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La réforme de la loi 101 devra être à la hauteur

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C’est une constante au Québec, la question du français est brûlante. Tellement brûlante, que certains gouvernements, par le passé, n’ont pas osé s’y coller ; de peur de s’y brûler ? Peut-être. Avec une certaine indifférence ? Sans doute. Quoi qu’il en soit, le gouvernement de François Legault a promis d’ouvrir la Charte de la langue française afin de la muscler davantage ce printemps.

Si l’on ne peut que saluer l’initiative du gouvernement d’ouvrir le chantier de la langue, il est essentiel de saisir l’étendue et l’importance de la tâche. La question du français n’est pas qu’une question linguistique, c’est le socle de l’identité nationale québécoise. 

La tâche du gouvernement n’est pas simplement une tâche linguistique ; elle revêt la plus haute importance pour ce que deviendra le Québec de demain et risque de devenir, outre la gestion de la pandémie, une marque du niveau de succès du gouvernement. Les livres d’histoire, qui, inévitablement, restent à être écrits, y verront la suite de la loi 101. 

Sur des épaules de géant 

En ouvrant à nouveau la loi 101, le gouvernement Legault se lie indirectement avec l’héritage de René Lévesque et de Camille Laurin, espérons qu’il sache s’en montrer digne. Le ministre Jolin-Barrette, qui est visiblement l’homme de confiance du gouvernement, devra marquer un grand coup pour la protection de la langue.

La législation qu’il va présenter à l’Assemblée nationale, et donc, qui deviendra la nouvelle forme de la loi 101, doit être réfléchie comme le gage et l’outil de la permanence de la langue française au Québec. La réforme doit devenir la version actualisée de ce que fut la loi 101 en 1977. Si elle ne l’est pas, elle passera à l’histoire comme étant une occasion manquée. 

Le monde de demain, en français

Le mardi 16 mars dernier, une initiative de lettre adressée au gouvernement, publiée dans les pages du Journal et rédigée par des membres actifs du Mouvement des jeunes souverainistes, a recueilli près de 800 signatures, dont celle de l’auteur de cette lettre. On peut y lire une phrase pleine de sens : « La langue constitue non seulement les racines de notre peuple, mais aussi son avenir. »  

Voici ce que doit clairement comprendre le gouvernement : la langue de demain doit être le français, le Québec de demain doit être français. 

La lettre de tous ces jeunes n’est pas banale : elle rappelle qu’une jeunesse militante extrêmement active est attachée à sa langue nationale, et la défendra. 

Le contenu de la réforme de la loi 101 ne pourra pas apporter qu’une accommodation ni des demi-mesures. La réforme de la loi 101 devra avoir comme effet d’agir avec hauteur de vue historique. 

Elle devra prendre en compte les efforts des ancêtres pour continuer de parler la langue. Elle devra prendre en compte le désir et la nécessité du peuple québécois de vivre en français. Elle devra être à la hauteur, alors que tous les yeux se poseront sur elle, afin de paver la voie à la suite d’un Québec français. Non pas pour demain ni dans 20 ans, mais pour dans 100 ans. 

Photo courtoisie

Félix Ouellet

Étudiant au baccalauréat en histoire à l’Université de Montréal

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