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Le géant américain Stanley Black & Decker ferme son usine au Québec

Le fabricant d’outils licenciera des centaines de travailleurs ces prochains mois

Stanley Black & Decker
Photo Francis Halin L’usine de Saint-Hyacinthe de Stanley Black & Decker. Cette dernière a acquis l’usine de fabrication d’Abmast en novembre 2012.

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Stanley Black & Decker fermera son usine de fabrication de meules abrasives de Saint-Hyacinthe, qui compte 200 travailleurs, neuf ans après l’avoir achetée d’intérêts québécois.

« C’est un coup dur », a commenté, hier matin, un travailleur préférant taire son nom par crainte de représailles. Une note interne aurait été envoyée à l’ensemble des salariés leur interdisant de parler aux médias.

Hier, la direction de l’entreprise s’est limitée à une déclaration transmise par courriel en milieu d’après-midi.

 « Stanley Black & Decker va transférer à un tiers ses activités de fabrication de Saint-Hyacinthe. Cette décision s’inscrit dans les efforts soutenus de l’entreprise visant à rationaliser ses activités », a indiqué une porte-parole, sans dire à quel endroit seront déménagées ses activités le cas échéant.

Une partie des 200 travailleurs perdront leur emploi fin-mai. D’autres seront remerciés ces neuf prochains mois. On indique qu’ils pourront être réaffectés et bénéficieront de « divers services ».

Récemment, le grand patron de Stanley Black & Decker, James Loree, a souligné au Wall Street Journal ses efforts pour poursuivre ses activités en pleine pandémie.

« Vous faites tout ce que vous pouvez pour faire fonctionner les usines », avait illustré le grand patron de l’entreprise, connue pour sa marque d’outil DeWalt. Au Québec, le sort de l’usine sera tout autre.

Employés sous le choc

Rencontrés sur place, des travailleurs ont confié au Journal hier qu’ils « voyaient venir » la fermeture de cet établissement, d’autres, non. 

« Pour les couples, sans diplôme secondaire, qui étaient là depuis des années, ça va être tough », s’est inquiété l’un d’entre eux en soupirant.

Stanley Black & Decker est devenue propriétaire de l’usine en 2012 lors de l’acquisition de l’entreprise Abmast, fondée en 1981.

 À Saint-Hyacinthe, le site se spécialisait dans la fabrication de meules à tronçonner. Cette fermeture survient alors que l’industrie de la construction fracasse des ventes records.

Position vulnérable

« C’est triste. Ça nous mettrait dans une situation vulnérable si l’on en venait à manquer d’outils », s’est désolé à voix haute Éric Côté, PDG des Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ).

« La compagnie allait bien. Ça marche à fond. Personne ne comprend ce qui se passe dans l’industrie », a réagi Richard Darveau, à la tête de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

« On pouvait les retrouver partout ces disques abrasifs là. La marque est bonne. Alors le panier est un petit bleu moins bleu aujourd’hui », a-t-il conclu.

Le maire de Saint-Hyacinthe n’a pas rendu les appels du Journal hier.


STANLEY BLACK & DECKER

◆ Siège social : New Britain (Connecticut)

◆ Employés : 53 000

◆ Pays : 60

◆ Valeur boursière : 33 milliards $ US

◆ Ventes : 14,5 G$ US (2020) 

  • Industriel : 2,3 G$ US 
  • Sécurité : 1,9 G$ US 
  • Outils et entreposage : 10,3 G$ US  

INSTALLATIONS AU QUÉBEC

◆ Usine de fabrication : Saint-Hyacinthe

◆ Centres de services : Montréal et Québec

◆ Établissements de sécurité : Anjou et Saint-Laurent

Source : Stanley Black & Decker