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Une survivante de violence conjugale réclame un tribunal spécialisé

Elle dit qu’il faut centraliser tous les services

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Une femme qui a vécu pendant 25 ans sous l’emprise d’un conjoint violent estime qu’il faut mettre en place un tribunal spécialisé et un ministère entièrement consacré à la violence conjugale, ce qui permettrait d’agir plus rapidement et efficacement pour protéger les victimes.

Nathalie Trottier a vécu avec un homme violent dès l’âge de 16 ans. Son cauchemar a pris fin à l’âge de 41 ans, quand elle s’est rendue – pour une huitième fois – dans une maison d’hébergement pour femmes.

Alors que le Québec connaît une série noire de huit féminicides en autant de semaines, la survivante, qui a eu peur pour sa vie à plusieurs reprises, se dit fortement ébranlée.

Celle qui se consacre aujourd’hui à la cause croit que les services et interventions qui sont offerts aux victimes de violence conjugale devraient être centralisés dans une seule entité.

L’exemple de l’Espagne

Elle cite en exemple les bracelets électroniques, qui relèvent du ministère de la Sécurité publique ; les services psychologiques, qui relèvent de la Santé ; et tout ce qui touche aux tribunaux, qui relève du ministère de la Justice.

«Je pense que ça ferait une grande différence. En Espagne, ils ont des tribunaux spécialisés et tout est plus rapide là-bas. Quand tu portes plainte, ça ne prend pas deux ans avant de passer devant les tribunaux, comme c’est souvent le cas ici», fait valoir Mme Trottier, qui est devenue porte-parole de Transit Secours, un organisme offrant des services de déménagement et d’entreposage aux femmes et aux enfants qui doivent fuir un milieu violent.

Elle ajoute que cela prendra inévitablement plus d’investissements, notamment pour créer des places supplémentaires en maisons d’hébergement, un service qui lui a sauvé la vie.

«Ce n’est pas normal que l’on refuse des dizaines de milliers de femmes par année, surtout avec la pandémie où la violence est exacerbée», se désole-t-elle.

Déconfinement inquiétant

Elle souligne que c’est au moment où les victimes se décident à fuir le milieu de violence qu’elles sont le plus en danger. «Il faut absolument qu’on puisse les protéger et les aider», insiste-t-elle.

Mme Trottier s’inquiète pour les prochaines semaines et estime qu’il faudra sans doute des solutions de rechange en attendant les nouvelles places.

«On sera bientôt déconfinés, beaucoup d’hommes réaliseront qu’ils ont perdu l’emprise totale qu’ils avaient et n’accepteront peut-être pas la fin de cette liaison», conclut Mme Trottier.