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La loi 101 au cégep?

Devanture Collège Dawson
Photo d'archives, Ben Pelosse Le plus grand cégep anglophone du Québec, le Collège Dawson, situé au centre-ville de Montréal.

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On ose espérer que la troisième vague ne retardera pas le dépôt en avril de la nouvelle Charte de la langue française tant promise par le gouvernement Legault.

On parlera d’exemplarité de l’État, de francisation des entreprises et des immigrants, de freins à la bilinguisation systématique. 

Tant mieux. Mais il faudra aussi, un jour, parler de notre devoir collectif envers cette langue que nous disons vouloir protéger.

Une bilinguisation artificielle

L’Office québécois de la langue française nous apprenait cette semaine que la moitié des francophones (68 % sur l’île de Montréal) utilisent l’anglais ou une autre langue au travail. 

Quelles raisons invoque-t-on ? Le service à la clientèle au Québec et le fait que les collègues préfèrent utiliser l’anglais !

Morale de l’histoire : le français recule parce que les francophones le laissent reculer.

À force de blâmer l’immigration et l’impérialisme de l’anglais sur nos vies, on a oublié de se regarder dans le miroir. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Le mythe du cégep

Légiférer sur un changement de mentalité qui a cédé depuis des années à cette douce érosion n’est pas chose facile.

S’il y a un domaine où la réponse aurait dû être simple, c’est sur la question du cégep.

On a beau entretenir, au Québec, le mythe voulant que le cégep s’inscrive dans le cadre des études supérieures, partout ailleurs dans le monde ces deux années d’études s’inscrivent dans le prolongement des études secondaires.

Il n’y a aucune raison pour laquelle les obligations de la loi 101 ne s’y étendraient pas.

La branche professionnelle ? Pourquoi devenir infirmière, travailleuse sociale, technicien en imagerie médicale ou en technologies de l’information en anglais ? Pour travailler en anglais ? Bingo !

Finalement, la résistance à cette avenue dans l’opinion publique francophone confirme ce mauvais réflexe de rejeter sur les autres la responsabilité de protéger le français. 

Le cégep français ne suffit pas. Mais il mettrait fin au mythe selon lequel pour s’ouvrir sur le monde, trouver un emploi et entrer à McGill ou à Concordia, il est nécessaire d’avoir étudié en anglais avant l’âge de 18 ans.

Il permettrait aussi d’aider à sceller le passage à l’âge adulte en français au Québec.

Ce serait également un signal fort contre le poids démesuré des institutions d’enseignement anglophones campées au centre-ville de Montréal.

D’ailleurs pourquoi celles-ci ne se verraient-elles pas sinon obligées, du moins fortement encouragées à imposer au minimum un cours de français à leurs étudiants ?

Mais ça, c’est pour une autre chronique...