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Réflexions sur l’hyperconsommation

Mylène Gilbert-Dumas
Photo courtoisie, Mathieu Rivard L'écrivaine, Mylène Gilbert-Dumas

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Endettement perpétuel ? Sentiment d’être dans une course au bonheur ? Jamais le temps de prendre le temps ? L’écrivaine Mylène Gilbert-Dumas, adepte de la simplicité volontaire, propose une réflexion sur l’argent, le temps, la liberté et le bonheur dans un essai très pertinent par les temps qui courent, Trop c’est comme pas assez.

Se basant sur sa propre expérience et sur plusieurs travaux de recherche, Mylène Gilbert-Dumas invite ses lecteurs à revoir leurs habitudes quotidiennes et à remettre en question leur rapport à la consommation. Son défi : effectuer un virage en douceur vers une décroissance individuelle.

Avec une bonne dose d’humour et beaucoup d’empathie, elle se confie sur ce qui l’a elle-même poussée à réduire son train de vie, il y a plusieurs années, pour retrouver sa liberté personnelle et financière et réaliser ses rêves les plus chers.

<strong><em>Trop c’est comme pas assez</em><br>Mylène Gilbert-Dumas</strong><br>Les Éditions de l’Homme<br>168 pages
Photo courtoisie
Trop c’est comme pas assez
Mylène Gilbert-Dumas

Les Éditions de l’Homme
168 pages

« Le livre a été écrit avant la COVID... c’est assez surréaliste. Il ne pouvait pas mieux tomber parce qu’il y a toute une réflexion sur l’argent dedans. En ce moment, les gens vont faire des choix au niveau financier pour ne pas se remettre dans le trouble. Quand le confinement est arrivé, j’ai plein d’amis qui n’avaient pas une cenne de côté », observe-t-elle.

Le grand virage

La pandémie a entraîné des changements sur plusieurs plans et la révision de certaines habitudes de vie et de consommation. « Je l’ai fait, ce virage. Je voulais être écrivaine. Quand j’étais prof à temps plein, je courais tout le temps et je n’avais jamais une cenne parce que les dépenses allaient à la mesure de mon salaire. »

« J’arrivais à la fin du mois et il ne restait jamais rien. J’étais tout le temps fatiguée et je me couchais le soir avec la conviction que je menais la même vie que tout le monde. Mais ce n’est pas ça que je voulais. Je voulais être écrivaine », partage Mylène, qui a enseigné au secondaire pendant 12 ans.

La maladie et la mort prématurée de son ami Wilfrid l’ont fait sortir de ce chemin tracé d’avance. « Il m’avait dit : si tu attends de prendre ta retraite pour réaliser ton projet, tu ne sais pas dans quel état tu vas t’y rendre ni même si tu vas t’y rendre. Je n’avais jamais pensé à ça. Ça a été un gros choc. »

Elle raconte dans le livre le processus par lequel elle est passée pour changer de vie. « Ça demande de la discipline, c’est certain. Je me suis mise à lire sur le bonheur, sur la consommation, sur les choix. Faire des choix, ça gruge de l’énergie. Finalement, on a beaucoup de choix et on n’est pas plus heureux. »

L’exemple du Yukon

Mylène Gilbert-Dumas fait aussi remarquer qu’elle a vécu au Yukon, et que ses séjours là-bas ont changé sa vision du monde. « Quand je suis arrivée à Dawson City, j’ai été confrontée à moi-même. J’avais des amis qui vivaient sans eau courante, sans électricité. »

« J’ai découvert qu’il y avait encore des affaires, dans ma vision du monde, qui restaient accrochées à des mythes : j’ai vu des gens heureux, pas d’eau courante. Et comme je suis douillette, et que j’ai un petit côté hobbit, je me disais, ça ne se peut quasiment pas ! Être obligés d’aller dans une bécosse à moins 40 ! »

Et pourtant... « Ils voyaient autre chose. Au Yukon, l’intensité, c’est une grande valeur, alors que le confort, ça ne l’est pas. À frayer avec ces gens-là, ça m’a forcée à faire le reste du chemin. Les gens qui ont lu mes romans reconnaissent cela. » Et dans celui-ci, elle présente le côté pratique de la démarche. 

Extrait 

« Pour ma part, payer pour des biens matériels ne fait plus partie de mes objectifs de vie. Avoir du temps, oui. Manger local, autant que possible. Voyager, seulement si j’ai assez d’argent pour le faire. Avoir des chiens et un jardin, absolument. Une voiture, non. Une piscine, non plus. Acheter des livres, oui. Acheter du maquillage, non. Des vêtements, le moins possible. Aller chez le coiffeur, seulement quand c’est essentiel. »


  • Mylène Gilbert-Dumas est l’auteure de 18 ouvrages, dont trois pour la jeunesse.
  • Son premier roman, Les dames de Beauchêne, a remporté le prix Robert-Cliche en 2002 et a été finaliste au Grand prix littéraire de la relève Archambault.
  • Elle vit à Sherbrooke.