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L’urgence, c’est de vacciner et vacciner...

Vaccination
Photo Pierre-Paul Poulin Devant les plages de rendez-vous laissées vacantes sans possibilité de les offrir plus largement, le message crucial sur l’importance d’une vaccination rapide et généralisée ne risque-t-il pas de s’étioler ?

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Dès le début de la pandémie, en mars 2020, le mot d’ordre de l’Organisation mondiale de la santé était « tester, tester, tester ». Un an plus tard, l’urgence est également de « vacciner, vacciner, vacciner ». Sans quoi l’immunité collective tant souhaitée s’éloignera dangereusement.

Grâce à la science, nous disposons de plusieurs vaccins contre cette saloperie de virus. Les pays vaccinent cependant à des rythmes hautement variables. 

Au Canada, seulement 12,5 % de la population a reçu une première dose, et au Québec, 18,3 %. 

Le gouvernement Trudeau promet une accélération prochaine des livraisons de vaccins. 

Considérant la montée en flèche des cas de COVID-19 et la forte contagiosité des variants, le fait est que le rythme actuel est nettement insuffisant. 

Selon un sondage de l’Association d’études canadiennes, 61 % des Québécois se disent pourtant satisfaits de la campagne de vaccination, contre 41 % à peine des Ontariens. 

Or, en cette pandémie féroce, tenace et changeante, l’important n’est pas la perception populaire de la campagne de vaccination, mais ses résultats concrets. À ce chapitre, au Canada, la fameuse « course » entre les variants et les vaccins, les premiers l’ont déjà gagnée.

Bouger vite

D’où l’appel de nombreux médecins et scientifiques à accélérer la vaccination. Et d’ici là, pour au moins quatre semaines dans le grand Montréal, de reconfiner avant que la 3e vague n’engloutisse la métropole. 

Unanimes, ils exhortent le gouvernement Legault à bouger vite. De toute évidence, la situation est grave.  

Pour la vaccination, vitale pour protéger la santé des gens et de l’économie, le fédéral est responsable de l’arrivage encore trop lent des vaccins. La stratégie de déploiement et de priorisation relève toutefois de chaque province.

D’où les appels, eux aussi montants, à élargir les populations éligibles à la vaccination. Incluant pour les adultes handicapés vivant à la maison, très vulnérables aux complications de la COVID-19.

Au Québec, on rapporte même de nombreuses plages de réservation vides. En situation d’urgence sanitaire, décuplée par les variants, c’est à y perdre son latin. Pourquoi alors ne pas ouvrir plus largement les plages laissées libres ? 

Confusion

Dans la gestion de crise du gouvernement, malgré même la forte popularité du premier ministre, le manque de cohérence en communication a souvent été critiqué. Au sein de la population, une certaine confusion en découle nécessairement.  

Primo, sur les mesures sanitaires. Combien de Québécois ne savent plus trop ce qu’ils ont le droit ou non de faire ? Encore moins dès que la couleur d’alerte de leur région change. Deuxio, sur la vaccination. Combien se demandent si, dans leur municipalité, région ou même sous leur CIUSSS ou CLSC, ils y ont accès ou non ? 

Devant les plages de rendez-vous laissées vacantes sans possibilité étonnante de les offrir plus largement, le message crucial sur l’importance d’une vaccination rapide et généralisée ne risque-t-il pas de s’étioler ? 

Ici comme ailleurs, la réalité étant alarmante – inutile de se le cacher –, le gouvernement Legault serait sage de clarifier sa communication politique, de resserrer les restrictions dans la région montréalaise et d’élargir la vaccination autant que faire se peut, selon les arrivages.