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Le ministre agent de la paix

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Ian Lafrenière ne s’en cache pas : il ne s’attendait pas à ce que la question de la protection de la faune se retrouve au cœur de toutes ses discussions avec les nations autochtones.

En entrevue éditoriale avec notre Bureau parlementaire, le ministre a montré un style qui tranche avec celui de ses prédécesseurs, Sylvie D’Amours, éjectée pour son manque de leadership, et Geoffrey Kelley, apprécié, mais au profil bas.

Sans mettre de gants blancs, l’ex-policier admet que peu importe la question qu’il aborde avec les chefs, « l’orignal » revient au centre des préoccupations.

Tout est imbriqué et complexifie le règlement d’autres dossiers. Pêche au saumon, chasse au caribou, chasse à l’orignal, la ressource se raréfie.

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

Poudrière

La suspicion des autochtones devant les données gouvernementales et la jalousie des Blancs à l’égard des droits ancestraux constituent une poudrière potentielle permanente avec laquelle il doit composer.

Et pour rebâtir la confiance avec les 11 nations, la COVID n’a pas aidé. Refaire les ponts de façon virtuelle, sans poignées de main, sans pouvoir être présent dans les communautés, c’est un défi en soi.

Pour éviter de nouvelles crises, il compte impliquer les nations, « en les prenant à témoin » dans un processus pour établir un portrait du nombre de bêtes.

« Le caribou forestier, si on continue de l’abattre, il n’en restera plus, alors il y a du travail à faire et une responsabilité partagée », a-t-il donné en exemple, sans remettre en cause le droit à la chasse de subsistance.

Tensions

Tout juste avant la conclusion d’une entente de principe dans le dossier de la chasse à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye, vendredi, il disait : « C’est un feu qui couve [...], les gens sont nerveux ».

Son expérience de policier et ses talents de communicateur lui servent toutefois d’atouts dans la recherche d’un dénouement durable.

« Je la vois, ma job de peacekeeper » a-t-il résumé.

Le ministre a bien l’intention d’aller au-delà de l’extinction des feux ponctuels et de poser les jalons d’une relation plus harmonieuse entre les peuples.

Mais il se bat contre des siècles de trahisons et de méfiance.