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Une seconde chance pour les lapins abandonnés

Une seconde chance pour les lapins abandonnés
Photo Didier Debusschère

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Animal domestique plus populaire que jamais, le lapin est aussi victime d’un grand nombre d’abandons, situation qui risque d’empirer après la pandémie, s’inquiète leur ange gardien, Nancy Lachance, fondatrice du refuge Adoption lapins sans abri. 

On a beaucoup parlé des chiens et des chats, qui font l’objet d’un nombre record d’adoptions. À l’approche de Pâques, l’occasion est tout indiquée pour se pencher aussi sur le cas des lapins. 

C’est que trop de gens offrent encore un lapin vivant en cadeau pour cette occasion... pour les abandonner quelques semaines plus tard.

Plus encore cette année, à cause de la COVID-19, les gens sont plus portés à adopter parce qu’ils se sentent seuls. « Mais il faut faire attention de s’assurer d’abord qu’un lapin peut convenir », avise Nancy Lachance, dont le refuge reconnu est basé à Québec. 

Ange gardien

Cette avocate de Québec et amoureuse des animaux a constaté, il y a une quinzaine d’années, à quel point ces petites bêtes se retrouvaient souvent en situation précaire après un abandon. À l’écurie où s’entraînait sa fille, la propriétaire avait la bonté d’en recueillir, mais dans des conditions plutôt précaires. 

« J’ai réalisé qu’il n’y avait rien pour eux, que ça faisait pitié, et je me suis mise à m’intéresser à cet animal méconnu et qui n’avait pas de place où aller. Je me suis dit qu’un jour j’aurais un refuge pour eux. »

La famille a acheté une écurie à Sainte-Catherine de la Jacques-Cartier, où pendant plusieurs années, ALSA a recueilli des lapins dans le but de leur donner une seconde chance, dans une nouvelle famille. Des ententes ont été conclues avec des cliniques vétérinaires, lesquelles se sont renouvelées au fil du temps.

Depuis 2012, le refuge fonctionne plutôt avec un réseau de familles d’accueil où les lapins, qu’on retrouve sur la page Facebook d’ALSA, peuvent être évalués et placés en adoption dans le foyer qui convient le mieux. 

Chaque année, le refuge recueille pas moins de 300 lapins, et doit malheureusement en refuser le triple, rapporte Mme Lachance.

Après avoir tenu l’affaire à bout de bras depuis près de 15 ans, l’avocate de profession peut maintenant compter, depuis six mois, sur l’appui de cinq bénévoles. 

Bon à savoir

Comme tout animal, le lapin implique un investissement de temps et d’argent que les futurs adoptants négligent trop souvent de prendre en considération. Quiconque s’intéresse à ces petites boules de poil constatera rapidement à quel point il s’agit d’un animal attachant, souligne leur ange gardien. 

Mme Lachance rappelle qu’un lapin n’est pas un animal de compagnie pour un enfant, car il est fragile et n’aime pas être pris dans les bras. Il cause aussi souvent des allergies.

L’adoption d’un lapin implique par ailleurs l’aménagement d’un grand enclos : un lapin ne vit pas dans une cage. Il doit pouvoir courir, bouger et sauter à sa guise.

C’est aussi un engagement de huit à 12 ans. Puis, la stérilisation vers l’âge de six mois est nécessaire pour éviter de multiples problèmes de comportement et certains cancers. Cela représente un coût de 250 à 450 $, en plus de tous les frais liés aux soins et à la nourriture, à base de foin et de légumes. 

Il sera d’ailleurs obligatoire, dès le 1er janvier à Québec, de faire stériliser les lapins, tout comme les chats. « On a fait beaucoup de représentations en ce sens, souligne Mme Lachance, alors ç’a été une belle victoire pour nous. »