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L’effet Ducharme

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Dominique Ducharme essaierait de vous vendre une bagnole au rabais, vous diriez non. De l’assurance vie ? Son « pitch » terminé, vous seriez convaincu de votre mort imminente. Mais si vous étiez un joueur de hockey évoluant sous ses ordres, les probabilités seraient excellentes de vous retrouver avec un trophée au bout des bras. 

Rien à voir avec la première défaite du CH en temps réglementaire depuis le 13 mars, samedi contre Ottawa.

Il faut parler aux joueurs ayant joué sous les ordres du coach du Canadien pour bien comprendre. L’approche Ducharme est différente en vase clos que devant les journalistes.

L’excellence du travail des cinéastes affectés à la couverture quotidienne de l’équipe a permis aux observateurs de constater les bénéfices de l’approche Ducharme.

Il y a quelques semaines, des images du coach ont été captées dans un corridor adjacent à la glace. Il était en caucus fermé avec Phillip Danault, Brendan Gallagher et Tomas Tatar. Depuis la captation de ces images, ce trio est redevenu essentiel au Canadien. Les statistiques des trois larrons démontrent la qualité de la foire. 

Un jeune plus confiant

À une autre occasion, on a pu voir Ducharme en conversation un à un avec Jesperi Kotkaniemi. C’était dans une séance matinale optionnelle. Le soir venu, « KK » a disputé un des meilleurs matchs de sa carrière avec le CH. Depuis ce temps, il s’impose avec confiance et détermination. Il se trouve de moins en moins de « pas fins » pour crier à l’erreur monumentale de ne pas avoir réclamé Brady Tkachuk, des Sénateurs, à la place de Kotkaniemi. Même après le combat du terrible 7 face à Shea Weber samedi.

La semaine dernière, on a capté des images de Ducharme discutant tantôt avec Paul Byron, tantôt avec Artturi Lehkonen. Face aux Oilers, après 3 minutes 33 secondes, les deux avaient amassé deux points et le CH menait 2 à 0. 

Je pourrais énumérer d’autres exemples sur deux pages. L’idée est de démontrer la qualité de l’approche Ducharme. Le p’tit gars de Joliette a compris qu’il ne dirige pas 23 hommes soumis pour qui un discours unique fait le travail.

Dominique sait que les joueurs de 2021 sont des garçons issus de familles bien nanties, qu’ils ont grandi dans la ouate. Qu’ils ont rarement été reconnus responsables de quoi que ce soit, même des évidences. Le joueur de hockey de 2021 est mieux outillé, mieux encadré, souvent plus éduqué que celui de l’époque des coachs totalitaires qui faisaient fonctionner les joueurs à coups de pied au cul. 

Approche personnalisée

Le vestiaire d’une équipe en 2021, c’est l’équivalent d’un centre commercial. Chacun des casiers est une boutique possédant un propriétaire unique : le joueur qui l’occupe. 

Le coach de 2021 doit avoir une approche personnalisée pour chacune de ses PME. Il doit entretenir une communication ouverte. Éliminer les zones grises. Être clair. Et s’assurer d’une commande personnalisée à chacun. Tout ça en créant une recette qui permet de gagner. 

Dominique Ducharme est exactement cet entraîneur-chef. Alex Burrows correspond, quant à lui, à l’adjoint idéal de 2021. Il pourrait quasiment encore jouer la game et transmet sa passion sans détour, avec intensité et engagement. 

Marc Bergevin a franchi le pas au bon moment de cette saison cruciale. On dirait que l’on va collectivement en jouir à court terme.