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Et si McGill se souciait du français?

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Elle trône, majestueuse, au cœur du centre-ville de Montréal.

Si elle compte, parmi ses plus illustres étudiants, le premier premier ministre francophone du Canada, Sir Wilfrid Laurier, à l’âge vénérable de 200 ans, l’Université McGill continue de diviser.

Symbole de l’excellence universitaire montréalaise, bastion de résistance à la nation québécoise, ou un peu des deux.

Le débat sur la protection du français devrait relancer la réflexion à ce sujet.

  • Écoutez la chronique politique d’Emmanuelle Latraverse sur QUB radio:

McGill et le français

L’Université McGill est le symbole ultime de la force des institutions anglophones et de leur influence sur la métropole.

Sa réputation en a fait un pôle d’étude pour l’ensemble du monde anglo-saxon.

Comment se surprendre que ce secteur du centre-ville batte au rythme de l’anglais quand 55 % de ses plus de 39 000 étudiants viennent de l’extérieur du Québec ? Ajoutez les professeurs et vous obtenez une masse critique non négligeable.

Certains y voient une raison pour forcer la francisation de cette illustre institution.

Or, faut-il vraiment saborder les plus célèbres institutions anglophones pour sauvegarder le français à Montréal ? Ne serait-ce là jeter le bébé avec l’eau du bain ?

Car le problème avec McGill, ce n’est pas qu’on y enseigne en anglais. 

Le problème, c’est que l’université assume de vivre en marge de la culture francophone québécoise.

Le problème, c’est que ses étudiants d’ailleurs ne se sentent pas le besoin d’apprendre le français, encore moins de s’intéresser au Québec.

Pouvez-vous imaginer aller étudier en anglais à Berlin sans se donner la peine d’apprendre un minimum d’allemand ?

Or, imaginez si McGill, plutôt que de ne faire qu’appuyer ses étudiants francophones, faisait l’effort d’embrasser la culture québécoise.

Imaginez si tous ses étudiants non francophones devaient suivre un cours de français.

Ça ne suffirait pas à régler le déclin à Montréal, mais au moins ce serait un pas de rapprochement entre les deux solitudes.