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Quelques trucs pour naviguer dans la jungle des fonds négociés en bourse

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Comment dit-on déjà ? Une chatte aurait du mal à y retrouver ses chatons ?

Ce n’est pas de petits félins que je veux vous parler, mais des fonds négociés en bourse (FNB). Encore récemment, un lecteur m’a raconté qu’il a hérité de 10 000 $, il m’a demandé de lui en recommander un dans lequel placer cet argent.

À quelques occasions, on sollicite mon avis sur tel ou tel fonds, des questions auxquelles j’ai bien du mal à répondre. Je ne peux pas en vouloir aux lecteurs de venir à la pêche. Il m’est arrivé plus d’une fois, au détour d’une chronique sur la Bourse, de laisser entendre que la manière la plus simple et la moins chère d’investir consistait à acheter des parts FNB.

Des centaines de fonds offerts 

Il y a plus d’un millier de FNB au Canada. En ajoutant les fonds américains auxquels on a facilement accès, on arrive à 3000 ou 4000 fonds du genre. Tous les mois, il en naît de nouveaux. 

• À lire aussi: Comment spéculer à la Bourse sans y laisser sa chemise

Il n’y a pas si longtemps, les entreprises qui concevaient ces produits se comptaient sur les doigts d’une main. Elles sont maintenant quelques dizaines, bien que l’industrie reste dominée par quelques gros joueurs, comme BlackRock (iShares), BMO, Horizon, Vanguard. 

C’est le principal champ de bataille dans l’industrie du placement. 

«Toutes les modes en investissement se matérialisent sur le marché des FNB. Oui, c’est devenu la jungle», se désole le gestionnaire de portefeuille Ian Gascon. Sa firme, Idema, a été l’une des premières à proposer une approche d’investissement à faible coût basée uniquement sur les FNB.

Les concepteurs de fonds rivalisent avec des produits de plus en plus nichés qui reflètent les dernières tendances. C’est ainsi qu’on voit apparaître des espèces exotiques qui s’écartent passablement de l’esprit originel de simplicité. Cela s’incarne dans des fonds comme le FNB Horizons Indice Big Data & Hardware, le FNB Blockchain Technologies ou le FNB BetaPro Lingots d’or baissier quotidien... Autant de jouets pour les spéculateurs. 

En février, on a vu apparaître le premier FNB (symbole boursier : BTCC.B) qui reproduit les variations du Bitcoin. Il s’en est ajouté deux ou trois depuis. Attendez-vous dans les prochains mois à une avalanche dans la catégorie des cryptomonnaies. 

Retour aux sources 

Ce n’est pas moi qui vais me plaindre de l’innovation et de la concurrence, mais cette multiplication a de quoi rebuter l’investisseur novice. 

À l’origine, le but des FNB était de reproduire les rendements des grandes classes d’actifs à l’aide d’un instrument abordable et facile à négocier. Ça reste le cas, mais il ne faut pas se perdre. 

Avec quatre FNB acquis en quelques minutes, le quidam peut toujours concevoir un portefeuille diversifié à une fraction du coût des fonds communs de placement. Ceux-ci restent encore, et de loin, l’instrument d’investissement le plus populaire, mais ils perdent tranquillement du terrain. 

La logique derrière les FNB : si la majorité des gestionnaires professionnels de fonds communs n’arrivent pas à battre le marché, pourquoi alors ne pas se contenter de capter les rendements du marché boursier en payant le moins de frais possible ? 

Raymond Karzérho, directeur de la recherche chez PWL Capital, en a fait sa devise. 

• À lire aussi: Les fonds communs, une mine d’or pour les institutions financières

«Idéalement, un portefeuille doit couvrir le marché total des actions canadiennes, américaines et internationales en plus du marché total des obligations canadiennes. En plus d’avoir du bon sens en soi, c’est aussi l’option la plus économique», explique-t-il.

Donc, la base d’un portefeuille comporte quatre fonds, dits «passifs» (ou indiciels), car ils reproduisent tout bonnement le comportement des marchés boursiers et obligataires.

Des exemples : le FNB BMO indiciel S&P 500 (ZSP, bourse américaine) ; iShares Core S&P/TSX Capped Composite Index (XIC, Bourse canadienne) ; iShares Core MSCI EAFE IMI Index (XEF, international) ; BMO Aggregate Bond index (ZAG, obligations). Les trois lettres dans les parenthèses représentent le symbole boursier des fonds.

Et tous les trucs trop spécialisés, on s’en tient loin. 

À savoir   

  • Si la plupart des innovations dans le monde du FNB embrouillent la tâche de l’investisseur ordinaire, il en est une cependant qui simplifie grandement sa vie : les fonds d’allocation d’actifs.   
  • Ces fonds agissent comme un portefeuille complet dont les actifs sont rééquilibrés de façon automatisée. La répartition entre la partie «actions» et la portion «obligations» dépend de l’option choisie, selon sa tolérance au risque. On achète, et on profite de la vie.   
  • Il y a trois fournisseurs qui se démarquent dans ce segment : Vanguard, BMO et BlackRock (iShares). Chez Vanguard : VCNT (prudent), VBAL (équilibré) et VGRO (croissance) ; BMO : ZCON (prudent), ZBAL (équilibré) et ZGRO (croissance) ; BlackRock : iShares XCNT (prudent), XBAL (équilibré) et XGRO (croissance).   
  • BlackRock offre une série de fonds iShares à réparation d’actifs ESG, donc qui appliquent les critères de l’investissement responsable : GCNT (prudent), GBAL (équilibré) et GGRO (croissance). BMO aussi s’est lancée (ZESG-T).    
  • Les frais de gestion sont de moins de 0,25 %.   

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