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Préserver l’art traditionnel de la ceinture fléchée

Préserver l’art traditionnel de la ceinture fléchée
Simon Dessureault / AGENCE QMI

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Une famille de Lanaudière continue de faire rayonner l’art et le patrimoine de la ceinture fléchée pour garder vivante cette tradition commencée à la fin des années 1700 au Québec. 

Johanne Renaud et son fils Jean-Marie Bélanger préparent actuellement l’exposition Les années de gloire du Fléché dans Lanaudière, qui se tiendra à compter du 25 juin à La Maison du Fléché Bélanger, à Sainte-Marcelline-de-Kildare.

Un répertoire de 18 familles qui ont confectionné des ceintures fléchées dans la région sera présenté avec des photos anciennes recueillies par feu Pierre Bélanger, maître-artisan de la ceinture fléchée, à qui Mme Renaud a été mariée durant 20 ans.

L’art du fléché a été une des premières industries familiales de la région de Lanaudière. Vers 1820, comme beaucoup de gens en confectionnaient à Saint-Jacques et à Sainte-Marie-Salomé et comme elle avait un comptoir de fourrure dans la région, à L’Assomption, la Compagnie de la Baie d’Hudson avait décidé d’utiliser des ceintures fléchées comme monnaie d’échange pour acheter des peaux de castor. L’initiative a participé à renforcer l’aura autour de la ceinture fléchée dite de L’Assomption, dont les exemplaires d’époque sont chéris par les experts et les collectionneurs.

Traditionnellement, la ceinture fléchée était utilisée pour soutenir les «reins» des voyageurs ou elles servaient à transporter de lourds ballots. Mais aussi, grâce à l’imperméabilisation des fibres, à la tension solide du matériel et à un tissage serré, les voyageurs, dans leurs canots, pouvaient se servir de leur ceinture pour recueillir de l’eau et la boire en en repliant une portion en forme de tasse.

Le fléché est une technique de tressage aux doigts. L'artisan(e) n'utilise aucun instrument contrairement à celui s'adonnant au tissage. Pas de métier à tisser, seulement des doigts qui font des mouvements avec des fils de laine retordus au rouet – suivant un patron décidé à l’avance – grâce à une technique très précise qui a été développée ici.

Confectionner une ceinture fléchée peut prendre jusqu’à 700 heures, si on compte la cueillette des plantes servant à préparer les couleurs, la teinture de la laine, la préparation de la laine au rouet, l’ourdissage et la confection, incluant le vrillage des franges.

La ceinture fléchée, considérée comme un élément des costumes traditionnels canadien-français, québécois et métis et historiquement associée à la traite des fourrures, a été déclarée patrimoine immatériel par le ministère de la Culture du Québec en 2016.