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Une nouvelle mission pour les chevaux de calèches

Rusty et aînées
Clara Loiseau / JdeM Depuis quelques mois, le refuge A Horse Tale amène Rusty, un ancien cheval des calèches du Vieux-Montréal, voir des aînés confinés dans leur résidence, comme ici avec Suzanne Pécourt, pour les sortir de l'isolement et leur donner un peu de bonheur. CLARA LOISEAU/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

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Les anciens chevaux des calèches du Vieux-Montréal, «au chômage forcé», fournissent aussi leur part d'efforts durant la pandémie en apportant du soutien moral au personnel de la santé et aux aînés confinés.

«Ces chevaux-là, même s’ils ne travaillent plus, ils continuent à donner pour aider les gens à respirer et mettre de la joie dans leur vie. Dans cette période difficile, les gens ont besoin de ce moment-là, et ça leur fait du bien », explique Mike Grenier, directeur général du refuge pour chevaux A Horse Tale, à Vaudreuil-Dorion, en Montérégie.

Actuellement, ce dernier accueille six chevaux qui travaillaient dans le Vieux-Montréal avant qu’on les interdise définitivement en janvier 2020.

Et depuis le mois de novembre, l’un de ces pensionnaires, l’imposant cheval de trait belge de 25 ans Rusty, rend visite à des aînés d’une résidence de Vaudreuil-Dorion.

Une visite d’ailleurs très attendue par les aînés de la résidence Coopérative de Solidarité la Seigneurie de Vaudreuil.

«Ça nous fait tellement de bien, au cœur et à la santé. Depuis que je l’ai flatté, j’ai des frissons de bonheur», raconte Francine Chénier, 78 ans.

Sa voisine Suzanne Précourt, 83 ans, est aussi bien heureuse de pouvoir donner une petite gâterie et une caresse à Rusty.

«C’est tellement agréable et surtout, ça nous permet de passer un bon moment qui change du confinement dans notre résidence, parce qu’avec le virus, même si on est vacciné, on ne peut plus faire grand-chose», explique-t-elle.

Temps sur pause

Pour le moment Rusty est le seul à rendre visite à des aînés, parce que les autres ont perdu l’habitude de se déplacer notamment, explique M. Grenier. 

En attendant, les autres chevaux restent au calme à la ferme pour profiter de leur journée et se faire bichonner par les 310 bénévoles qui se relaient chaque jour.

Ils reçoivent aussi de la visite de personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou physique, d’employés de première ligne ou de femmes victimes de violence conjugale.

Ces derniers peuvent bénéficier du «programme expérience», créé en 2017 par le refuge, afin d’avoir un moment de répit et d’interaction avec un cheval, explique M. Grenier.

Quelques clients

De son côté, Luc Desparois, propriétaire des Services de calèches et de traîneaux Lucky Luc, qui détenait la moitié des permis de calèches, a encore quatre chevaux.

«De temps en temps, on a quelques clients qui veulent faire un tour de calèche, sinon on va voir des garderies. Les enfants s’émerveillent toujours devant les chevaux», explique-t-il.

Depuis que les calèches ont été interdites dans le Vieux-Montréal, celui qui avait 28 chevaux a dû en vendre certains et en a donné au refuge A Horse Tale pour qu’ils puissent avoir une retraite bien méritée.