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Cinq idées pour contribuer à calmer la fièvre immobilière

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Tout le monde se demande où s’arrêtera la flambée fulgurante du prix des propriétés. Depuis un an, le marché immobilier est en folie. Y a-t-il des moyens de ramener le marché à la raison ? 

Voici 5 idées qui pourraient faire baisser la fièvre. 

S’il n’existe aucune solution magique, chacune mérite néanmoins d’être étudiée. 

1. Hausser les taux d’intérêt

Pour calmer la surchauffe, l’une des solutions les plus efficaces serait que la Banque du Canada augmente les taux d’intérêt. Elle pourrait aussi signaler que les taux vont augmenter bien avant 2023. Le problème, avec une telle solution, c’est qu’elle entraînerait des impacts bien au-delà du secteur immobilier. Le dollar canadien pourrait rapidement s’apprécier, ce qui pourrait ralentir la reprise économique. 

2. Des surenchères transparentes

Les offres multiples et la surenchère sont devenues les nouvelles normes pour le marché immobilier. Il n’est pas rare qu’une maison affichée à 300 000 $ se vende pour 400 000 $. Le problème avec la surenchère est que les acheteurs ne savent pas ce que leurs concurrents misent pour la même propriété. Ils misent à l’aveugle ! Celui qui gagne la surenchère paye souvent beaucoup plus cher que celui qui est arrivé au deuxième rang dans le processus. Si tout le monde était au courant des offres sur la table, cela limiterait la montée en flèche des prix.

3. Une taxe antispéculation

L’idée de taxer le gain en capital sur une résidence principale fait son chemin, à l’heure où les gouvernements cherchent des sources de revenus supplémentaires. Or, une telle mesure serait financièrement (et politiquement) difficile à faire accepter à des propriétaires pour qui une résidence constitue le principal actif. Voilà pourquoi les gouvernements pourraient imposer une taxe sur la vente d’une propriété seulement si vous la vendez moins de cinq ans après l’avoir achetée. 

4. Plus de constructions neuves

Les fardeaux réglementaires ralentissent ou découragent carrément la construction de propriétés résidentielles. Plusieurs villes, dont Montréal, ont implanté des règlements supplémentaires qui ont découragé les promoteurs de faire avancer leur projet de développement. Les élus devraient redoubler d’efforts pour régler les problèmes d’approvisionnement qui existaient avant la pandémie. L’offre de logements demeure le plus gros problème, et la solution la plus prometteuse pour améliorer l’abordabilité.

5. Ne rien faire

Et s’il fallait simplement être patient ? La pandémie a créé des déséquilibres majeurs dans le marché. Le confinement, le télétravail et la distanciation sociale ont rendu les tours à condos moins attrayantes. Il y a eu une augmentation soudaine de la demande pour les grandes maisons dans les banlieues et les petites villes. L’offre de propriétés à l’extérieur des centres urbains n’était pas suffisante pour répondre au changement inattendu des préférences des acheteurs. 

Il y a fort à parier que d’ici quelques mois, la réouverture de l’économie va réanimer nos centres urbains. 

Peut-être qu’une voie prudente serait d’attendre simplement que ces distorsions liées à la pandémie disparaissent, avant d’essayer en vain de calmer la fièvre immobilière. 

  • Pierre-Olivier Zappa anime l’émission À vos affaires sur LCN, à 18 h 30, du lundi au vendredi. Elle est diffusée également sur QUB radio.