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Au-delà de la gestion de crise de l’UQAM...

Rien n’est moins transgressif qu’une moue pornographique.
Photo tirée d'Instagram, @iamhely Rien n’est moins transgressif qu’une moue pornographique.

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L’UQAM s’est plongée dans une histoire loufoque en voulant poursuivre une étudiante s’étant dévoilé les seins devant le logo de l’université. L’étudiante est accusée de ternir sa réputation. 

Comme il fallait s’y attendre, la jeune femme a reçu un vaste soutien, comme si elle était la victime d’un ordre pudibond, patriarcal et réactionnaire. Et comme il fallait aussi s’y attendre, l’université et la femme à la nudité revendiquée ont trouvé un terrain d’entente.

Tout est rien qui finit rien. 

Poitrine !

Que l’UQAM se rassure toutefois : ce ne sont pas les charmes de cette dame qui compromettent sa réputation. Ce qui l’affecte, c’est sa transformation progressive en camp d’endoctrinement où se croisent professeurs radicaux, étudiants fanatisés et associations militantes adeptes de l’intimidation idéologique. 

Mais allons au-delà de la gestion de crise lamentable de l’université. 

Est-ce que quelqu’un croit encore que les clichés pseudo-pornographiques représentent une authentique transgression ? 

Soyons sérieux : ils sont aussi transgressifs que les propos d’un homme qui se croirait audacieux en osant critiquer l’Église catholique dans un Québec déchristianisé ! J’oserai, mes amis, dire du mal du pape ! On lui dirait d’aller faire dodo.

Osons le dire : la véritable transgression est ailleurs. Elle peut d’abord s’afficher dans la vie quotidienne, sur le plan vestimentaire, par exemple, lorsqu’un homme rompt avec le débraillé vestimentaire de l’époque et renoue avec les codes traditionnels de l’élégance masculine ! Oui, messieurs, si vous voulez transgresser, présentez-vous chez votre tailleur et commencez à porter la cravate autrement que pour aller aux seuls enterrements.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

La transgression peut aussi être philosophique. Par exemple, pour une femme, cela pourrait consister à affirmer que la féminité n’est pas une cage dans laquelle on l’enferme, mais une dimension irréductible de son être, qui n’est en soi aucunement aliénante ! Pour les gens des deux sexes, cela consiste à rappeler que le masculin et le féminin ne sont pas des références arbitraires à déconstruire au nom de la fluidité de genre, mais des pôles essentiels de la condition humaine. 

Poussons plus loin : si vous voulez transgresser, ne soulevez pas votre toge avec une autre de ces lassantes moues se voulant aguichantes, mais commencez à lire régulièrement de grandes œuvres sans vous prendre en photo pour montrer à tout le monde sur les réseaux sociaux que vous lisez vraiment un livre. 

J’en rajoute : si vous voulez transgresser idéologiquement, gardez vos vêtements, mais osez affirmer, dans un de vos apéros Zoom avec vos amis que l’histoire du Québec n’est pas une subdivision de l’histoire américaine et que notre société est fondamentalement étrangère au racisme, même si on en trouve évidemment et malheureusement dans ses marges ! 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Dissidence

Oui, mes amis, si la transgression vous intéresse vraiment, embrassez la dissidence culturelle et intellectuelle ! 

Et vous découvrirez une chose : quand la meute s’en prendra à vous, ils seront bien peu nombreux à s’exciter le poil des jambes pour vous défendre. 

La vraie transgression n’est pas glamour, c’est une bataille.