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Les salles en mode panique

La nouvelle distanciation de 2 mètres est un casse-tête

GEN-Photos des installations sanitaire dans le hall et dans la salle de spectacles � La Place des Arts
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Déjà masqués et distancés, les spectateurs seront encore moins nombreux dans les salles de spectacles.

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Annoncée en douce mardi soir, la nouvelle mesure du gouvernement Legault, qui fait passer de 1,5 à 2 mètres la distanciation exigée dans les salles, théâtres et cinémas en zones rouge et orange, cause bien des maux de tête. 

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Les salles de spectacles ont eu à peine 48 heures pour se réorganiser face à cette nouvelle mesure du gouvernement. Annoncée mardi, la nouvelle directive entre en place dès ce soir.

Parce que la distanciation a été augmentée, les salles devront ainsi recontacter leurs spectateurs et libérer des dizaines de places.

« C’est extrêmement problématique d’un point de vue logistique, mentionne le président de RIDEAU, David Laferrière. Il faut refaire les plans de salles. On se retrouve en situation de survente. Cela crée énormément d’inquiétude dans nos équipes de billetterie et de communication. On est un peu en mode panique. » 

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec David Laferrière sur QUB radio:  

 

Minimiser les impacts

Face à cette directive annoncée à la dernière minute, certaines salles pourraient devoir annuler des représentations.

« C’est un casse-tête logistique de billetterie très prenant, mentionne Sara Castonguay, du Lion d’Or. Pour chaque production touchée, nous allons devoir trouver la bonne action à poser pour minimiser les impacts négatifs sur la clientèle. Les choix ne sont pas très grands: soit rembourser ou déplacer sur une autre représentation suivant les disponibilités. »

« Il faut regarder chacune des représentations, relocaliser les gens et les contacter. C’est une grosse opération », précise la directrice générale du Rideau Vert, Céline Marcotte.

« On doit relocaliser 800 personnes en deux jours, indique Isabelle Laramée, du SPEC du Haut-Richelieu (Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean, Théâtre des Deux Rives, salle du Pôle culturel de Chambly). On a quatre représentations cette semaine. On doit aussi refaire les plans de salle des prochains spectacles à venir qu’on avait déjà réorganisés une première fois en relocalisant les gens. »

«Tout est à refaire pour les spectacles à venir, sans savoir pour combien de temps cette situation va durer, poursuit-elle. On doit donc travailler à la semaine sans pouvoir anticiper les choses, ce qui exerce une plus grande pression sur l’organisation puisque tout le monde doit travailler à la dernière minute. »

Gérer l'imprévu

Pour Steve Marcoux, du diffuseur lavallois [co]motion, « la diffusion de spectacle, c’est déjà, à la base, de gérer l’imprévu. Mais ça fait beaucoup d’accumulation sur accumulation. »

« On cherche des solutions pour éviter d’annuler les spectacles, poursuit-il. Nous avons à cœur la sécurité de nos spectateurs, du personnel et des artistes. Nous n’avons pour l’instant qu’un spectacle, possiblement deux, que nous allons devoir reporter à 2022. Nous tentons aussi de reporter les nouveaux spectacles que nous avions prévu annoncer aujourd’hui [hier] qui devaient se tenir en mai, juin et juillet, en espérant que les règles de distanciation reviennent à tout le moins à 1,5 mètre. »

À la Place des Arts, la nouvelle règle cause un léger impact sur la capacité des petites ou moyennes salles, comme la Cinquième Salle ou le Théâtre Jean-Duceppe, précise Marie-Claude Lépine. «On parle d’une vingtaine de spectateurs en moins dans ces salles. Nous tentons de relocaliser tous ces spectateurs, et peut-être même d’ajouter des représentations, comme dans le cas de Duceppe avec la pièce L’amour est un dumpling. Pour les plus grandes salles, comme le Théâtre Maisonneuve et la Maison symphonique, cela ne change rien à la capacité maximale permise de 250 spectateurs, mais nous devrons relocaliser les gens. »

Devant l’incertitude des prochaines semaines, Mario Fortin, directeur général des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée, a décidé de ne plus vendre de billets plus de deux jours à l’avance. « On reste prudents », dit-il.

-Avec la collaboration d’Yves Leclerc

Capacités très réduites      

  • Cabaret Lion d’Or : Elle était passée de 255 spectateurs (en temps régulier) à 64 (au début de la pandémie). Elle sera maintenant de 55 personnes.  
  • Théâtre du Rideau Vert : De 426 (régulier) à 130 sièges (début de la pandémie). Elle sera maintenant réduite à 90 spectateurs.  
  • Théâtre des Deux Rives (Saint-Jean-sur-Richelieu) : De 856 (régulier) à 220 spectateurs (début de la pandémie). Sa capacité sera de 150 personnes.  
  • Salle André-Mathieu (Laval) : De 827 (régulier) à 232 sièges (début de la pandémie). Elle ne pourra accueillir que 154 spectateurs.