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Quand la haine se maquille en vertu

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On a beaucoup parlé de la dénonciation par François Legault de la haine sur les réseaux sociaux. Et on en a parlé avec raison : elle pollue la démocratie.

On l’associe généralement à des individus mal socialisés, se cachant derrière une fausse identité, et multipliant les commentaires injurieux à l’endroit des figures publiques. 

Mais ces insulteurs toxiques ne représentent toutefois qu’une facette du problème. Car la haine ne prend pas toujours le visage d’un conspirationniste édenté, probablement raciste, crachant son venin virtuel depuis son sous-sol. 

Diabolisation

Elle peut s’exprimer de manière plus perverse, notamment sous la forme d’une police de la pensée, qui diabolise toutes les opinions qui vont à l’encontre du politiquement correct. 

On connaît ses méthodes : elle insulte en collant des étiquettes infamantes. 

Vous critiquez les seuils d’immigration ? Elle vous traitera de xénophobe, de raciste. 

Vous critiquez la théorie du racisme systémique ? Elle vous accusera de verser dans le suprémacisme blanc. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Et ne vous avancez pas à remettre en question la théorie du genre : vous serez accusé de transphobie.

Son objectif : associer à l’extrême droite tous ses contradicteurs. 

Cette haine que l’on associe depuis quelque temps à la gauche woke se présente paradoxalement comme l’expression de la plus admirable vertu. 

Elle prétend mener une croisade contre l’intolérance. Concrètement, elle en mène une contre la diversité intellectuelle et la diversité des courants de pensée.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Réputations

Plus encore, elle mène des campagnes de harcèlement sur les réseaux sociaux pour bannir les intellectuels, journalistes, chroniqueurs, politiciens et militants qu’elle voudrait voir disparaître de l’espace public. Elle cherche à ruiner des réputations. 

Elle travaille même, à coups de campagnes de signalements abusifs et concertés, à bannir de Facebook et Twitter ceux dont elle ne veut plus entendre parler. 

Résumons : aucune idéologie n’a le monopole de la haine. Si on veut la combattre sérieusement, il faut en être conscient.