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La survie de Transat passe par Ottawa

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En ces lendemains de résiliation de la convention d’arrangement avec Air Canada, Transat est vraiment mal en point. Mais, chose certaine, le fleuron québécois du voyage-vacances va survivre. Aucune inquiétude là-dessus.

Le gouvernement Trudeau semble déterminé à sauver le transporteur québécois du précipice financier. La paralysie des vols aériens causée par la pandémie de COVID-19 a généré chez Transat des pertes monstrueuses de 557 millions $ au cours des cinq derniers trimestres. 

Pour survivre, Transat a besoin d’un nouveau financement d’au moins 500 millions $. La direction de Transat affirme que des négociations sont en cours dans le cadre du « Crédit d’urgence pour les grands employeurs » que Corporation de développement des investissements du Canada a mis en place à la demande du gouvernement Trudeau en réponse à la COVID‐19.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Parole du ministre Alghabra 

De plus, on s’attend à ce que le gouvernement Trudeau finisse par mettre de l’avant un programme d’aide financière pour secourir les transporteurs aériens, à l’instar des États-Unis et de plusieurs pays européens.

Le ministre des Transports du Canada, Omar Alghabra, affirme : « Le plus important pour notre gouvernement est de protéger les emplois au Québec et dans le reste du Canada et de préserver la viabilité à long terme de Transat A.T. »

« Nous discutons activement des options de soutien financier pour de nombreuses compagnies aériennes canadiennes, y compris Air Transat. J’ai parlé directement avec Air Transat et nous examinons les prochaines étapes. »

Fitzgibbon, Péladeau, WestJet

Bien entendu, le gouvernement de François Legault est sur le qui-vive. Il est évident que son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, est sur le coup. Outre la Caisse de dépôt et placement, qui détient près de 6 % des actions de Transat, et le Fonds de solidarité FTQ, qui en possède 11,6 %, le ministre peut compter, si besoin est, sur Investissement Québec pour intervenir financièrement dans le dossier de la survie de Transat.

Maintenant, qui mettra le grappin sur Transat ?

Est-ce Pierre Karl Péladeau avec son groupe MTRHP, dont l’offre déposée en décembre dernier s’élève à 5 $ l’action, tout comme celle d’Air Canada ? Une telle acquisition permettrait à Transat de rester entièrement propriété québécoise. Le Québec serait assuré de conserver le siège social de Transat. Le français resterait prédominant au sein de l’entreprise. Les consommateurs québécois pourraient continuer de se faire desservir par un solide concurrent à Air Canada.  

Autre acquéreur potentiel de Transat ? WestJet, le deuxième plus important transporteur aérien au Canada. Nul doute que Transat est susceptible d’intéresser la firme d’investissement Onex Corporation, le propriétaire de WestJet. 

Selon l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, les activités Transat et WestJet sont complémentaires. Cependant, un tel accord entre Transat et WestJet risquerait de prendre du temps à s’effectuer en raison des approbations à obtenir de la part de Transports Canada et de la Commission européenne. Les problèmes antitrust liés à un hypothétique mariage entre WestJet et Transat sont toutefois nettement inférieurs à ceux de la tentative de mariage entre Air Canada et Transat.

Troisième possibilité : il se pourrait que le conseil d’administration de Transat décide de mettre en place son propre plan de survie financière. Cela dépend de l’aide gouvernementale que la société pourra obtenir.

Et les dépôts des clients ?

C’est toujours la grande inconnue en ce qui concerne les 573 millions $ que les clients ont versés à Transat pour des vols et voyages annulés à cause de la COVID-19.

Les remboursements en argent sonnant se font toujours attendre.

Le montant des dépôts non encore remboursés aux clients de Transat représente plus de trois fois la valeur boursière de Transat.

Ce n’est pas rassurant pour les clients !