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Pourquoi cibler les retraités?

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Mon mari et moi avons quitté le Québec pour la Floride en décembre dernier et nous en sommes revenus en mars. Tous les ans, depuis 20 ans, nous effectuons le même périple pour nous retrouver entre amis afin de passer un hiver plus douillet que celui que nous aurions au Québec. On peut se payer ça parce qu’on a ménagé sur pas mal de choses pendant nos années de travail. 

Mais ça, personne ne veut l’entendre. On nous considère comme des privilégiés maintenant que les efforts sont faits. Mais toutes les années à ramer comme des malades pour élever notre famille tout en mettant de l’argent de côté, ça ne compte plus dans la balance. Cette année encore moins que jamais puisqu’on a été étiqueté comme des abuseurs du système pour avoir choisi d’aller vers le sud malgré toutes les consignes visant à nous garder ici.

Dites-moi donc qui n’aurait pas envie d’aller vers le soleil quand le thermomètre ici ne dépasse pas 0 entre les mois de novembre et mars ? Cette année en plus, on nous a brandi la COVID de Floride pour nous empêcher de partir. Mais personne ne nous avait vanté la possibilité de nous faire vacciner pour nous immuniser quasiment dès notre arrivée, comme ce fut notre cas, parce que probablement ça mettrait de l’avant l’incompétence du Québec dans la lutte au virus.

Ça s’appelle, selon certains, avoir le beurre et l’argent du beurre, et ça fait un tas de jaloux. La preuve en est, tout ce qu’on a pu dire sur nous depuis des mois dans les journaux du Québec. Et quand on ose se plaindre de la quarantaine à 2000 $ dans les hôtels au retour, on se fait traiter de « pourris à l’os ». J’aimais mon peuple, mais je ne l’aime plus, c’est-tu clair ! 

Snowbird en colère

Sans vouloir poser de jugement de valeur sur votre décision, je vous recommanderais de prendre quelques minutes pour respirer par le nez et pour vous mettre à la place de ceux et celles qui ont choisi de respecter les directives gouvernementales de santé publique avant de leur sauter dessus.

Je m’abstiendrai d’émettre quelque opinion sur votre décision, mais je signale en passant que pour quiconque a choisi de respecter les directives, celle-ci va à l’encontre du bien commun. N’était-il pas normal de vous attendre à essuyer certains commentaires négatifs au retour ? 

La situation que vous vivez mérite-t-elle que vous méprisiez vos congénères pour autant ? Surtout que les avantages que vous avez tirés de votre décision de partir dépassent les désavantages encourus ? En ce qui concerne les 2000 dollars de frais d’hôtel au retour, ne représentent-ils pas un moindre mal pour avoir consciemment outrepassé des règles qui s’appliquaient à tous ?