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Putain, l’UQAM!

Hélène Boudreau
Photo courtoisie Instagram @iamhely

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Nelly Arcan a fait un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires à l’UQAM.

Nelly Arcan a écrit Putain, l’histoire d’une jeune femme qui est escorte pour payer ses études dans une université qui ressemble beaucoup à l’UQAM. Et qu’a fait l’UQAM ? L’université a créé un prix Nelly-Arcan.

Hélène Boudreau a vendu des photos et des vidéos d’elle pour financer ses études en arts visuels à l’UQAM. Pourquoi l’université glorifie l’une et poursuit l’autre ?

MÉTRO, PORNO, DODO

L’UQAM a une attitude très ouverte avec le travail du sexe... quand il s’agit de littérature. Mais quand Hélène Boudreau, qui étudie en arts visuels, se montre l’amorce d’un sein dans sa photo de collation de grade, l’université s’offusque de ces images « pornographiques » ?

Comme me le faisait remarquer Hélène Boudreau, à qui j’ai parlé hier à QUB radio, c’est quand même bizarre que Facebook et Twitter, qui censurent des photos de femmes qui allaitent ou des tableaux de femmes nues, n’aient pas censuré sa photo.

Donc, Hélène seins presque nus est jugée pornographique par une université, mais pas par Facebook ? L’UQAM serait-elle devenue prude et bec sec sans qu’on le sache ?

Plusieurs thèses ont été écrites à l’UQAM au sujet de l’œuvre de Nelly Arcan, dont Aliénation, agressivité et ambivalence dans Putain et Folle de Nelly Arcan : une subjectivité féminine divisée par Élyse Bourassa-Girard.

On peut y lire ceci : « L’aliénation des protagonistes arcaniennes s’inscrit à même leur corps sexué, car elles sont engluées dans la réification corporelle qui caractérise, détermine et fixe leur identité.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Elles s’évaluent et se jugent continuellement par l’intermédiaire des normes, des canons et des stéréotypes qui encadrent et contraignent l’expression de leur féminité.

En construisant avec soin leur image, en concevant leur identité à travers le regard de l’Autre (masculin) et les discours de la doxa, les personnages féminins portent sur eux-mêmes un regard faussé et en viennent à se concevoir presque entièrement comme des objets de désir, voire des objets tout court. »

Hélène Boudreau n’est-elle pas justement une « protagoniste arcanienne » ?

L’UQAM encourage les étudiants à se questionner sur les femmes objets de désir... mais poursuit une étudiante qui est un objet de désir ?

En entrevue, Hélène Boudreau m’a confié qu’elle voulait faire carrière comme tatoueuse et qu’elle ne pensait pas qu’un diplôme de l’UQAM allait faire une grande différence aux yeux de ses clients.

En effet, je ne pense pas que si tu te fais tatouer un masque maori dans le bas du dos, tu exiges : « Moi, je ne fais affaire qu’avec des diplômés en arts visuels de l’UQAM. »

Par contre, après la poursuite de l’université, le nombre de clients sur son site OnlyFan a triplé. Il faut dire que le corps d’Hélène Boudreau est une vraie œuvre d’art !

CHANGER LES MENTALITÉS

Vous savez ce qui est le plus ironique dans tout ça ? Voici la description du prix Nelly-Arcan à sa création en 2019 : « Il vise à encourager de jeunes auteurs à interroger et à remettre en question les modèles qui façonnent la société. Il favorisera l’éclosion de regards critiques et percutants sur l’état et l’évolution des mentalités. »

Heu... n’est-ce pas exactement ce que fait Hélène Boudreau en se montrant la toge relevée ?