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Venturi : un accident qui coupe l’élan

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Après une première course prometteuse, l’écurie de Formule E Venturi a vu ses efforts partiellement anéantis par un percutant accident pour lequel elle n’avait aucun contrôle.

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La scène n’était pas facile à visionner. Privé de ses freins, Edoardo Mortara a terminé la séance d’essais libres du deuxième E-Prix de Dariya en percutant à pleine vitesse le mur au bout d’une ligne droite après une simulation de départ. 

Conséquemment, les trois autres voitures propulsées par Mercedes – celle du coéquipier de Mortara chez Venturi Norman Nato et les deux monoplaces de Mercedes – n’ont pas pu prendre part aux qualifications.

Une enquête de Mercedes, une mise au point logicielle et une approbation de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) ont toutefois permis aux trois pilotes laissés de côté lors des qualifications de prendre part à la course en s’élançant complètement à l’arrière du peloton.

Transporté à l’hôpital, Mortara n’a pas été en mesure de participer à l’épreuve, même s’il n’a pas été blessé sérieusement. Une triste fin de week-end pour le Suisse, qui avait terminé deuxième la veille.

«On a eu un problème avec les freins. Ils n’ont pas fonctionné. Il n’y a pas eu que ça. Les ingénieurs sont encore un peu en train d’enquêter sur certaines choses, de chercher, et puis d’essayer de trouver des solutions, parce qu’il ne faudrait pas que ça se reproduise», a expliqué Mortara avant de confirmer qu’il reprendra sa place sur la grille à Rome.

Le vétéran de 34 courses en Formule E est toutefois assez optimiste après le rythme qu’il a démontré en Arabie saoudite.

«Le bilan est assez positif. On a vécu un week-end somme toute positif, ça s’est assez bien passé. Je crois que je n’ai pas fait une seule séance où j’ai terminé au-delà de la sixième place. En course, on a eu un bon résultat aussi.»

«Évidemment, il y a eu cet incident qui n’était pas super plaisant, mais bon, il faut passer à autre chose et j’espère qu’on aura une bonne année.»

Une occasion ratée 

De l’autre côté du garage, cet incident a eu des répercussions différentes. S’il se considère chanceux de ne pas avoir été victime d’un incident semblable, Nato a malgré tout été l’une des victimes collatérales puisqu’il n’a pas été en mesure de prendre part aux qualifications. Il s’élançait ainsi de la 23e place sur la grille de départ.

Après le choc initial – et les bonnes nouvelles qui ont suivi à propos de l’état de santé de Mortara –, Nato a vécu les heures qui ont suivi avec frustration.

«Pour moi, ç’a été très frustrant. La première course, c’était pour l’apprentissage, a déclaré la recrue. La deuxième, je me sentais beaucoup plus en confiance et j’avais vraiment à cœur d’aller faire une bonne qualification. Sans être trop gourmand, un top 7, c’était faisable. Pour tout dire, j’étais en train de m’échauffer avant de monter dans la voiture quand j’ai su qu’on n’allait pas prendre part à la qualification.»

Mais avec le recul, Nato est capable de faire la part des choses. Puisque Mercedes était incapable de donner spécifiquement la cause de l’incident avant les qualifications, il était donc illogique que les trois voitures restantes motorisées par la marque allemande prennent la piste en qualifications.

Bons joueurs, Venturi et Nato ont malgré tout fait part de leur volonté de participer à la séance malgré tout en se préparant jusqu’au dernier moment.

«À partir du moment où on a eu des nouvelles rassurantes, il s’agissait de comprendre les problèmes, parce que ça aurait pu très bien m’arriver aussi. C’est pour ça que la FIA a mis un veto pour dire: "tant que vous n’êtes pas capable d’expliquer le problème, vous ne retournez pas en piste."»

«On a joué le jeu jusqu’au bout. Je suis quand même monté dans la voiture au cas où on obtienne le feu vert au dernier moment. Mais ça fait partie du jeu, c’est la sécurité avant tout.»

Stratégie coûteuse 

L’accident de Mortara n’a pas été le seul à marquer le deuxième E-Prix de la saison. Alex Lynn (Mahindra) a terminé sa course sens dessus dessous à la suite d’un contact avec Mitch Evans (Jaguar).

Cet accrochage a mis un terme à la course prématurément, puisque cinq minutes plus un tour étaient encore prévus. Conséquemment, sept pilotes n’ont pas eu le temps d’utiliser leur deuxième segment en mode attaque et ont été lourdement pénalisés de 24 secondes.

Nato a notamment fait partie de ce groupe. Il estime toutefois que son écurie ne changera pas de stratégie pour éviter ce genre de dénouement à l’avenir.

«C’est toujours un peu la question et c’est toujours un peu le risque, a philosophé Nato. Tu peux jouer et tu peux gagner, et il y a des jours où tu vas jouer et tu vas perdre. Ce n’est pas le genre de la maison de dire: "on va "all in", on va tout dépenser [notre énergie] au début et on espère qu’il y aura une voiture de sécurité". On ne va pas s’amuser à faire ça. On n’est pas les seuls [à avoir été pénalisés], ça fait partie de la FE.»

Mortara a tenu un discours semblable, ajoutant que la voiture de sécurité était plutôt rarement déployée en FE.

«C’est toujours un choix un peu stratégique de nous faire prendre ou pas le mode attaque, a-t-il expliqué. On a eu une pénalité, mais on n’a pas été la seule équipe à faire ce choix. Après, c’est toujours très compliqué quand il y a des drapeaux rouges, des voitures de sécurité ou des neutralisations. On sait en plus qu’en FE, ils ne sortent pas souvent la voiture de sécurité. Peut-être que l’équipe s’attendait à ce que la course reprenne pour prendre le second mode attaque.»

- Les deux prochaines courses de FE auront lieu à Rome samedi et dimanche sur les ondes de TVA Sports.