salle », détaille-t-elle. 

Avec la vaccination qui va bon train, « on se dit que peut-être, en septembre, les groupes un peu plus gros seront permis et qu’on pourra le faire en deux ou trois groupes ». 

De longues fiançailles

Mélanie appelle sa formule le « mariage de jour brunch-dîner-souper ». L’avantage est évidemment qu’elle permet de passer du temps de qualité avec tous les invités. L’inconvénient est que ça se rapproche plus du marathon que de la fête ! 

« Ça va être demandant pour nous, mais c’est une bonne solution. C’est déjà énergivore de gérer ça au jour le jour, ça enlève un peu le côté magique de l’événement, alors on va être contents d’arriver au jour du mariage », résume Mélanie, le sourire dans la voix. 

Entre le moment où elle a dit oui à son amoureux et le jour du mariage, il se sera donc écoulé presque trois ans. Comme ils sont ensemble depuis 10 ans, « tous nos amis trouvent que se sont les plus longues fiançailles ever », rigole-t-elle.

Côté organisation, ils l’ont « quand même eu facile » quand Mélanie compare avec « les histoires d’horreur » qu’elle a pu lire sur les différents forums spécialisés en mariage, consultés au fil des reports. 

Masques fournis

Leur budget était pour ainsi dire déjà dépensé quand la pandémie a frappé, les fournisseurs étaient déjà payés. 

« On a été chanceux, on n’a payé aucune prime COVID, tout le monde a été super accommodant », explique-t-elle. 

L’investissement de quelque 15 000 $ dans l’événement est resté le même. 

Sauf peut-être pour les masques, que Mélanie, qui en a vendu plus de 30 000 depuis l’apparition du virus via son entreprise Bubulle et Jujube, va fournir aux invités. 

« Je vais mettre un logo dessus avec 2020 barré et 2021 en dessous ! » s’amuse-t-elle. Un petit clin d’œil au chemin parcouru. 

L’industrie en plein jour de la marmotte  

Après une année 2020 complètement rayée de la carte, la saison des mariages qui devrait s’ouvrir ces jours-ci ne sera guère meilleure pour l’industrie. 

Si l’organisatrice de mariages Mélanie Aubin, de l’entreprise Foudamour, a vu tous ses mandats s’envoler en l’espace de quelques jours en mars 2020, on parle cette année d’une baisse de 80 %. 

« C’est un peu le jour de la marmotte », dit-elle. Ses premiers événements auront lieu en août, avec quelques autres en septembre, octobre et novembre. Pour la grosse saison estivale, « c’est mort », reconnaît-elle en ajoutant que « l’année 2022 va ressembler à trois saisons de mariage en une ». 

C’est aussi ce que prévoit Hellosafe, un service de comparateur de polices d’assurance qui a récemment pondu un état des lieux de l’industrie du mariage. 

Des pertes importantes 

Les pertes pour l’industrie ont été de 247 millions $ en 2020, estime l’entreprise, qui s’appuie sur des données de l’Institut de la statistique du Québec et de Desjardins. Cette chute s’explique bien sûr par la réduction de moitié des mariages l’an dernier : de 22 700 en moyenne pour 2010-2019 à 11 350 en 2020. 

Ce qui fait que 2022 sera « l’année de tous les possibles pour l’industrie », avec quelque 32 000 mariages pour des retombées de 769 millions, prévoit-on. 

D’ici là, Mélanie Aubin continuera d’offrir une solution de rechange, qu’elle a conçue au début de la pandémie : une formule clé en main pour mariage intime. 

Il s’agit de mariages de 10 personnes qui durent 2 heures et qui incluent une cérémonie de 30 minutes, un cocktail et une séance photo.