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Se choisir à 42 ans

JM 0405 Santé Nutrition
Photo courtoisie Chantal Bernatchez s’entraîne régulièrement sur son vélo.

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La pandémie a affecté les habitudes de vie de plusieurs personnes. Pour d’autres, c’était l’occasion de revoir des habitudes néfastes pour améliorer sa santé. C’est le cas de Chantal Bernatchez qui a pris un virage à 180°, car à 42 ans, un changement s’imposait ! Faisant partie du palmarès Femmessor des 100 entrepreneures qui changent le monde, Chantal est une bénévole fortement engagée. Il a fallu les bouleversements du quotidien induits par la COVID pour qu’elle se choisisse enfin !


Chantal, quel a été l’élément déclencheur de ton virage santé ?

Une combinaison de facteurs dont le stress, l’anxiété, l’embonpoint et le surmenage, et ce, en plein dans la 1re vague de la pandémie... Mes trois enfants étaient à la maison pour l’école en ligne. Il fallait gérer trois ordinateurs et horaires différents en plus de mon télétravail comme ingénieure chez Hydro-Québec. Dès 6 h 30, c’était la course folle pour être tous au poste à 8 h pour l’école et les réunions virtuelles. À 9 h j’avais déjà la langue à terre et je me demandais si j’allais tenir le coup jusqu’à la fin de la journée. 

Étant une grande travailleuse, je consacre aussi beaucoup de temps au bénévolat. Je roulais à 250 % depuis longtemps. Je me rappelle être assise à la table de la cuisine dans un chaos total. Je n’arrivais plus à penser, j’étais sur le pilote automatique et une alerte rouge résonnait en moi ! Cette journée-là, j’ai senti que j’avais atteint la limite et que j’étais en instinct de survie. J’ai dû tout arrêter pour me reconstruire. Je fus malade pendant quatre mois, en rechute trois mois plus tard et actuellement en retour progressif vers ma guérison. En juin, j’ai reçu un diagnostic de diabète de type 2. J’étais en hyperglycémie à 22,3 mmol/L ce qui expliquait ma fatigue et ma soif intense ainsi qu’une infection qui tardait à guérir. Je ne pouvais plus continuer à ce rythme et dans un mode de vie malsain pour moi et ma famille. 

Chantal Bernatchez et ses enfants Yazid, Mélia et Assim Ouedraogo en cuisine
Photo courtoisie
Chantal Bernatchez et ses enfants Yazid, Mélia et Assim Ouedraogo en cuisine

Quelle a été ta première étape pour sortir de cette période difficile ?

Je suis partie trois mois chez mes parents en Gaspésie avec mes enfants chercher de l’aide pour me relever. J’ai eu la chance d’être prise en charge rapidement par une nutritionniste et une super-infirmière spécialiste en diabète pour me guider dans de nouvelles habitudes alimentaires et de vie. Un régime haut en protéine et bas en sucre, une médication adéquate pour gérer les hausses et les baisses de glycémie, car je basculais de l’hyper à l’hypo en moins de trois heures. 

Après plusieurs ajustements, j’ai réussi à contrôler le tout de manière naturelle en l’espace de trois mois. J’ai appris à gérer mes apports en glucides, à bien les répartir dans la journée et à prendre des collations qui combinent glucides et protéines. L’alimentation adaptée aux personnes diabétiques est très saine et je me sens tellement mieux ! 

Qu’as-tu mis en place pour gérer ton anxiété ?

La première décision marquante pour effectuer un réel changement a été de me choisir et de me prioriser à 42 ans ! J’ai exploré plusieurs choses qui me font du bien comme la méditation, la respiration profonde et le yoga, le Pilates, le vélo stationnaire, l’aromathérapie, la naturothérapie, mon journal de bord et des lectures inspirantes (Karine Champagne, Christine Michaud, Jérémy Demay, Ariane Hébert). 

Quels changements as-tu faits dans ton alimentation ?

D’énormes changements ! Quand je travaillais au Complexe Desjardins, je visitais la foire alimentaire régulièrement pour manger des burgers, pizza et autres aliments riches en gras et en sel. En deux ans, j’ai pris 70 livres. Je cuisine maintenant davantage avec mes enfants le week-end et j’ai remplacé 100 % de mes grains raffinés par des grains entiers. Maintenant à notre table ce sont des pâtes de blé entier, du pain 100 % grains entiers, du riz brun. Je mange beaucoup plus varié aussi et vraiment plus de légumes. J’ai aussi décidé d’inscrire les enfants au traiteur de l’école. Je gagne tellement de temps et ils mangent plus varié. Ça me permet aussi d’avoir plus de temps pour mon rituel bien-être. Je me donne un objectif d’éliminer 25 livres à la fois, un objectif réaliste. Je n’ai jamais été aussi bien dans ma peau ! Je me sens vivante, enfin !