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Visages de notre histoire: portait de Julia Drummond

Visages de notre histoire: portait de Julia Drummond
Photo courtoisie

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Bourgeoise philanthrope, tournant du 20e siècle

Grace Julia Parker est née à Montréal en 1860, de parents d’origine écossaise. Elle épouse en 1884 un homme très influent : le futur sénateur George Drummond. Ses relations familiales et son milieu social permettront à Julia Drummond d’entrer en contact avec la haute bourgeoisie d’affaires et l’élite politique du pays. L’époque est à l’implication des femmes de la bourgeoisie dans diverses organisations philanthropiques et Julia Drummond en deviendra l’une des grandes figures. Les Drummond font partie de ceux dont les industries feront de Montréal la métropole du Canada. À ce titre, leur position privilégiée leur permet de s’impliquer dans des institutions qui donnent à la ville un visage moderne, des hôpitaux ou foyers pour enfants orphelins aux associations artistiques comme la « Montreal Art Association », qui deviendra le Musée des beaux-arts de Montréal.

Réalisations

Une figure marquante de la vie associative montréalaise

Visages de notre histoire: portait de Julia Drummond
Photo courtoisie Éliane Bélec, photographie personnelle

Julia Drummond est réputée infatigable : créatrice et administratrice de nombreuses sociétés philanthropiques, elle est notamment l’une des fondatrices du Conseil des femmes de Montréal en 1893. Non partisane, l’organisation regroupe sans distinction des représentantes anglophones, francophones, catholiques, protestantes et juives. Elles militent pour le suffrage féminin et pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants. Mettant à profit le réseau d’organismes auxquels elles appartiennent, elles développent une expertise qui contribue à améliorer le statut des femmes et à professionnaliser, notamment, le métier de puéricultrice. La préoccupation de Julia Drummond pour le bien-être des enfants la mène aussi à s’impliquer dans l’Association pour les parcs et terrains de jeux pour permettre aux enfants de tous les quartiers d’avoir des espaces verts où jouer en sécurité. Le Mont-Royal sera le premier parc à être défendu par l’organisme, qui œuvrera ensuite à faire apparaître nombre d’espaces verts dans les quartiers résidentiels.

Héritage

Le parc Hibernia, un des fruits du travail de l’Association des parcs et terrains de jeux

Visages de notre histoire: portait de Julia Drummond
Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal

Le parc Hibernia, situé dans Pointe-Saint-Charles, qui existe toujours, témoigne bien des actions concrètes menées par l’Association des parcs et terrains de jeux. Alarmés par le développement immobilier qui s’étend sans tenir compte des besoins des résidents, les membres de l’association feront pression sur les autorités municipales pour préserver des espaces dans les lotissements et pour y installer des structures de jeu, souvent animées par des moniteurs. Au parc Hibernia, on cherche à responsabiliser les jeunes et l’on nomme des moniteurs pour superviser les jeux. L’héritage de cette association est fort de plusieurs parcs publics que nous connaissons encore aujourd’hui, en plus d’avoir imprégné les Montréalais de l’importance de préserver leurs espaces verts. Julia Drummond reste active dans cet organisme au début du XXe siècle avant de s’impliquer dans la coordination de la Croix-Rouge canadienne lors de la Première Guerre mondiale. Elle est décédée à Montréal en 1942.