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Banque Laurentienne: le PQ invite les clients amants du français au boycottage

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo d'archives Stevens Leblanc Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

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Le Parti québécois invite les clients de la Banque Laurentienne excédés par le déroulement presque exclusivement en anglais de son assemblée annuelle des actionnaires à boycotter l’institution.

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«C’est malheureusement un cas où les clients devront manifester leur mécontentement avec leurs épargnes et investissements, en se tournant vers des institutions qui ont le français et leur clientèle à cœur», a fait savoir le chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, mercredi.

Il s’agit d’un dur rappel que les banques font partie des entreprises dites «à charte fédérale» et échappent donc aux règles en matière de langues, selon M. Plamondon.

«Un pan important de nos milieux de travail échappe à la loi 101, en raison de notre appartenance au Canada», a-t-il ajouté.

Mardi, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Laurentienne, sa nouvelle présidente et cheffe de la direction, Rania Llewellyn, a prononcé à peine deux phrases en français dans une allocution de plus de 11 minutes. Il était également impossible pour les participants de poser des questions en français.

Une situation qui «n'est pas acceptable» de l’avis du ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette.

«Les Québécoises et les Québécois doivent pouvoir s'exprimer en français lors d'une assemblée délibérante et doivent pouvoir travailler dans leur langue et le fait de travailler dans une entreprise à charte fédérale ne devrait rien y changer. Il s'agit de droits fondamentaux que nous entendons défendre», a indiqué son cabinet.

La Coalition avenir Québec doit présenter sous peu un projet de loi visant à renforcer et moderniser la Charte de la langue française.

Du côté de Québec solidaire, la députée Ruba Ghazal plaide pour resserrer les obligations des entreprises privées en matière de langue. À noter que le parti s’est déjà positionné en faveur de l’élargissement de la loi 101 aux entreprises à charte fédérale.

«C’est inacceptable qu’on ne soit pas capables d’avoir une PDG qui soit bilingue, a-t-elle tranché.

Il y a quelque chose dans le discours ambiant comme quoi la langue parlée par les immigrants à la maison explique le déclin du français, mais on se trompe de cible. Le plan de la CAQ doit viser la langue du travail et mettre la responsabilité sur le privé et les grandes entreprises pour se doter de PDG qui parlent le français.»

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