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J’aurais tellement aimé participer aux Jeux olympiques

0729-Gingras
Photo d'archives

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La carrière de boxeuse professionnelle a permis à Marie-Ève Dicaire de connaître des sommets. Découvrons ensemble la vie d’une jeune femme qui a vécu tellement de beaux moments dans sa jeunesse à Saint-Eustache. 

Laissons de côté sa carrière professionnelle et voyageons dans le temps afin de suivre le cheminement de sa vie qui l’a conduite vers un championnat du monde.

Pourquoi considères-tu ta mère comme une femme exceptionnelle ?

Je serai toujours reconnaissante envers elle. Ma mère, Pierrette, est monoparentale. Malgré son travail, elle trouvait une façon pour que je puisse réaliser mes objectifs de jeunesse.

Tu m’as dit que ta grand-mère, Rolande, t’a beaucoup appuyée.

Grand-maman était la chauffeuse désignée qui me permettait d’assister à mes pratiques et de jouer mes matchs.

Quelle était ta musique favorite dans ta jeunesse ?

Sans même hésiter, le groupe des BB. 

Quelle était ta première voiture ?

Je conduisais une Honda Civic 1998 avec laquelle j’ai parcouru jusqu’à 250 000 km.

As-tu pratiqué plusieurs sports dans ta jeunesse ?

J’ai joué au hockey, jusqu’au niveau midget avec les gars ; au baseball, au volleyball ; et, depuis l’âge de 6 ans, j’ai fait beaucoup de karaté. 

Quel était ton premier secteur d’activité au travail ?

Je travaillais chez Canadian Tire sous la gouverne de Martin Lemay et Benoit Ducharme dans le rayon des électroménagers.

Étais-tu une partisane du Canadien ?

J’étais une partisane inconditionnelle. À l’âge de 8 ans, j’allais voir le Canadien au vieux Forum. Le prix des billets debout était abordable. Mais, à 8 ans, je n’étais pas trop grande.

As-tu trouvé une solution ?

Je transportais un petit banc dans mes bras afin que je puisse me mettre debout derrière le paravent pour voir les matchs de hockey. 

Pourquoi Patrick Roy est-il devenu ton idole de jeunesse ? 

C’est un gagnant ! Lors de mon entraînement pour un combat de boxe à Québec, j’ai pu rencontrer mon idole lors d’une mise au jeu protocolaire d’un match des Remparts dirigés par Patrick Roy.

Quel était ton rêve de jeunesse ?

Je voulais tellement participer aux Jeux olympiques, mais la discipline du karaté ne faisait pas partie des jeux. À l’âge de 24 ans, je me suis orientée vers le monde de la boxe amateur. Tout allait bien, jusqu’à un jour fatal à l’entraînement qui a changé ma vie.

Fais-tu allusion à ta commotion cérébrale ? 

Mon monde a changé rapidement. J’avais perdu la majorité de mes repères physiques. Mes entraîneurs Stéphane Harnois, Samuel Décarie-Drolet, Jean-François Gaudreau et Marc-André Wilson ont travaillé très fort pour m’assurer de retrouver une meilleure qualité de vie.

Aurais-tu cru pouvoir faire un retour à la boxe ?

Non. Mais la confiance, le travail et les encouragements de mes entraîneurs m’ont permis de remonter dans un ring de boxe. 

La chanson Let’s Get It On de Marvin Gaye est-elle une source d’inspiration ?

Lors de mes entraînements, les gens sont exaspérés d’entendre Let’s Get It On. Pour les taquiner, c’est la musique qui joue à mon entrée avant un combat.

As-tu un rituel avec ta mère ?

Lors de ma descente vers le ring juste avant que je tourne le dernier coin, elle s’approche pour toucher à mes gants. Ensuite, elle se dirige vers les toilettes, car c’est trop difficile pour elle de me voir absorber des coups de poing. 

Lors de ton dernier combat au Michigan, a-t-elle pu garder le rituel ?

Elle a regardé le combat à la télé de la maison. Elle s’imaginait en train de toucher mes gants pour ensuite se diriger vers les toilettes. 

Qui sont tes meilleures amies ?

À l’école, ma meilleure amie était Véronique Plouffe. Maintenant, c’est Annie Tessier, qui m’accompagne dans toutes les facettes de ma vie. 

Étais-tu une passionnée du karaté ?

Oui. J’étudiais en technique policière, mais, finalement, je suis devenue propriétaire d’un dojo (Karaté Sunfuki) que j’ai dû vendre à cause de ma carrière à la boxe. 

Parfois, retournes-tu à ton ancienne école de karaté ?

Oui. Kyoshi Pierre Saulnier entraîne toujours des jeunes qui ont une chance de participer aux Olympiques. Quelles belles retrouvailles, car plusieurs de ses élèves ont commencé avec moi alors qu’ils avaient à peine 4 ans ! 

Aimes-tu les films de karaté ?

Mon favori, c’est Miss Karaté Kid, car c’est une fille qui livre des combats. D’ailleurs, j’ai tellement aimé les films des Tortues Ninja que j’ai nommé mon chien Mike en hommage à la Tortue Ninja Michelangelo. 

Avoir reçu la Médaille de l’Assemblée nationale, est-ce une fierté pour toi ?

Sans aucun doute que la Médaille de l’Assemblée nationale est une grande fierté pour moi. Cependant, j’espère que cette reconnaissance incitera les jeunes femmes à croire en elles-mêmes. 

Aimes-tu cuisiner un repas en particulier ? 

Je commence par faire rôtir des bananes dans la poêle. J’y ajoute du gruau et du beurre d’arachide en terminant avec une couche de blanc d’œuf. Je vais t’inviter à la maison pour y goûter.

Merci pour l’invitation, mais je crois que mon agenda est rempli pour les 10 prochaines années.