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Un hockeyeur dans la Mecque du golf

Cole Roberts est l’un des trois Canadiens à avoir participé au concours junior Drive, Chip and Putt

2021 Drive, Chip and Putt National Finals
Logan Whitton/Augusta National Le Canadien Cole Roberts s’exécute au Augusta National dans le cadre du concours junior Drive, Chip and Putt

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AUGUSTA | Cole Roberts ne le dit pas très fort. Dans l’âme, il est un hockeyeur. Mais hier, il était un golfeur. À 10 ans, le jeune Ontarien de 10 ans a trainé son paternel à Augusta afin de participer au populaire tournoi junior Drive, Chip and Putt. Un moment incroyable après une année de tempête pour la famille.  

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La COVID-19 a complètement chamboulé la vie des Roberts qui vivaient à Oshawa jusqu’à ce que la pandémie paralyse le Canada et la planète entière. La famille venait à peine de vendre la maison en déménageant à Peterborough, situé à une heure au nord-est, et en s’installant dans une maison à rénover entièrement. 

Les enfants ont changé d’environnement, d’école et de milieu sportif. Mais Cole s’est bien adapté. Il a réussi à intégrer l’alignement d’une excellente équipe de hockey AAA en se signalant dès ses débuts. Par chance, la pandémie n’avait pas freiné son véritable amour. 

Mais tous ces changements à sa vie avaient touché sa deuxième passion depuis l’âge de six ans : le golf. Au printemps 2020, le petit bonhomme a relativement bien accepté l’annulation du concours junior à Augusta. Il s’y était intéressé par l’entremise d’un ami en décidant de s’inscrire aux qualifications en 2019. Le destin a fait en sorte qu’il s’est faufilé jusqu’à la finale chez les garçons âgés de 7 à 9 ans. 

Préparation difficile

Au rythme des vagues déferlantes sur le Canada, les Roberts ne pensaient jamais voir fiston réussir à descendre en Géorgie en avril 2021. 

Même si le golf a connu un monstrueux essor à travers le pays durant la saison 2020, Cole et son père Jeff ont peu fréquenté les parcours. Golfeurs publics sans attache à un club, ils ont joué des neuf ici et là en fin de journée dans leur nouvelle région. 

« Ce n’était évidemment pas la façon idéale de le préparer à une éventuelle présence à Augusta, a raconté le paternel, hier, sous le célèbre grand chêne près du pavillon principal par une magnifique journée printanière. Mais c’est incroyable d’avoir réussi à vivre cette expérience. Je suis très fier de mon fils.»

De septembre à février, Cole n’a pas touché un seul bâton, complètement plongé dans sa saison de hockey durant laquelle il a aussi dû soigner une fracture du pouce. Il a commencé à frapper quelques balles au début de mars dans un simulateur d’un club de golf à Oshawa où il avait appris les rudiments du sport. Et quand la température lui permettait, il s’élançait dans un champ près de la maison à Peterborough. 

Et quand la neige et la glace ont fondu dans la cour de la maison où se trouvait une patinoire de 40 pieds par 30 pieds, Cole a remisé son bâton de hockey. Il a sorti ses bâtons de golf de son trop gros son sac à l’effigie de Golf Canada reçu en cadeau par l’organisme pour ses exploits en qualifications du concours. Et il a utilisé son filet de hockey pour retenir les balles frappées en peaufinant ses approches. 

«Si je le compare à la majorité des jeunes Américains qu’on voit ici, Cole n’a pas 20% de la préparation qu’ils ont malgré la pandémie. Son entrainement était limité. Mais tout est une question de plaisir. Il n’y a aucune pression. Je veux qu’il s’amuse», a expliqué Jeff. 

Moments magiques

C’est exactement ce que fiston a fait hier à l’occasion de la journée qu’il attendait depuis deux ans. 

Il n’a pas excellé aux segments des coups de départ et des coups d’approches, mais il s’est signalé sur le vert du 18e lors du segment des coups roulés. Il a terminé en beauté en callant son roulé de 15 pieds. Le même roulé que souhaite s’offrir l’éventuel champion du Tournoi des Maitres en ronde finale. Sans tambour ni trompette, il a rejoint son paternel, évidemment fier de son coup. 

«Comme au hockey, c’est un leader silencieux, a-t-il souligné. C’était sa rédemption après deux épreuves plus difficiles. Je lui ai toujours enseigné à ce reprendre. Il a réussi à le faire, car son fer droit est une véritable force dans son jeu depuis ses débuts.»

Quel fut le plus beau moment de la journée de Cole?

«Quand Bubba Watson a signé ma casquette, a-t-il répondu sans hésiter. Je l’avais rencontré à l’Omnium canadien.»

Son père s’est esclaffé de rire.

Et ce roulé au 18e?

«Aussi, mais j’étais trop concentré. J’étais content de voir ma balle disparaitre dans la coupe.» 

Le tandem n’oubliera pas de sitôt ces moments inoubliables. 

«Je ne peux pas croire qu’à 50 ans, c’est mon fils de 10 ans qui m’ait amené ici, a-t-il lâché dans un heureux mix d’émotions et de fierté. Lundi, nous avons nos billets pour assister à la ronde de pratique des pros participant au Masters. Ce sera une autre journée magique.» 

C’est exactement l’essence du concours du Drive, Chip and Putt à Augusta.

Les Canadiens au concours Drive, Chip and Putt 

Cole Roberts (ON) – Garçons de 7 à 9 ans : 7e

Alexis Card (ON) – Filles de 7 à 9 ans : 1ère

Anna Wu (C-B) – Filles de 7 à 9 ans : 2e