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Pandémie: cessons de jouer au yoyo

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Point de presse du premier ministre du Québec, François Legault, avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, et le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

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On va me lancer des tomates. M’en fous.

Je m’étonne toujours de cette tendance de tant de Québécois à s’imaginer que le Québec serait une sorte d’île au milieu de l’océan, où nous serions épargnés de ce qui se passe ailleurs dans le monde.  

Pourtant, s’il y avait une chose sur laquelle tous les experts s’entendaient était qu’une 3e vague était inévitable et qu’elle serait plus contagieuse que les deux précédentes. 

Or, il y a exactement 12 jours, François Legault lui-même se réjouissait que le Québec « résiste » à la 3e vague.

Prévisible

Sur quoi pouvait-il se baser pour s’imaginer que nous ne serions pas, tôt plutôt que tard, rattrapés par la réalité ? Il suffisait de regarder ce qui se passait ailleurs dans le monde.

Depuis l’an dernier, le Québec finit inévitablement par se retrouver dans la même situation que les autres pays.

Pourtant, pendant que cette inévitable 3e vague s’approchait, le gouvernement multipliait les mesures de déconfinement.

Maintenant, la contamination est repartie « en fusée », disait Horacio Arruda. S’il est étonné, c’est à désespérer.

Il est écrit dans le ciel qu’il va falloir faire marche arrière et presque tout refermer, comme le recommande la majorité des experts.

Même l’Allemagne, peut-être le grand pays le mieux organisé au monde, revient en arrière et referme massivement.

Plus aucune personne sérieuse ne vante la Suède, dont les autorités admettent leurs erreurs et imitent maintenant les autres.

Jusqu’ici, l’approche du gouvernement du Québec a été la suivante : dès que les cas montent, on ferme, dès que les cas baissent, on ouvre, donc les cas remontent, donc on referme.

Comment ne pas trouver que nous sommes traités un peu comme des yoyo ?

Je comprends le gouvernement, jusqu’à un certain point, de vouloir donner un peu d’oxygène à une population excédée.

Mais je m’interroge sur cet empressement à rouvrir à la moindre accalmie. 

C’est faire le lit d’une remontée rapide des cas... qui force à tout refermer peu de temps après.

Le dépit, la colère, la déception, l’incompréhension sont alors à la hauteur de l’espoir semé.

Le danger est que les gens ne s’y retrouvent plus ou décident d’obéir de moins en moins.

Le danger est aussi que nos dirigeants y laissent ce qu’ils ont de plus précieux en temps de crise : leur crédibilité.

Legault, Dubé et Arruda font de plus en plus penser à des entraîneurs de hockey qui ne savent plus trop quoi dire à leurs joueurs après une 18e défaite consécutive.

Autrement

Il y aura toujours des crétins chimiquement purs, fiers d’eux. Rien à faire si ce n’est de leur coller des amendes salées.

Mais s’il fallait que les gens raisonnables jusqu’ici jettent la serviette, on serait dans le gros trouble.

Et si on changeait d’approche ? 

Et si, au lieu de faire une chose et son contraire, puis de recommencer le mois suivant, ce qui joue sur les nerfs de tout le monde, on attendait que la vaccination soit très avancée avant de rouvrir pour de bon ?