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Comment le Canada doit-il se comporter?

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Le Canada doit-il changer sa politique envers la Chine ? En fait, la question est déjà dépassée. La Chine a changé de politique envers le Canada. Le Canada n’a d’autre choix que de s’adapter.

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Pour la Chine, le Canada était autrefois le gentil géant nordique, un peu bonasse, qui avait eu le courage de reconnaître la Chine de Mao avant le gouvernement américain. Le Canada était aussi un champ de chasse pour se procurer de la technologie nord-américaine.

On pourrait croire que la situation a changé avec l’arrestation de Meng Wanzhou, la vice-présidente de Huawei, et la prise en otage des deux Michael.

Mais il n’en est rien. On se souviendra que, déjà en 2016, une rencontre au Canada entre Stéphane Dion, alors ministre des Affaires étrangères, et son vis-à-vis, Wang Yi, s’était extrêmement mal déroulée. 

L’attitude arrogante du ministre chinois préfigurait la diplomatie du loup guerrier qui caractérise aujourd’hui la Chine. 

Le gouvernement chinois voulait un accord de libre-échange avec le Canada, mais à l’évidence, à des conditions que le Canada ne pouvait pas accepter.

Le premier ministre Justin Trudeau avait rencontré son homologue Xi Jinping en août 2016, dans le cadre du Sommet du G20.
Photo AFP
Le premier ministre Justin Trudeau avait rencontré son homologue Xi Jinping en août 2016, dans le cadre du Sommet du G20.

Les États-Unis contre la Chine

Depuis, les relations entre le Canada et la Chine se sont sans cesse détériorées. Elles se sont détériorées en même temps que les relations entre la Chine et les États-Unis.

Il est évident que le Canada ne peut pas affronter seul la Chine. La coalition qu’il a formée avec d’autres pays pour faire pression sur la Chine dans l’affaire des deux Michael est la bonne stratégie. 

Il faut cependant aller plus loin. Le Canada n’a pas le choix de suivre les États-Unis dans leur lutte contre la Chine. Parce que les États-Unis sont encore une démocratie et qu’il est hors de question, pour le Canada, de soutenir un pays totalitaire. 

Parce que le marché américain est beaucoup plus important que le marché chinois et que perdre le marché américain serait infiniment plus grave que de perdre le marché chinois.

De toute manière, le marché chinois se referme pour les produits finis. En plus, le gouvernement chinois indique qu’il préfère commercer avec les pays de la nouvelle route de la soie. Le Canada ne fait pas partie de ces routes.

Diversification obligatoire

Les producteurs et les entreprises du Québec et du Canada doivent diversifier leurs marchés. Les pays alliés des États-Unis, comme l’Inde et la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, pourraient avantageusement remplacer le marché chinois.

De même, le Canada doit se résoudre à réduire au minimum ses échanges avec la Chine, au moins tant que Xi Jinping et son administration seront au pouvoir. 

Le virage politique des États-Unis face à la Chine est sérieux et durable. Une guerre froide entre la Chine et les États-Unis semble inévitable. 

Le Canada pourra-t-il coopérer avec la Chine dans certains dossiers, comme l’environnement ? Certainement. Mais il ne peut pas coopérer outre mesure avec une administration comme celle de Xi Jinping qui n’hésite pas à faire du chantage commercial pour faire avancer son combat contre la démocratie et les libertés fondamentales.

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