/news/currentevents
Navigation

36 mois de prison pour son ex-conjoint violent

Coup d'oeil sur cet article

Un récidiviste en matière de violence conjugale a écopé d'une peine de 36 mois de détention, mardi, pour avoir battu à plusieurs reprises son ex-conjointe au cours d'une relation toxique qui a duré pendant quatre ans.

• À lire aussi: Nancy a des bleus sur le corps et le coeur

Jonathan Blanchet, 41 ans, a plaidé coupable à neuf chefs d'accusation au palais de justice de Saint-Jérôme à la suite du calvaire qu'il avait fait subir pendant toutes ces années à Nancy Boucher, une mère de famille du Grand Montréal.

L'homme a été condamné pour des gestes de violence commis en mars 2020. Il avait récidivé en juillet 2020, malgré une ordonnance lui ordonnant d'approcher sa victime.

En outre, l'homme avait déjà été condamné pour 27 infractions criminelles par le passé, incluant pour des voies de fait, notamment commises à l'endroit de Nancy Boucher, a précisé Me Jean-Pascal Boucher, procureur en chef adjoint au palais de justice de Saint-Jérôme.

  • Écoutez le témoignage de Nancy Boucher, survivante de violence conjugale

«Il y a eu beaucoup de voies de fait antérieur, il y a eu des côtes de fracturées et beaucoup d'ecchymoses, de bleus», a relaté cette dernière en parlant des sévices qu'elle a subis aux mains de Blanchet. La mère a montré des photos, difficiles à regarder, des blessures que lui a infligées son ex-conjoint pour étayer ses dires.

Mme Boucher avait déjà contacté TVA Nouvelles le 8 mars dernier, lors de la journée internationale des femmes, pour parler de son combat en justice et pour inciter d'autres femmes, prises comme elle dans une relation toxique, à dénoncer.

«C'était plus fort que moi. Il fallait que quelqu'un l'arrête et puis, bien, cette personne, ç'a été moi. Je suis allée jusqu'au bout et je suis quand même fière de ce qu'on a aujourd'hui», s'est réjouie Nancy Boucher en entrevue avec TVA Nouvelles, à la suite du verdict.

En tenant compte du temps que Blanchet a déjà passé derrière les barreaux, ce dernier devra encore purger 23 mois et trois semaines dans une prison provinciale avant de recouvrer sa liberté.

La violence est criminelle et doit être dénoncée, a indiqué le juge Serge Cimon dans la salle d’audience, qui a profité de l'occasion pour prévenir que les tribunaux se montreront encore plus sévères pour ce genre de crime.

Le jugement a satisfait la Couronne. «On peut considérer que c'est un message de dénonciation, de dissuasion, pour dire "messieurs, si vous continuez d'avoir des comportements comme ceux-ci qui compromettent la sécurité des femmes, ce sont des gestes criminels qui méritent à tout le moins la prison, et même le pénitencier», a commenté Me Jean-Pascal Boucher, procureur en chef adjoint au palais de justice de Saint-Jérôme.

Me Boucher a souligné que la peine de trois ans de détention est sévère. Blanchet n'avait jamais écopé de plus de huit mois de détention par le passé pour ses crimes.

Ce jugement survient alors que pas moins de huit féminicides ont été commis au Québec au cours des dernières semaines. De nombreux organismes venant en aide aux victimes de violence conjugale ont aussi noté une recrudescence de la violence, dans le contexte de la pandémie qui limite les possibilités pour les victimes de demander et d'obtenir de l'aide.

– Avec les informations d'Yves Poirier, TVA Nouvelles

À VOIR AUSSI: