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Dominique Ducharme: profondeur et engagement

SPO-CANADIENS-MONTRÉAL
Photo Agence QMI, Joêl Lemay

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Peut-être Dominique Ducharme pourrait-il devenir un scénariste et un auteur de grand talent si jamais il décidait d’entreprendre une nouvelle carrière.

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Parce qu’il a le sens du spectacle. Il sait le suspense qui donne à chaque série de télé ou encore à tout film du lustre, comme le fait si bien Luc Dionne.

Et l’entraîneur du Canadien est doué.

Il fallait avoir des nerfs d’acier pour amorcer la période de prolongation avec Paul Byron et Phillip Danault lundi. Un scénario rejeté par bien des partisans. Et pourtant, contre Connor McDavid et Leon Draisaitl, il n’a pas hésité à opposer la vitesse de Byron pour tout au moins ralentir McDavid, et il a exploité le sens du devoir de Danault pour s’assurer que Draisaitl ne viendrait pas déranger Carey Price.

Les résultats ont été étonnants. Aucune faille dans le scénario, tout s’est déroulé comme il l’anticipait. Et pour surprendre les partisans du Canadien, il a donné à son personnage vedette de la soirée l’opportunité de laisser sa marque. Eric Staal a ainsi inscrit le but victorieux en prolongation.

Dénouement étonnant

On ne s’attendait pas à un tel dénouement. On ne pensait même pas qu’il sauterait dans la mêlée à trois contre trois. Après tout, c’était pour lui un premier match depuis au moins deux semaines.

Ce match a aussi démontré que le modèle d’affaires concocté par Marc Bergevin est solidement ancré dans la gestion quotidienne de l’entreprise.

Lundi, face aux Oilers, les vétérans du Canadien ont pris les guides. Ils ont invité les jeunes joueurs à observer comment il faut composer avec l’adversité et aussi qu’il y a toujours de l’espoir quand on pousse à fond.

Corey Perry a mené la charge. Il n’est pas le plus rapide, il n’est pas le meilleur fabricant de jeu, mais il laisse son empreinte à chacune de ses présences. En d’autres mots, il se passe quelque chose quand il saute sur la surface de jeu. Il a préparé le but de Josh Anderson, lui aussi prêt à défier les Oilers, qui menaient alors 2 à 0. Perry s’est également permis de brasser la cage des Oilers.

Le jeu de Tyler Toffoli, cette passe à Staal alors que McDavid et Draisaitl étaient sur la patinoire en prolongation, a ajouté au suspense créé par les décisions de l’entraîneur.

Lourde perte

Ducharme croyait fermement que son équipe allait surmonter les obstacles en observant Carey Price réaliser des arrêts importants. 

« Quand tu écopes de trois pénalités pendant la même période [la deuxième], tu cours après le danger. Tu deviens une équipe vulnérable. Carey nous a donné de l’espoir. » 

Cependant, la perte de Brendan Gallagher et l’absence de Price à Toronto auront des répercussions, il n’y a pas de doute. Et c’est justement dans de telles situations que le plan de Marc Bergevin, axé sur la profondeur,permettra au CH de relever les défis.

On savait que le calendrier des matchs — 25 rencontres en 43 jours — serait éreintant et qu’il comporterait des pièges, notamment sur le plan des blessures.

Sauf que l’entraîneur a l’effectif pour pourvoir la perte de Gallagher et de Price.  

On ne remplace pas Gallagher dans le contexte actuel. Par contre, on fournit l’opportunité à un autre joueur de s’affirmer dans un rôle différent, mais aussi dans un rôle où il pourra exercer du leadership à sa façon.

DG imprévisible

Lors des dernières années, Bergevin aurait été dans l’obligation de faire du lèche-vitrine pour combler le poste qu’occupe Gallagher. Cette saison, ce n’est pas le cas.

Par contre, on réalise depuis quelques saisons que Bergevin est un directeur général imprévisible et ses homologues l’ont à l’œil. 

Il a le don de sortir un lapin de son chapeau au moment où personne ne s’y attend.

Eric Staal était dans la mire de plusieurs équipes et, pourtant, Bergevin a devancé la compétition.