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Nucléaire iranien: des signaux encourageants

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Washington et Téhéran ont engagé à Vienne des pourparlers indirects pour relancer l’accord de 2015 visant à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires. L’Iran avait accepté des limitations importantes de son programme nucléaire, y compris des inspections, en échange de la levée des sanctions qui dévastaient son économie. Les discussions ont lieu par l’entremise des autres pays signataires de l’accord, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

La première rencontre d’hier a été qualifiée de constructive et de succès par des participants occidentaux et iraniens. Ils se sont entendus sur un échéancier précis dans le but de ramener l’Iran et les États-Unis en conformité avec l’accord de 2015 en aussi peu que deux mois ! Une nouvelle réunion est prévue pour vendredi. Ça suggère que le rythme des pourparlers sera intense. 

Mais il reste de nombreux obstacles à surmonter pour réactiver l’accord stupidement répudié par Trump en 2018 même si l’Iran avait respecté ses engagements. 

L’administration Trump avait engagé une politique de « pression maximale » contre l’Iran, dans l’espoir de provoquer un changement de régime à Téhéran. Cela s’est avéré un échec lamentable. C’est le peuple iranien qui en a malheureusement fait les frais. Pas les ayatollahs.

L’Arabie Saoudite et Israël n’en veulent pas

C’est à l’instigation de ses deux compères, Bibi Netanyahu et Mohamed ben Salmane, que Trump s’est retiré de l’accord. Et en plus, c’était l’une des réalisations majeures de Barack Obama. L’Iran a réagi en intensifiant son programme d’enrichissement d’uranium bien au-delà des limites fixées par l’accord et en limitant l’accès des inspecteurs internationaux à ses installations nucléaires. 

Le fait que l’Iran se présente à la table alors que des sanctions économiques paralysantes sont toujours en place est, en soi, une concession majeure. L’Iran est à juste titre sceptique quant aux véritables intentions américaines. Le président Biden aurait pu restaurer l’accord tel quel en levant les sanctions, mais il a refusé de le faire. Il ne semble pas vouloir d’un simple retour à l’accord initial. Et un accord plus strict ne serait sans doute pas acceptable pour Téhéran. Que faire alors ?

Il faut lever les sanctions : le temps presse

L’administration Biden doit être prête à lever rapidement les sanctions réimposées par Trump si l’Iran accepte de revenir au plein respect de l’accord. Quitte à engager des négociations subséquentes sur les autres litiges qui opposent les États-Unis à l’Iran. 

Tous ces diplomates de toutes les grandes puissances mondiales qui se bousculent autour de la table des négociations à Vienne peuvent certainement trouver des moyens créatifs étonnants pour amener les États-Unis et l’Iran à s’entendre.

La rencontre d’hier à Vienne est encourageante. L’Iran a salué les récents commentaires optimistes de l’envoyé spécial américain Robert Malley quant à la levée des sanctions. En Israël, ses propos ont consterné des hauts responsables qui les ont qualifiés de « très troublants ».

Jérusalem possède de puissants moyens de pression aux États-Unis (lobbies, membres du congrès, démocrates comme républicains) pour tenter d’entraver toute reprise de l’accord. Il va être intéressant de voir si Biden va leur résister.