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Vague d’amour pour les restos de Québec: la demande pour les commandes à emporter explose

Vague de solidarité pour les restos
Photo Dominique Lelièvre La grande salle à manger de Chez Rioux & Pettigrew était métamorphosée hier pour la préparation de 350 boîtes-repas commandées par la clientèle pour le congé pascal. Sur la photo, les propriétaires Valentine Lavoie-Bel, Stéphane Grenon et Dominic Jacques.

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Après le choc de la fermeture précipitée des salles à manger, des restaurateurs de Québec font face à une véritable vague de solidarité venant de leur clientèle, car ils sont débordés de commandes à emporter.

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Plusieurs restaurants avaient de la broue dans le toupet, hier, pour préparer des centaines de boîtes-repas en prévision du congé pascal.

« Depuis qu’on a fermé, les gens appellent pour commander des boîtes, commander des repas. Ça n’arrête jamais de sonner ! » lance Charles-Antoine Authier, copropriétaire du Montego.

Charles-Antoine Authier, copropriétaire du restaurant Montego, s’estime privilégié pour l’appui monstre venu de sa clientèle.
Photo Dominique Lelièvre
Charles-Antoine Authier, copropriétaire du restaurant Montego, s’estime privilégié pour l’appui monstre venu de sa clientèle.

L’arrêt des salles à manger pour une troisième fois, avec un préavis aussi court, a causé une énorme déception, mais, en peu de temps, son équipe s’est retroussé les manches pour affiner en un temps record son menu de boîtes à emporter.

Pas moins de 700 ensembles de mets à déguster à la maison ont trouvé preneur.

Limiter les pertes

« On avait déjà des boîtes à vendre pour la fin de semaine, parce qu’on avait tout de même continué le take-out. On a augmenté la quantité de boîtes et on a fait des boîtes différentes pour vider le stock de cuisine qu’on avait commandé pour Pâques », raconte le jeune gestionnaire, qui pense que le pire des pertes alimentaires pourra être évité.

Une vingtaine d’employés, dont Noémie et Frédéric, s’activaient dans
les cuisines hier.
Photo Dominique Lelièvre
Une vingtaine d’employés, dont Noémie et Frédéric, s’activaient dans les cuisines hier.

Dans le Vieux-Port, Chez Rioux & Pettigrew a dû faire une croix sur environ 400 clients qui étaient attendus pour les différents services de brunch et en soirée jusqu’à lundi.

L’établissement a pu s’appuyer sur son expertise dans les boîtes-repas développée tôt dans la pandémie. Il n’avait jamais cessé d’en vendre, ce qui lui a permis de rebondir rapidement cette semaine.

« En 1 h 45, on a vendu 300 boîtes-déjeuners. Ça sonne, ça appelle, ça n’arrête pas. [...] On aurait pu en vendre 1000, mais à un moment donné, il faut livrer de la qualité », dit le copropriétaire, Stéphane Grenon.

Rassurés

« Les gens ont répondu à l’appel. On s’est revirés de bord extrêmement rapidement, en moins de 12 heures », souligne de son côté Pascal Bussières, copropriétaire du Battuto, qui reconnaît que l’appui de la population fait chaud au cœur.

« Ça nous rassure. On voit que la clientèle est là et veut nous appuyer. Le mouvement de solidarité nous aide beaucoup », dit-il.

Au Montego, M. Authier s’estime choyé et craint que d’autres membres de l’industrie, plus petits ou moins organisés pour les repas à emporter, vivent des difficultés.

« On incite les gens à encourager leurs restaurateurs, pas juste nous. Nous, ça va bien, notre clientèle est là et on est contents qu’elle soit là [...] [mais] ce n’est pas juste nous qui devons nous en sortir, il faut que tout le monde s’en sorte », affirme-t-il.  

Des stationnements pour faciliter le take-out  

Sur des artères commerciales, comme ici la rue Saint-Joseph, des espaces de stationnement sont gratuits pour 15 minutes.
Photo Stevens LeBlanc
Sur des artères commerciales, comme ici la rue Saint-Joseph, des espaces de stationnement sont gratuits pour 15 minutes.

Coup de pouce simple, mais apprécié par les commerçants, l’offre de stationnements gratuits pour la clientèle des artères commerciales qui va récupérer un plat à emporter vient d’être bonifiée.

La Ville de Québec avait déployé ces espaces limités à 15 minutes en réponse au passage en zone rouge en octobre dernier, pour aider les restaurateurs qui ne pouvaient offrir que le service à emporter.

Même après le bref déconfinement de mars, les associations commerçantes ont majoritairement fait savoir à la Ville qu’elles voulaient maintenir cette mesure.

Jeudi, l’administration municipale a confirmé que les espaces actuellement implantés étaient conservés et que ceux qui avaient été démantelés pendant la période en zone orange seraient remis en place rapidement.

Environ 90 espaces de ce type sont offerts et sont répartis dans les principales artères commerciales, à proximité des restaurants.

Un geste apprécié

« C’est un accès qui est très facilitant pour la clientèle. [...] On voit que la Ville essaie d’apporter le plus de facilité pour nos commerçants et on l’apprécie beaucoup. On prend tout ce qui passe », affirme François Lebel, président de la SDC Saint-Roch.

Selon lui, ces places répondent également à un problème causé par les politiques « rigides » de certains services numériques de livraison de plats cuisinés, dont les chauffeurs sont portés à annuler la course s’ils ont du mal à se stationner.

Bref, tant les clients que les livreurs y trouvent leur compte, et l’on évite aux restaurateurs l’angoisse des assiettes préparées pour rien.

De son côté, le directeur général de la SDC Maguire, Bruno Salvail, signale que ces zones de stationnement peuvent aussi être utilisées par les clients des autres marchands qui offrent la cueillette en bordure de rue.

« On espère que ça aura des répercussions positives pour le week-end et les semaines à venir », ajoute-t-il, invitant à encourager aussi les boutiques locales.

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