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La Californie prévoit une réouverture totale le 15 juin

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«Nous pouvons dès à présent nous projeter dans la vie post-pandémie»: le gouverneur de Californie a annoncé mardi rouvrir totalement son Etat le 15 juin, grâce à la campagne de vaccination américaine menée tambour battant, et à laquelle Joe Biden a donné un nouveau coup d’accélérateur.

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La situation aux États-Unis paraît en contraste avec l’Europe, où l’on s’interroge sur le lien entre le vaccin AstraZeneca et certains types rares de thromboses, ou au Brésil, où un nouveau record de morts du Covid a été enregistré.

«Notre programme de vaccination est en pleine effervescence», s’est réjoui le président américain Joe Biden, en annonçant qu’à partir du 19 avril, tous les adultes américains seraient éligibles à la vaccination, en avance de dix jours sur ses objectifs.

Pays le plus endeuillé au monde en valeur absolue par la pandémie, avec plus de 550.000 morts, les États-Unis sont en pleine campagne de vaccination massive et en sont à plus de trois millions d’injections par jour en moyenne sur les 7 derniers jours, selon les autorités.

Près 80% des enseignants, du personnel des écoles et des professionnels de l’enfance avaient déjà reçu au moins une dose de vaccin fin mars, ont déclaré mardi les CDC, principale agence de santé publique du pays. L’administration Biden a érigé la réouverture des écoles comme priorité.

«La lumière au bout du tunnel n’a jamais été aussi vive», s’est félicité lors d’une conférence de presse le gouverneur de Californie, l’Etat le plus peuplé d’Amérique, Gavin Newsom.

À condition qu’il n’y ait pas de nouveau pic de la pandémie ou de pénurie de vaccins, tous les commerces de son Etat seront libres de rouvrir leurs portes mi-juin, les Californiens étant encouragés à suivre des «mesures de réduction des risques relevant du bon sens».

Les grands événements en intérieur seront également autorisés avec des preuves de test négatif ou de vaccination.

Les États-Unis ont en outre assuré vouloir en faire «beaucoup plus» dans les livraisons de vaccins aux pays étrangers, sans demander de «faveurs» en échange.

UE: «immunité collective» cet été

Pendant ce temps, le combat contre le Covid est de plus en plus chaotique au Brésil. Le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie enchaîne les sombres records: plus de 4 000 personnes sont décédées de la Covid-19 lors de la seule journée de mardi.

Ce pays d’Amérique latine livre son combat contre le coronavirus dans la plus grande confusion, avec un éventail de mesures pour les écoles, les églises ou les restaurants contradictoires, mal expliquées et soumises aux aléas des décisions judiciaires.

«Ici à Rio, nous sommes pris au milieu d’une bataille politique entre le maire et le gouverneur, et ça ajoute encore plus de confusion», déplore Marcia Matos, habitante d’une des plus grandes villes du pays.

Et au niveau national, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro continue de critiquer les restrictions, au nom de la préservation de l’emploi.

L’Europe aussi enchaîne les déconvenues, avec des campagnes de vaccination qui peinent à monter en puissance: aucun des 27 pays de l’Union européenne n’a atteint fin mars l’objectif de vacciner 80% des personnes de plus de 80 ans, selon la Commission.

Mais l’accélération des livraisons au deuxième trimestre permettra à l’UE d’atteindre «l’immunité collective» cet été, a affirmé l’exécutif européen.

Mardi, le comité de sécurité de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué ne pas encore être parvenu à une conclusion sur le lien entre le vaccin du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et certaines thromboses, contredisant les déclarations de l’un de ses responsables quelques heures plus tôt.

«L’examen est actuellement en cours», a souligné le régulateur européen, précisant qu’une annonce est attendue mercredi ou jeudi.

Depuis plusieurs semaines, des suspicions sont apparues sur de possibles effets secondaires graves, mais rares, après l’observation chez des personnes vaccinées avec AstraZeneca de cas de thromboses atypiques.

De son côté, AstraZeneca avait assuré en mars qu’il n’y avait «aucune preuve de risque aggravé».

Ce vaccin est l’un des quatre approuvés dans l’Union européenne, avec celui de Moderna, de Pfizer/BioNTech et de Johnson & Johnson dont les livraisons sont attendues le 19 avril.

Efficacité de 56,5%

Au Chili, une étude a démontré mardi une efficacité de 56,5% contre les infections deux semaines après l’injection de la deuxième dose, mais aucun effet significatif après la première, dans un pays utilisant essentiellement le sérum chinois Coronavac.

«Se vacciner diminue très significativement la possibilité d’une contamination. Cela ne l’élimine pas, mais cela la diminue grandement», a déclaré Ennio Vivaldi, le recteur de l’Université du Chili, entité qui a réalisé cette étude en conditions réelles.

Ce pays sud-américain fait partie de ceux bénéficiant d’une campagne rapide de vaccination. Amnesty International a appelé mercredi la communauté internationale à un sursaut face au «quasi-monopole» des pays riches dans l’accès à l’immunisation, «laissant les pays avec le moins de ressources confrontés aux pires conséquences en matière de santé et de droits humains, et donc aux perturbations économiques et sociales les plus longues», selon la nouvelle secrétaire générale de l’ONG, la Française Agnès Callamard.

La moitié des quelque 680 millions de doses administrées dans le monde l’ont été dans des pays à «revenu élevé» au sens de la Banque mondiale (16% de la population mondiale), tandis que les pays à «faible revenu» (9% de l’humanité) ne concentrent que 0,1% des doses injectées, selon un comptage réalisé mardi par l’AFP à partir de données officielles.

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