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Ian Lafrenière veut éviter de nouvelles confrontations

Les barrages contre la chasse à l’orignal lui ont fait craindre le pire

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre responsable des Affaires autochtones Ian Lafrenière, photographié à son bureau de Québec, veut mieux faire connaître la réalité des Premières Nations, notamment à travers le tourisme.

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Nommé en pleine crise à la réserve faunique La Vérendrye l’an dernier, Ian Lafrenière a eu peur que « ça pète » entre chasseurs et manifestants algonquins. Une entente est finalement survenue, vendredi, et le ministre responsable des Affaires autochtones promet d’éviter de nouvelles confrontations.  

Ex-porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière a été nommé en remplacement de Sylvie D’Amours en octobre dernier, après que sa prédécesseure eut été critiquée pour son inaction dans plusieurs dossiers.  

À l’époque, des militants algonquins dressent des barrages routiers et empêchent les chasseurs d’entrer dans la réserve faunique La Vérendrye. Ils réclament un moratoire en raison du déclin du cheptel d’orignaux. Le coup d’éclat survient à peine quelques mois après qu’un blocus ferroviaire eut paralysé le pays en début d’année.  

Sur le terrain, les médias rapportent des histoires de chasseurs intimidés par des militants autochtones. Le nouveau ministre a aussi des échos de tensions entre les deux communautés, notamment de commerces boycottés. 

« L’enjeu, c’est le vivre-ensemble. On a vu des menaces, de part et d’autre. Et là, c’était raciste, c’était vraiment du racisme incroyable », raconte Ian Lafrenière.

« J’avais peur que ça pète », lance-t-il. L’ex-policier craignait qu’un incident ne devienne l’étincelle qui déclenche l’incendie : un barrage routier embouti par un « gars saoul » en pleine nuit ou des manifestants happés par un chasseur pris au piège, par exemple. « J’ai vraiment eu la chienne », confie le ministre, avec son franc-parler. 

Après des mois de négociations, Québec a finalement conclu un accord de principe avec les chefs algonquins vendredi dernier. L’entente d’une durée de quatre ans prévoit la suspension de la chasse à l’orignal dans le secteur pour une durée d’au moins un an, tel que réclamé par les manifestants. Il permettra à un groupe tripartite (Québec, Premières Nations, experts) d’évaluer l’état du cheptel.  

En entrevue avec notre Bureau parlementaire quelques jours plus tôt, Ian Lafrenière promettait une issue pacifique à ce conflit qui menaçait de reprendre au retour de la saison de la chasse. « On ne revivra pas ce qu’on a vécu l’automne passé », assure le ministre.

Les Québécois ont peur 

Depuis son arrivée en poste, Ian Lafrenière s’étonne d’ailleurs de voir à quel point ce rôle de conciliateur est un aspect important de ses nouvelles fonctions. Le ministre s’était préparé de grands « plans de développement », mais il se retrouve souvent à devoir éteindre des feux. « Je me rends compte que c’est un job de pompier aussi », confie-t-il.  

Pour éviter de nouvelles tensions, une partie de son mandat consistera donc à agir en amont pour apaiser les tensions et à « rétablir la confiance » entre allochtones et autochtones. Le recours aux blocus et aux barrages routiers est en partie la faute de Québec, dit-il, parce que « souvent, le moment où on les écoute, c’est quand ça arrive ».  

De la même façon, Ian Lafrenière veut mieux faire connaître la réalité des Premières Nations, notamment à travers le tourisme autochtone.

Il souhaite également revoir le cursus scolaire, au primaire et au secondaire, pour mieux éduquer les jeunes Québécois. « On connaît mal les Premières Nations. Moi, ce que j’ai appris à l’école, c’était folklorique », déplore-t-il.  

Éducation

Les petits Québécois devront notamment pouvoir nommer les 11 nations, identifier leurs territoires sur une carte et comprendre leurs interactions. « C’est la base », note Ian Lafrenière. D’autres modifications au programme scolaire, liées à la lutte au racisme, concerneront également les autochtones. 

Pour le ministre, les Québécois ont « peur des Premières Nations » parce qu’ils les connaissent mal. Les médias parlent d’eux seulement quand il y a un coup d’éclat, note-t-il.